Loup, y es-tu ? de Henri Courtade

6ad27d527fe3402af94283bee55c4901Ce pauvre Grand Méchant Loup… Il serra vraiment mangé à toutes les sauces… En même temps, à trop vouloir croquer les petits chaperons rouges…

La « sauce » utilisée par Henri Courtade aurait pu être délicieuse, mais au final, je m’attendais à un filet mignon, et j’ai hérité d’un hamburger… Je vais m’arrêter là avec les comparaison culinaires, cela doit être la faim… (qui fait sortir le loup… Vous connaissez la chanson😉 ).

Présentation Editeur : Et si les personnages maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement? Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs… Tapies dans l’ombre de Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles tiendraient entre leurs mains expertes le devenir de l’humanité. Sinistre tableau! Si de tels monstres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également ; qu’en ce début de XXIe siècle, ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre. Et alors… qui sait de quel côté la balance pencherait? 

L’idée de départ est intéressante… Les fées, les sorcières et les princesses existent vraiment, évoluent encore parmi nous, influencent le monde (surtout les méchantes sorcières !). Cela a un goût (décidément, je n’arrive pas à quitter la cuisine aujourd’hui !), de Once Upon A Time… Une série que j’ai abandonée au bout de quelques épisodes… Cependant, ce que Courtade ajoute à l’univers féerique qu’il partage avec la série, c’est un fond historique… Ainsi les sorcières vivent dans l’ombre des tyrans (Staline, Hirohito et bien sûr Hitler… pour ne citer que les modernes), et manipulent le destin du monde… Seules les princesses peuvent les arrêter, mais elles ne sont décidément pas bien douées… J’ai particulièrement désapprouvé le fait que Cendrillon ne soit qu’une greluche sans cervelle ne pensant qu’à danser… Certes, certes, le conte n’est pas mon genre préféré (quoique, quand il est cruel…), mais faire des blondes princesses des idiotes, c’était un peu facile… Blanche-Neige et le petit Chaperon rouge  (quoique le Chaperon a littéralement le feu aux fesses…) s’en tirent mieux (sans doute parce qu’elles ne sont pas blondes…). User à la fois de manichéisme (bien sûr, la sorcière est brune!) et de stéréotypes, c’est un peu beaucoup…  

Du côté des bonnes idées, faire de la méchante sorcière un patron de presse (sommet de l’iceberg de ces vilaines activités), ce n’est pas bête du tout, et il y a quelques petites trouvailles… mais globalement, j’ai plutôt vu les faiblesses du roman… Le niveau de langue par exemple… Quand nous sommes dans les souvenirs, les moments « il était une fois », la langue est souvent trop moderne, les tournures trop familières, alors que parfois, dans le présent, c’est l’inverse, trop classique, trop ampoulée…et j’ai également trouvé une ou deux tournures grammaticales incorrectes qui m’ont fait grincer des dents (je sais, tout le monde en fait à l’heure actuelle, ce n’est pas une raison pour les pardonner! mais « elle ressentie une vive douleur à son bras », c’est mal passé)…

Quant à l’intrigue, cela se lit, c’est sympathique. Cependant, la fin est un peu facile, et la tentative de retournement final (ou l’annonce d’une suite ?) est extrêmement facile également… C’est du vu et revu (comme dirait ma grand-mère en regardant France 3).

Les titres de chapitres sont inspirés de classiques du cinéma (le facteur sonne toujours deux fois, Arsenic et vieille dentelles qui déviennent : L’ascenseur sonne toujours deux fois et Amnésie et vieilles dentelles… oui, certes… ). Ces titres m’ont horripilés. Cela ne colle pas avec le conte, mais alors pas du tout, et cela crée un décalage avec l’histoire… je ne pense pas que Courtade cherche à faire de l’humour, sa sorcière mêlée à l’extermination des Juifs et des minorités sous le troisième Reich le dit assez, alors pourquoi faire le malin avec les titres de chapitres ? c’est un détails, mais un détails, puis un autre, puis un autre…

En conclusion, une lecture que je ne déconseille pas, si vous aimez les contes de fées et leurs variantes, mais un livre qui n’a pas eu pour moi la magie des contes qu’il utilise. Je m’attendais à beaucoup mieux.

 

 

12 réflexions sur “Loup, y es-tu ? de Henri Courtade

  1. Il ne me semble pas que Cendrillon ne pense qu’à danser, elle souhaite devenir mannequin. Je ne pense pas qu’elle soit bête, elle ne se souvient pas de sa vie d’avant comme les autres princesses.

  2. Oh moi j’avais beaucoup aimé mais je trouvais que l’auteur aurait pu aller encore plus loin dans l’histoire et j’étais plutôt demandeuse de détails! Dommage que tu n’aies pas plus apprécié que ça, mais il en faut pour tous les goûts🙂

  3. Je me souviens qu’il me tentait à sa sortie : j’avais lu des avis assez enthousiastes à son sujet. Pour le coup, tu refroidis un peu ma curiosité, là et j’ai bien peur que les princesses blondes me tapent vite sur les nerfs !

  4. Pingback: Article 100% bouquins | lachambreroseetnoire

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