Stoker (2012)

Stoker-2013-poster-1Synopsis : Après la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, voit un oncle dont elle ignorait l’existence, venir s’installer avec elle et sa mère. Rapidement, la jeune fille se met à soupçonner l’homme d’avoir d’autres motivations que celle de les aider. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi… (via Allociné)

En voilà un film dérangeant, car il faut bien l’avouer, India n’est pas un ange, et sa chère maman ne verse pas de vraies larmes pour le défunt, trop occupée à roucouler devant le charmant tonton apparu comme par magie, comme le visiteur dans le film Théorème de Pasolini… Oncle Charlie n’est pas lé pour amener la paix aux deux femmes… Oncle Charlie n’est pas un ange non plus… mais est-il un démon ?

Ce film est un jeu de masques et de faux-semblants. La beauté du diable, l’innocence de l’enfance, la tristesse, le désir… Rien n’est à sa place, mais tout est là. Présenté comme un film d’horreur (non mais franchement !) c’est un thriller psychologique qui parle de la folie , et vous laisse perplexe à la fin ; car sans vous dévoiler les tenants et aboutissants de l’intrigue, je dirais qu’on s’attache facilement aux « mauvais » personnages (tout en sachant que…) et que la frontière entre bien et mal devient très élastique, d’autant  plus que les acteurs font un travail d’interprétation grandiose.

Un très bon film, pour amateur averti.

de Chan-wook Park
avec Mia Wasikowska , Nicole Kidman et Matthew Goode.

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My Bloody Valentine (2009)

3-my-bloody-valentine-posterScream de Wes Craven a ouvert (ou réouvert ?) la porte au Slashers, vous savez, ces films où un tueur masqué rattrape toujours la fille, même si elle est championne de sprint et/ou de marathon… Il y a de bons slashers (comme la série des Scream, 1 et 4 surtout, et de beaucoup moins bons… Souviens-toi l’été dernier était visionnable, la suite est risible…).

Post Scream, les litres de sang se sont déversés, violence pour la violence (Hostel, Saw… en résumé et en un mot : Yerk), plus d’humour ni d’intelligence… Mon intérêt s’est sérieusement émoussé… comme les outils des tortionnaires. J’aime l’horreur intelligente, et le frisson passe pour moi avant le gore. Scream avait les deux en bonnes doses.

Puis, il y a eu Supernatural (comme les fidèles le savent), et quand ces messieurs ont fait une excursion vers le cinéma d’horreur, je me suis dit, jetons un oeil… Soyons honnête, le remake de Vendredi 13 avec Jared Padalecki ne casse pas trois pattes à un canard boiteux, et la maison de cire… passons notre chemin…

Par contre, My Bloody Valentine, avec dans le rôle principal Jensen Ackles est dans une autre catégorie. Certes, encore un remake (dont je n’ai pas vu l’original), mais un film qui n’est pas que Slasher. Vous avez bien sûr quelques morts grandioses (âmes sensibles, CQFD…) et un humour potache entendu (la victime numéro 2 qui se balade toute nue, très second degré, mais je tiens à dire que j’admire l’actrice!… au demeurant, passée la première minute, on oublie le costume d’Eve et on est de tout coeur avec elle), mais My Bloody Valentine tient 472eb70984ce671b68fafe74432611e6aussi du thriller psychologique, car la question est de savoir qui du shérif volage (Kerr Smith), ou du fils prodigue revenu au pays après 10 ans d’absence (Ackles) est le tueur… Pas simple, car le film va où ne vont pas les slashers : Les personnages ont leurs forces et leurs faiblesses, ils sont plus fouillés, donc plus complexes. Le jeu des acteurs y est aussi pour beaucoup, et jusqu’à la révélation, on ne sait pas qui est le tueur, « héritier » du premier assassin.

Sur un second plan, le film peut aussi se voir comme une oeuvre fantastique, car notre tueur est-il fou ? ou habité par l’esprit du premier tueur ? La réponse n’est pas clair, et le jeu de l’acteur qui incarne le coupable, au moment du final, donne dans cette ambiguité… Certes, les spécialistes effets spéciaux se sont bien amusés avec l’hémoglobine, mais l’intrigue n’est pas en reste.

Ma conclusion:  un très bon film pour les amateur d’horreur intelligente !

Foolproof (2003)

foolproof1Ce film est la preuve qu’on déniche des perles dans les bacs de soldes des supermarchés… Ce qui m’a arrêté quand alors que je passais devant le présentoir, c’est le visage de David Suchet. Mon cher Hercule Poirot dans un film avec Ryan Reynolds ? Il faut que je vois ça ! A la lecture du résumé, mon imagination frétillait… Car, soyons honnête, il y a une pointe de Lupin dans le trio que forment les héros de ce film… 

résumé : Kev, Sam et Rob ont des vies ordinaires, mais des cerveaux qui le sont moins. Leur distraction depuis les années d’université ? Planifier des cambriolages quasiment impossibles… Mais, des documents dérobés à Sam vont mettre le trio entre les mains de Léo Gillette, un dangereux criminel qui veut qu’il prépare pour lui le casse du siècle… (écrit et réalisé par William Phillips)

Léo Gillette, c’est Monsieur Suchet, a des années-lumières du rôle qui fait de lui une icône, et c’est un vrai bonheur de le voir interpréter ce mafieux aussi intelligent que manipulateur. Face à lui, 3 jeunes acteurs, Ryan Reynolds dans le rôle de Kevin, le leader, Kristin Booth qui joue une jeune femme drôle mais qu’il ne faut pas embêter (elle a du répondant la demoiselle !) et Joris Jarsky, alias Rob, l’outsider de la bande. Mention spécial pour ce dernier qui offre une interprétation brillante !

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même en servant du vin, il arrive à vous effrayer, Mr. Suchet !

Je vous recommande ce film de cambrioleurs de haut-vol, parce que le scénario est simplement brillant ! Kev, Sam et Rob me font penser à trois héritiers de Lupin que j’avais croisé au hasard de mes lectures, Le Pouce, L’Index et le Majeur, trois cambrioleurs-justiciers qui se complétaient pour former une entité invincible. Michel Lebrun les avaient qualifié de « Lupin tripartite ». C’est un peu ce que sont ces trois jeunes dans cet intelligent film policier. Le vol en lui-même ne les intéressent pas, le profit non plus, c’est le défi qui les fait vibrer ! et l’inquiétant Léo Gillette va être un sacré défi à relever, il en va de leur vie…

Il y a dans ce film tous les ingrédients d’un bon film policier : des héros sympathiques, intelligents et humains (même si j’aurai voulu en savoir un peu plus sur leur passé… quoique, c’est peut-être mieux de ne rien savoir !), un méchant interprété avec finesse, qui lui aussi est intelligent et impitoyable. Un défi à la hauteur et quelques retournements de situations qu’on attend pas forcément. Le tout sans temps-morts et avec une pointe d’humour, juste ce qu’il faut ! 

Le plus, c’est aussi, David Suchet en « bad guy »… Je vous ai dit que je l’adorais, ce monsieur ? 😉

 

 

L’assassin qui est en moi de Jim Thompson

assassin qui est en moiVoici un livre qui n’est pas pour les âmes sensibles… le film l’est encore moins. 

résumé : Lou Ford est un jeune adjoint au shérif avenant, serviable, séduisant. Son supérieur, sa fiancée, les jeunes qu’il soutient, les coups de mains qu’il donne volontiers font sa popularité. Bref, dans la petite ville un peu endormie de Central City, Texas, on lui donnerait (presque) le bon Dieu sans confession. A tort. Les apparences sont trompeuses. Atteint d’un trouble psychiatrique, Lou Ford a jadis commis un crime, et c’est son frère Mike qui a été condamné à sa place. A sa sortie de prison, ce dernier est mort sur un chantier, un drame dont Lou Ford tient Chester Conway, le magnat local de la construction, pour responsable. Grâce à une prostituée avec qui il entretient une liaison et qui a séduit le fils Conway, Lou Ford entend se venger. Mais le plan dérape, et pour se couvrir, Lou Ford est entraîné dans une fuite en avant de plus en plus dangereuse…

J’ai vu le film il y a quelques mois, et j’ai eu envie de découvrir le roman. Michael Winterbottom (réalisateur de The Killer inside me), a très bien fait son travail. Le film est extrêmement fidèle au livre… Casey Affleck devait d’ailleurs être l’acteur idéal pour interpréter Lou, car honnêtement, je me suis attachée au personnage… et les scènes de meurtres, extrêmement violentes étaient comme des électrochocs…

Lou Ford n’est pas Mr. Ripley, mais le principe est le même que pour le héros de Patricia Highsmith : nous sommes dans la psyché du tueur qui très logiquement nous explique et nous justifie ses actes… Ce qui fait frémir, c’est que quelque part, ce garçon parait très sain d’esprit dans sa folie, extrêmement logique même. Et il est de ces gens dont les voisins diront « je n’aurai jamais pensé, un homme si bien élevé, si poli. »

Un fou, ce n’est pas forcément un évadé de « Vol au-dessus d’un nid de coucou », et Jim Thompson le prouve avec ce roman qui se lit d’une traite… Car même en ayant vu le film, j’ai dévoré le roman, réussissant à être surprise tout en connaissant l’histoire. Je le recommande aux passionnés de thriller noir, très noir.

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813 (1910)

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Lupin démiurge

813 a une place à part dans le canon Lupinien. Premièrement, il n’est pas paru dans Je Sais Tout (cas unique!), secondement, il peut être vu comme un récit en deux volumes : 813 et Les Trois Crimes d’Arsène Lupin (ce secondement soulignant que non, Lupin n’est pas guignol rossant le gendarme finalement, mais qu’il peut aussi être un assassin…).

813 c’est la tentation du mal. Dans cette aventure, Lupin essaie d’écrire le destin de l’Europe, de prendre le pouvoir à travers des pantins qu’il pourrait manipuler à loisirs… 813 est marqué par le crime dès ses premières pages, car s’il est évident qu’Arsène Lupin n’a pas assassiné le banquier Kesselbach, il est cependant un outil de cette mort, puisque, après l’avoir dévalisé, il le laisse sans défense (sans penser non plus qu’un assassin rôde… nous ne sommes pas dans L’Ile aux trente cercueils).

Pour tout vous dire, si je trouve le roman extrêmement bien construit, j’aime beaucoup moins le Lupin de 813… Maurice Leblanc a écrit une histoire sombre, compliquée, mais on ne le prend jamais en faux, tout est parfaitement maîtrisé, cependant le goût immodéré du pouvoir qui est celui de son héros dans cette oeuvre à part fait que Lupin est moins sympathique. Il n’est plus question de vols en chambre, ou même de chevalerie, Lupin est là pour décider du destin de l’Europe… et il est prêt à tout, à presque tout.

Là encore, je me dis que Leblanc a écrit un thriller avant l’heure. Car dans cette aventure, le gentleman se débat face à un ennemi des plus terribles, impalpable, brillant. Aussi brillant que le gentleman et qui a des objectifs grandioses également. C’est un combat de titans que 813… et le final, l’épilogue est aussi épique, mythologique… puisque ce sera une renaissance pour Lupin (je n’en dis pas plus ! Qu’il est difficile de ne pas dévoiler trop d’éléments !)

Ne croyez pas que le fait que Lupin soit moins sympathique soit un handicap pour le roman, au contraire, l’histoire est différente, l’aventure plus élevée. Lupin, ici, c’est Icare… Et cela montre tout le talent de Leblanc qui a sans cesse fait évoluer son personnage. Lupin n’est pas figé, il vieillit, il mûrit, il fait des erreurs, il réalise de grandes choses… Voilà 813, la tentation du mal, qui annonce une renaissance, une autre vie… d’autres vies, car Lupin, c’est le phénix !

Lire 813 : ICI

Quelques couvertures de 813

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couverture britannique, je pense (ou américaine ?)

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photocopie faite par mes soins au temps de la rédaction de mon doctorat… Les deux personnages sont M. Lenormand, patron de la police française et le Prince Sernine.

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