Les Crimes de Van Gogh de José Pablo Feinmann

41AEP1CJY1LVoici un roman qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant… Après quelques dizaines de pages, je me préparais à en faire une mauvaise critique (cliché! Vu et revu…) mais brusquement, son autre dimension m’est apparue… et je ne parle pas d’une visite du fantôme de l’Eventreur !

Présentation Editeur : Cinéphile averti, Fernando Castelli aimerait bien cesser de servir le café à des producteurs pour devenir un scénariste à succès. Mais quand on a une mère abjecte, on ne change pas si facilement son destin. A moins de faire une rencontre décisive avec un tueur mythique, de devenir par exemple le disciple éclairé de Jack l’éventreur et de commettre un meurtre, puis deux, puis trois…

 

Donc, les premières pages vous présente Fernando, jeune homme rêvant de gloire, avec une mère-cliché, une vie-cliché et un désir de devenir Norman Bates tout aussi cliché… L’apparition des mânes de Jack l’Eventreur n’arrangeant pas les choses… Cependant, si Fernando zigouille allègrement des victimes-cliché, il n’est finalement pas le héros de cette histoire (je sens qu’il n’apprécierait pas cette déclaration… il n’y a que la vérité qui fâche…), car sous couvert de roman policier, José Pablo Feinmann assassine allègrement la société Argentine (et les Etats-Unis s’en prennent une bonne au passage également, en la personne de Greta Toland, mangeuse d’hommes et capitaliste cinématographique qui est prête à réécrire l’histoire et affronter des serial-killers tant que ça lui rapporte des gros sous…). L’argentine est au coeur de l’histoire : son passé que tous veulent oublier pour ne pas l’affronter, son futur… pas forcément sous les meilleurs hospices. On calque la société américaine, tout en clamant qu’on est Argentin… Les medias sont méchamment passés à la moulinet, à juste titre, car il faut le reconnaître, un bon crime ça fait vendre du papier et monter les audiences… La police en prend pour son grade aussi, les politiciens… qui s’inquiètent des crimes de Van Gogh pour une bonne raison : les élections à venir ! … On s’inquiètent d’ailleurs plus de leur idylles que des victimes…

Et finalement, les destins individuels, la mesquinerie humaines, l’égoïsme sont bien là aussi… et on se dit que Fernando est peut-être, tout serial-killer qu’il est, le plus innocent, le plus naïf de tous !

Un roman que je recommande, pour sa noirceur qui n’est pas simplement dans le crime… Car, qui était Jack L’Eventreur, sinon un reflet de la société ? Attention toutefois, chers cinéphiles, beaucoup de films sont mentionnés dans ce roman, et il y a ainsi bon nombre de spoliers (ainsi, mieux vaut voir Psychose du mai#tre Hitchcock avant de lire le roman… cela vous gâcherai le plaisir du film !)

 

P.S. Pour mes chers Holmésiens… il y a une petite discution entre Jack et Fernando concernant la vraie identité de Jack, et il est fait mention de Sherlock.

Wuthering heights

Tous les fans de littérature aiment que l’on rende hommage à leur oeuvre fétiche… Personnellement, j’aime les hommages rendus à toutes les oeuvres, et si Les Hauts des Hurlevents n’est pas mon roman préféré, j’adore l’idée qu’il a suffisament ému un compositeur (interprète également pour l’occasion) pour devenir une chanson mondialement connue…

Si Baker Street de Jeff Rafferty n’a pas de rapport avec Sherlock Holmes, Wuthering Heights parle bien de la passion de Heathcliff et Kathy, héros de l’unique roman d’Emily Brontë (Non, Jane Eyre, c’est Charlotte!… les familles d’écrivains, je sais, c’est compliqué)…. Merci à Kate Bush pour cette version musicale…

Potted Sherlock at the Vaudeville Theatre

The idea? 60 Sherlock stories, all the canon, in 80 minutes… Do you think I could do the review in 80 words?… I think I could do it in 8!

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It was a… brilliant , spirited, funny, mad, irreverent,  and… elementary tribute!

I have the funny feeling you want more ? Again, it’s elementary, my dear budding Watsons…

10849931_1573775276174508_1942320188792607304_nPotted Sherlock Holmes’ adventures, it’s indeed a challenge, but Daniel Clarkson (who was Sherlock Holmes most of the time during the play… sometimes Moriarty and also… yes, also Irène Adler…) has already potted Panto, pirates and Harry Potter (and got a nomination for the Oliver Awards in 2012 for the latest) with his accomplice Jefferson Turner (Doctor Watson and grumpy narrator, Sherlock for a moment or two when he was able to put his hands on the deerstalker)… So, the monument of British literature that is sherlock Holmes surely seemed to be the evident next step.

10565023_1516465475238822_5737719835658261412_nAnd they know dear old Holmes, that the least I can say. Obviously, they don’t simply tell you the stories, that is … could I say elementary again ? well, I say it anyway. Just telling the stories on stage would be « boring » as BBC Sherlock would say… Benedict Cumberland… No, sorry, Cumbersausage maybe… no, it’s still not his name … well, Benedict is of course mentionned in the show… you can’t escape this guy… Like you can’t escape Frozen, or  Batman… Yes, I think you get it… This play is a  happy and delirious performance where Holmes plays Baker Street by Gerry Rafferty with a plastic saxophone, where Moriarty is a funny little man fed up to be a second-class archenemy (Could you tell me in how many stories he is actually portraited ? … yes, indeed ! 😉 ), where Jeff, our narrator tries to be serious while his Holmes isn’t… at all. A Holmes who doesn’t seem to really know his « little illustrated Sherlock » (Which is funny when you know Daniel Clarkson actually co-wrote the play), and where Mrs. Hudson (Lizzie Wort – who imposes herself on stage) would in fact prefer to play… Sherlock Holmes…  and she is great at the part. The actors have fun playing actors, and it is madness… all the more mad because the 60 adventures of Sherlock Holmes are all here, it’s proved by the meter and I am certain the portrait on the wall will testified so… even if he was eager to out-stage Jeff too… and of course, there is a hound or two… and The Proclaimers… yes, The Proclaimers (which Sherlockian wouldn’t walk 500 miles for dear Mr. Holmes ?)…

10351394_1573775309507838_6779732627303942566_nI‘d loved the Steam-punk scenery, and the practical jokes… yes, it was the final… the last bow… so the siphon of Reichenbach really became a waterfall for poor Jeff. I hope there will have a tour in the future, so it will be again a good exercize for my zigomaticus muscles. Jeff, Dan and Lizzie make the adventures of Sherlock Holmes a merry cacophony, but will all the respect due to the great tenant au 221B Baker Street.

 

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Moab is my washpot de Stephen Fry

moab1Stephen Fry…. voici un acteur Britannique que j’adore… Découvert dans Wilde (biopic sur Oscar), adoré en Jeeves face au Wooster de Hugh Laurie, Stephen Fry était pour moi la quintescence de l’humour anglais qui va du bon goût à l’absurde totale (et ne se prive pas de scatologique de temps à autre, ils ne sont pas si coincés que ça dans la perfide Albion)… Je voyais Stephen Fry comme un chansonnier et un clown version élite de la profession, jusqu’à que je découvre que son auguste personne était plutôt clown triste… Et oui, les apparences sont trompeuses.

Cette autobiographie, ces confidences ont déjà quelques années, et j’avoue avoir pris mon temps pour ouvrir ce livre qui paraissait sur mes étagères depuis… trop longtemps pour le dire. Il faut dire aussi, que j’ai du mal avec les biographies, auto ou pas, vraies ou fausses, vides ou sincères… Ma préférée pour le coup est celle de P.G. Wodehouse qui ne parle quasiment pas de lui-même, prenant un malin plaisir à « digresser » toutes les trois lignes vers des anecdotes qui ne sont jamais tirées de son existence… Magnifique exercice de style s’il en est… Mais revenons à Monsieur Fry qui lui parle de sa vie, nous dit tout (enfin presque), avec honnêteté, pour mieux exorciser ses démons.

142816J’avoue que les premières dizaines de pages furent difficiles à lire… Pas parce que ce n’était pas intéressant, sincère, drôle et, déjà, tragique. mais justement à cause de tout cela. Ma sensibilité ( à fleurs de peau… je m’excuse toujours en disant que c’est l’auteur en moi… Les artistes, m’sieurs, dames…), ma sensibilité, disais-je, était happée par les souffrances et les émotions du jeune Stephen qui avait de grosses difficultés avec  son rôle d’outsider… Et oui, quand on est différent, quand on pense trop…

Cependant, après avoir fait un travail personnel sur mon pauvre petit ego d’écrivain publié mais pas (encore ?) à succès, je suis passée outre, et j’ai vraiment adoré revivre avec Stephen Fry ses 20 premières années… Car Stephen Fry ne triche pas, ne ment pas, ne se cherche pas d’excuse… Je trouve même que parfois, il devrait être plus indulgent avec lui-même…

Il nous décrit aussi  un monde disparu… Ces fameuses boarding school où les châtiments corporels étaient de mise… Une époque disparue également, les 60s-70s, mais vue d’un autre point de vue. Plus que nous raconter sa vie, Stephen Fry réfléchit sur la vie, en général… J’avoue avoir même souligné des phrases, tant cela sonne juste (au crayon de bois, parce qu’écrire sur les livres, c’est pas bien, hein !)

Ce livre est vraiment ce qu’on appelle aujourd’hui un « page turner ».

Détail amusant pour les Holmésiens  qui se promènent sur ce blog (n’est-ce pas Consulting Blogger et Cannibal Lecteur), Stephen Fry, holmésien lui-même (et très bon Mycroft), compare son père à Sherlock holmes…

En conclusion, un essai sur la vie en général, alimenté par les exemples d’une vie en particulier. Un grand monsieur que Stephen Fry, clown triste, mais certainement pas triste sire…

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PS : Ne me demandez pas de traduire le titre, même les professionnels n’ont pas essayé (ou réussi… je ne suis pas dans le secret de la maison d’édition). Ce que je peux vous dire (via quelques recherches internet), c’est que c’est un verset de la Bible, et que Fry s’en servirai pour signifier qu’avec cette autobiographie, il va « laver » les années noires de sa jeunesse… Ca vaut ce que ça vaut.

Exposition Sherlock Holmes à Londres.

 

 

OvfDqWADepuis le 17 octobre dernier et jusqu’au 12 avril 2015 se tient une exposition Sherlock Holmes au Museum of London (London Wall, London EC2Y 5HN)

J’aime le titre donné à cette exposition : Sherlock Holmes. The man who never lived and will never die (Sherlock Holmes, l’homme qui n’a jamais existé mais ne mourra jamais)… Voilà ce qu’est un Mythe… Et vous trouverez toujours des gens certains que Robin des bois, Arsène Lupin et Sherlock Holmes ont bien foulé le sol de notre petit planète bleue… et en vérité… qui peut réellement affirmer le contraire…

Ainsi, en sortant du métro station Barbican (et en consultant un plan, parce que, soyons honnête, nous n’avons pas arrêter de nous tromper de chemin ce weekend… je suppute que notre bavardage intense y était pour quelque chose…), j’étais très impatiente d’apercevoir les hommes dansant installés sur les murs extérieurs du musée…

Certes, certes…

Si vous voulez un avis très enthousiaste, je vous conseille le blog de notre chère Consulting Blogger (ICI). J’avoue l’être beaucoup moins… Je pense que j’attendais trop de cette exposition, et voilà, je suis déçue… Je trouve qu’il manque quelque chose. Certes, l’endroit est intéressant, le musée de Londres a très bien travaillé. Là n’est pas la question. C’est une très belle exposition, instructive, mais pour moi, c’est un rendez-vous manqué.

Finalement, je crois que j’espérais « rencontrer » Holmes dans le musée comme j’ai « rencontré » Lupin à Etretat… Pas en chair et en os, bien sûr, mais émotionnellement parlant. En visitant la maison de Maurice Leblanc, je n’avais rien appris sur mon cher Arsène que je ne savais déjà, mais la voix du regretté Georges Descrières m’accompagnant, le gentleman était là aussi… Il y avait une atmosphère… comme une magie. Dans le musée de Londres, les 1000 et uns visages de Sherlock Holmes nous étaient présentés, mais au final, il manquait une touche personnelle, un fil conducteur qui vous amène au personnage, au héros… Je crois que pour retrouver Holmes, il me faudra refaire un détour du côté de Baker Street… ou marcher sur le Strand, où, malgré la modernité galopante de Londres, Simpson’s est toujours là, attendant le retour de son fidèle client, qui ne s’est pourtant jamais assis à une table de ce restaurant dans notre réalité… 

site de l’exposition :

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