Tuff Turf (1985 – Quartier chaud)

Voici un petit bijou qui semble être passé inaperçu, et pourtant…

Tuff Turff, ou Quartier Chaud pour la version française, raconte l’histoire de Morgan Hiller (Spader), ex-gosse de riche à problème… ex-riche, pour le reste, il est toujours un gamin à problème. Propulsé dans un quartier populaire, il tombe amoureux de la petit-amie trophée du caïd du coin (Frankie, jouée par Kim Richards qui offre une belle prestation). Les ennuis qui vont s’en suivre sont légions… J’essaierai de faire l’étude sociologique la plus courte qui soit et de rester cinématographique pertinente.

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A première vue, je pensais à un film à la Risky Business, Folle journée de Ferris Bueller, ou même Grease et Grease 2… C’est-à-dire un film léger comme les 80s savaient nous en produire, histoire d’alimenter les soirées pop-corn. Quartier chaud est bien plus sérieux… La scène d’introduction du gang aurait dû m’alerter… En effet, l’attaque au couteau sur un « bourgeois » bedonnant et concupiscent, interrompu (facétieusement, il est vrai) par Morgan, était quand même déjà plus sérieuse que les algarades vues dans les films cités plus haut… la bande de Nick (Paul Mones) n’est pas les Thunderbird, mais des petites frappes qui se permettent tout, des assassins en devenir… On parle bien de gang, et Morgan, le gosse de riches rebelle, le cadet pas apprécié à sa juste valeur, va voir que ses innocents mauvais tours peuvent lui attirer de gros ennuis…

MPW-84253D’autant plus que, à l’image de La Fureur de vivre, les adultes sont absents, ou dans l’incompréhension : La mère ne Morgan ne juge ses actes qu’en fonction de ceux de son frère ainé, son père est absent, et passif ; le père de Frankie ne voit en sa fille qu’une future mariée… il ne la pousse pas à faire des études ou à se montrer  indépendante. Il « l’offre » à Nick sans la consulter ; quand un garcon demande la main d’une fille, pourquoi s’intéresser à l’avis de la donzelle ?…

Ce film a 30 ans, mais je pense que son sujet résonne (et raisonne?) toujours dans notre société actuelle. La violence des jeunes, le statut des filles, le fossé des générations, mais aussi des milieux sociaux… Tout cela est toujours bien présent dans notre société actuelle. L’innocent Morgan, mauvais garçon du Connecticut, n’est qu’un agneau face à ceux des quartiers chauds où il débarque . Son intelligence, son idéalisme le sauve, mais Tuff Turf n’est un film. tumblr_ln2ibaqnPq1qks2wio1_500

Sur une note plus légère, j’ai vraiment adoré la prestation de James Spader, encore tout jeune dans ce film. Il le soulignait lui-même en interview, il aurait pu avoir une carrière bien plus riche, tourner 2 fois, 3 fois plus, mais Spader est un fainéant magnifique. Il le prouve ici en montrant quel acteur bourré de qualités il est : la danse, le chant, une touche de cascade… Les deux scènes de danse sont simplement brillantes, légères dans un film qui ne l’est pas. Il est parfait dans la comédie, mais l’action et le drame lui conviennent également. Kim Richards n’est pas en reste, et Frankie, que je trouvais superficielle et inintéressante dans les premières minutes devient  un personnage symbolique et profond. Et enfin, il y a Robert Downey par encore jr, mais bien jeune. Il est adorable en ahuri au grand coeur, en copain du héros qui connait le monde dans lequel Morgan est projeté, essai de le prévenir, puis de le protéger.

Un film qui mérite d’être découvert, ou redécouvert.

TUFF TURF: James Spader, Paul Mones, Kim Richards, Robert Downey Jr., 1985, New World Pictures

TUFF TURF: James Spader, Paul Mones, Kim Richards, Robert Downey Jr., 1985, New World Pictures

Avengers: Age of Ultron (2015)

 

Avengers_Age_Of_Ultron-poster1Joss Whedon est  à l’aise avec Shakespeare comme avec Marvel, et il le prouve une seconde fois avec Age of Ultron. Il faut dire que nos pauvres héros pourraient trouver leur place dans la tragédie… puisqu’ils sont tous des outsiders face au monde… à part Tony Stark, aka Iron Man, qui lui préfère se la jouer intégration jet-set… quoique…

Je dirais que j’aime un peu moins ce film que le précédent, justement parce qu’il porte toute une dimension tragique, malgré les bons mots et le fun des combats. Hulk, ou plutôt le docteur Banner, ne supporte plus le monster vert et surtout le risque à chaque transformation de devenir un assassin, c’est-à-dire réellement un monstre. Black Black Widow n’est pas si solide qu’elle le parait, Captain America a plus l’esprit tourné vers le passé que vers l’avenir, Thor… Thor est égale à lui-même la plupart du temps. Le sujet est plus lourd que dans le premier film ou le spectateur était porté par le fun, les frictions, et les exploits des héros. Ici les héros s’interrogent… Sont-ils vraiment les protecteurs de l’humanité ? Stark, porté par ses bonnes intentions crée Ultron (un monstre cybernétique interprèté par James Spader, dont on ne reconnait malheureusement pas la voix….) et Ultron est un bon moyen de s’interroger sur la science, le bien et le mal qu’elle peut causer… Einstein ne  me démentirait certainement pas.

11025256_868904363167571_1562079604369003546_oUn très bon film cependant, complexe, avec des personnages qui le sont également. C’est d’ailleurs du côté des personnages que je trouve mon bonheur. Ainsi, Hawkeye, Cliff Barton, personnage qui était relativement secondaire dans les précédents films, se dévoile. Et, on découvre que le seul homme de l’équipe qui n’a pas de super-pouvoirs est en définif le plus équilibré. Un beau role pour Jeremy Renner. Deux petits nouveaux apparaissent, les jumeaux, Quick Silver et Scarlett Witch, et là aussi, il y a de la recherche, j’aimerai d’ailleurs en apprendre plus.

Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre Captain America : Civil War… quoique entre temps, d’après les bandes-annonces, Ant-Man va faire son entrée remarquée et les 4 fantastiques ont droit à un reboot (j’aimais bien les derniers films en date…)  

 

PS : Je ne sais pas si c’est moi qui voit Supernatural partout ou si c’est un hommage à une série qui en rend de nombreux à la Pop Culture chaque semaine, mais le Cap lâchant un « son of a bitch », dans les derniers moments du film, j’ai vraiment pensé à Dean…