Jean Marais, le peintre

Jean Marais a vraiment commencé à peindre sous l’influence de Jean Cocteau. Cependant, il est tellement évident que le dessin était déjà une passion pour lui, et que, comme pour tous le reste, il était si talentueux…

Aujourd’hui, j’ai simplement envie de partager avec vous ma peinture préférée de Jean Marais, Fenêtre du Palais Royal, le Rossignol (ou L’oiseau sur un gant – source : Jean Marais l’oeuvre plastique).

Pourquoi est-ce ma préférée ? peut-être pour la paix et la douceur qu’elle dégage, malgré cette main rouge au premier plan qui pourrait être inquiétante… Mais cette main n’est finalement que le perchoir du rossignol, petit messager qui chante pour saluer l’arrivée de la nuit et du repos… En arrière-plan, on devine le jardin, la fontaine, des chaises ; mais il est désert, comme un jardin secret, comme un jardin d’Eden où pourrait s’aventurer celui qui observe le tableau… Cela semble si facile, il suffit d’écarter le rideau et…

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A vous de vous imprégner de cette oeuvre splendide.

Dites-moi ce que vous en pensez, votre ressenti… 

Jean Marais – Oeuvre plastique

La première image qui vient à l’esprit quand on mentionne Jean Marais, c’est bien sûr sa carrière cinématographique avec des rôles bondissant et emblématique comme le Bossu, le Capitaine Fracasse ou La Tour prends garde. Mais Jean Marais, qui préférait être qualifié d’artisan plutôt que d’artiste, s’est essayé à bien d’autres choses. 

J’aimerais vous parler du peintre et du potier. 

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On attribue souvent à Cocteau le fait que Jean Marais se soit mis à peintre, et je ne nie pas l’influence du poète, cependant, dans ce beau livre qui rassemble beaucoup d’oeuvres de Jean Marais, on découvre un auto-portrait à 16 ans qui prouve bien que Jeannot était attiré par l’art en général et que sa rencontre avec le poète est une conséquence, et pas un déclencheur. Je crois que Jean Marais était curieux de tout, et c’est pour cela qu’il est venu plus tard à la poterie en s’installant dans la belle ville de Vallauris. 

Je ne veux pas vous raconter sa vie, il le fait très bien dans Histoire de ma vie, mais mettre en lumière mes oeuvres préférées dans son travail.

D’abord, cette nature morte, ainsi qu’un témoignage (je m’excuse pour la qualité des photos, mon appareil et moi sommes fâchés…)

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Bouquet de Fleurs, huile sur toile (coll. privée)

Paul Morihien, secrétaire de Cocteau témoigne : « Jean Marais a un carrière fabuleuse et difficile. Elève de Jean Cocteau, parti de rien, il joue avec son instinct, sa volonté et une opiniâtreté hors du commun. Ses créations s’appuient sur son goût de l’observation des choses et des êtres avec toujours une innocence propre à l’émerveillement de l’imprévu. Jean Cocteau lui a appris à découvrir les codes. Toujours perfectionniste, il prend le temps pour tout ce qu’il entreprend, voulant sans doute atteindre la perfection de son maître et dépasser ses limites. Ce qui m’étonne, c’est que tout au long de sa vie, par cette opiniâtreté, il ne cesse de progresser. Acteur, il est étonnant aujourd’hui et son jeu de septuagénaire est supérieur au jeune premier. Artiste plasticien, il acquiert de nouvelles techniques et nous révèle avec talent ses nouvelles expressions. »
 

Voici un beau témoignage sur l’homme et son désir d’être toujours meilleur dans ce qu’il entreprend. J’ajoute que j’adore cette nature morte, cependant mes deux oeuvres préférées de Jean Marais sont un bronze, un lion qui représente pour moi à la fois la Bête de Cocteau et le Soleil que fut, qu’est toujours Jean Marais.

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et un portrait de l’actrice Sylvia Monfort, que Jean Marais mit 5 ans à terminer, et qui représente la jeune femme avec la Loire en arrière-plan. Les roses qui poussent sur sa robe sont hautement poétiques et m’ont toujours fasciné. J’avoue que je pense tenter un jour de le reproduire, en hommage à Jeannot…

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Sylvia Montfort par Jean Marais (1961)

Une autre oeuvre de Jean Marais sur mon Blog : Marcel Aymé en passe-muraille

Jean Marais aurait eu 100 ans…

Je vous ai parlé de quelques acteurs que j’admire sur ce blog, mais j’ai jusqu’à présent été discrète vis-à-vis de mon grand amour du septième art, monsieur Jean Marais.

le 11 décembre 2013 voyait le centenaire de la naissance de ce monstre sacré du cinéma français, qui fut la bête et Orphée pour Cocteau, le bossu pour André Hunebelle, D’Artagnan pour Henri Decoin et su aussi brûler les planches et se frotter à d’autres arts comme la peinture et la sculpture. Cela me donne envie de consacrer l’année qui vient à ce grand homme du septième art qui préférait qu’on le dise artisan plutôt qu’artiste… un an, douze chroniques chaque 11 du mois à partir de Janvier… jusqu’à son 101ème anniversaire… Mon objectif personnel sera de vous faire découvrir des facettes de son talent que vous ne connaissiez peut-être pas…

Pour conclure, quelques vers de Jean Cocteau…

« Le tour du monde était un bien pauvre voyage

à côté du voyage où je pars avec toi

Chaque jour je t’adore et mieux et davantage

Où tu vis c’est mon toit. »

Jean Marais by Raymond Voinquel