Les autres (Others) de James Herbert

1010586-gfVoici une lecture des plus perturbantes… J’avoue que James Herbert a réussi son pari avec moi, j’en suis ressortie troublée.

Résumé : Né avec de terribles difformités, résultant d’une vie passée dissolue qu’il ignore, le détective Nicholas Dismas, compense la dureté de sa vie par un humour désabusé et la compagnie de drogues et d’alcool. Engagé pour retrouver un bébé enlevé à la naissance à sa mère, il lève peu à peu le voile sur des faits troublants ayant eu lieu dans le milieu hospitalier et est assailli par des manifestations paranormales.

Honnêtement, l’idée de Rédemption, c’est bien jolie (pas de spoiliers, tout est dans le premier chapitre…), mais le pauvre Dismas qui avait dans sa précédente existence la beauté du diable n’est pas aidé par les Anges qui le renvoient sur terre… J’ai l’impression que les Célestes s’offrent une distraction sur ce coup-là, plus qu’une rédemption… Nicholas Dismas, privé à Brighton est borgne (bon, ce n’était pas à la naissance…), bossu, difforme… Mais intelligent, brilliant, et bon… Je trouve cela un peu fumeux… L’idée que la souffrance le rend bon alors que la vie facile et la beauté avait fait de lui un monster (Pascal, passez votre chemin, je ne suis toujours pas d’accord avec vous… ni avec les Jésuites, ni avec toutes autres prédestinations, religion, idée de souffrance pour se racheter…. bla bla bla… mais ce n’est que mon avis… pas pressée de vérifier!) 19_others

 En dehors de cette cosmologie qui n’est pas du tout à mon goût, le roman de James Herbert est un brilliant polar teintée d’une touche de surnaturel… et encore, un surnaturel que beaucoup pensent possible (transmission de pensée, par exemple)… et quant aux autres, ils existent bien dans la réalité… et on leur a fait subir les mêmes horreurs quand on y réfléchit… Herbert avait fait ses recherches pour écrire un livre choquant, plus réaliste que fantastique, et qui ne laisse pas indifférent. 

Happy Halloween !

C’est le soir où jamais pour se faire peur !

Conseils de lectures et cinéma sous l’image !

527374_285895461526840_2043545369_n

 

Cinéma et Télévision :

L’île aux trente cercueils (téléfilm de 1979, d’après l’oeuvre de Maurice Leblanc)

The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman (1975)

Supernatural d’Eric Kripke (2005) série américaine

Dracula (2013) série américaine

Dead and Breakfast Evitez ce B&B…

The Woman in Black (La dame en noir) – adaptations : littérature, théâtre & cinéma.

Vampire… Vous avez dit Vampire ? Mon choix personnel !

Being Human (télévision)

Rockula (A mourir… de rire !)

Dellamorte Dellamore 

Littérature

Les Dossiers Holmes-Dracula de Fred Saberhagen

Carnacki The ghost Finder de W.H. Hodgson

Tales of Unease, Conan Doyle sans Sherlock Holmes : des contes à vous glacer le sang!

Neverwhere de Neil Gaiman

A la recherche de Dracula de  Françoise-Sylvie Pauly  et Pascal Croci

Messe noire d’Olivier Barde-Cabuçon

La Vouivre – Marcel Aymé et Georges Wilson

la vouivre romanQuel difficile exercice que l’adaptation… Quel difficile exercice que l’écriture…

Il y a quelques mois déjà, je me suis offert le DVD de La Vouivre (1989), film fantastique réalisé par Georges Wilson, avec dans le rôle principal son fils Lambert, d’après le roman écrit par Marcel Aymé qui excellait par ailleurs dans l’art de la nouvelle. Je suis restée un peu perplexe face au film, et j’ai donc décidé de lire le livre avant d’écrire quoique ce soit sur le film.

Je suis encore plus perplexe à l’arrivée. Je ne peux en effet pas vous dire quelle version je préfère, d’ailleurs mes sentiments sont très mitigés vis-à-vis du texte. Ce n’est pas la plume de Marcel Aymé qui est en cause, mais la façon dont il nous raconte l’histoire. Ce que je n’aime pas dans le roman, je le préfère dans le film, car Georges Wilson a fait de grosses infidélités à l’oeuvre en ce qui concerne les personnages, et surtout leur caractère. Je pense, à bien y réfléchir, que la solution quand à ce problème (si s’en est un), est la nature anticléricale de l’oeuvre de Marcel Aymé (il n’est pas tendre non plus avec les propriétaires terriens, les élus, les campagnards, etc… en fait, aux vues de cette lecture et des précédentes – Le Passe-muraille – il n’est tendre avec personne!). En effet, si la Vouivre de Georges Wilson est bien une créature fantastique, mythique, fascinante, celle de Marcel Aymé ne tient pas la distance face au « bon sens » campagnard (comprenez, l’appât du gain). Car le personnage d’Arsène Muselier comme l’habitante des points d’eaux du Jura, n’est pas le même quand il passe du livre au film…

la vouivre afficheJ’avais beaucoup aimé le personnage d’Arsène vu par Georges Wilson. Ce jeune homme rescapé de la Grande guerre qui revenait chez lui pour se sentir étranger à tous (on le croyait mort et on avait du mal à l’accepter vivant), que ce soit sa famille ou ses connaissances, et étranger au monde (il avait survécu à tant d’horreur),qui rencontrait cette créature fascinante, un brin sulfureuse, qui elle aussi était étrangère au monde, mais parce qu’immortelle et intemporelle, et se prenait d’une passion étrange pour elle. Il me semblait y trouver une vraie réflexion sur les ravages de la guerre, sur l’incompréhension de ceux qui ne l’avait pas vécu du fond des tranchées et qui voulaient oublier alors que ceux qui l’avaient vécu ne pouvaient pas… Peut-être que j’extrapole un peu, mais Arsène avait pour moi tout d’un héros romantique, certes campagnard (ça nous change de Chatterton et autre Hernani), mais puissant dans sa tragédie. Et me voilà ouvrant le livre de Marcel Aymé pour me trouver face à un terrien borné qui n’a pas fait la guerre et qui finalement ne s’intéresse qu’à une chose, devenir un propriétaire terrien… Il est dur, il est froid, il est calculateur, et la Vouivre n’est qu’une fille de plus qui lui coure après (qu’est-ce qu’elles lui trouvent toutes, Rose, Belette, Juliette, et la Vouivre ? personnellement, le personnage m’a déplu… mais soyons honnête, il n’y a guère que la pauvre Belette et Juliette que j’apprécie dans ce roman). Notre Vouivre a cependant quelques belles tirades sur le monde, sur ce qu’il a été, ce qu’il est, entre philosophie et une pointe d’écologie avant l’heure, mais elle n’est qu’une fille ordinaire à cela près qu’elle est immortelle (c’est ainsi qu’Arsène la voit, c’est ainsi que le lecteur finit par la voir également).

laurence treil et lambert wilson

La violence faite aux femmes dans le livre me déplaît aussi. Violence ordinaire, pas forcément toujours physique, mais voilà, entre les coups portés à la Vouivre par Arsène (elle aurait bien fait de lui lâcher ses serpents, tiens!) et Rose Voiturier qui n’est finalement qu’un moyen d’obtenir les terres de son père, on trouve la sage Juliette, amoureuse et les pieds sur terre, mais assez réaliste aussi, et la pauvre Belette, gamine qui rêve à ce qu’elle ne peut pas avoir. Les hommes sont des brutes, esclaves de leur instincts sans élévation, de dieu, de la politique, de la vie… Ce n’est pas des plus réjouissants. Et finalement, c’est le fossoyeur, Requiem, dans son alcoolisme qui dit une vérité, l’amour c’est dans le coeur, mais comme cette vérité est noyée dans des litres de vins et des océans d’ivrognerie…

Ne vous méprenez pas, le roman est très bien écrit, juste, prenant, mais au final plutôt déprimant, et j’avoue qu’en ce moment, je n’ai pas envie de lire des choses qui m’attriste (La réalité est déjà bien assez triste comme cela… Je sais, je réfléchis trop, ça sera ma perte!)

Philomena de Martin Sixsmith

Voici une lecture que je n’aurai pas faite de moi-même, a priori… Ce livre est un cadeau d’anniversaire d’un ami qui avait adoré le film. Cette histoire est terrible, difficile, amère, et en même temps nécessaire… 

9781447245223

Synopsis : Lorsqu’elle tombe enceinte en 1952, Philomena Lee n’est qu’une adolescente. Dans l’Irlande de l’époque, avoir un enfant hors mariage est considéré comme un péché. C’est pourquoi sa famille l’envoie au couvent de Roscrea, tenu par des soeurs de Madeleine, comme d’autres « femmes déchues ». Quand son fils Anthony a trois ans, il lui est enlevé afin d’être adopté par de riches Américains. On oblige la jeune femme à signer un document dans lequel elle s’engage à ne jamais chercher à savoir ce que l’église a fait de son enfant. Philomena a malgré tout dédié les cinquante années suivantes de son existence à chercher son fils, se heurtant sans cesse au silence de l’église. Elle ignore que, de son côté, celui-ci a entrepris la même quête. Rebaptisé Michael Hess, le garçon a fait bien du chemin depuis son adoption : avocat réputé, il a rejoint l’administration Bush. Tout en cachant à son entourage familial et professionnel son homosexualité, puis sa séropositivité. C’est justement parce qu’il se sait condamné qu’il décide de partir en Irlande, sur les traces de sa mère. Pour se heurter lui aussi au mutisme des nonnes…

Je pense que cette présentation en dit énormément, et elle montre les thèmes abordés par ce livre (histoire vraie, ce qui m’a d’autant plus révoltée). Philomena ne voulait pas abandonner son fils, mais la société l’y force… Etre une femme dans les années 50, ce n’est pas simple (ajoutons que la société irlandaise est hyper-religieuse à l’époque, on sait les désastres que peuvent entraîner la religion), être une jeune femme de 18 ans enceinte sans être mariée, c’est l’enfer… Et c’est ce que connait Philomena au couvent où elle doit accoucher avant de voir partir son petit garçon : 3 ans a être une esclave à qui ont répète à qui mieux-mieux qu’elle est une pécheresse et qu’elle finira en enfer, surtout si elle parle de son enfant hors du couvent… 

Le livre se penche ensuite sur l’existence de son fils Anthony, rebaptisé Michael par ses parents adoptifs américains qui ont payé une jolie somme pour l’avoir (ainsi que la petite Mary, fille d’une autre jeune fille internée dans le même couvent ; les deux enfants étaient inséparables). Michael Hess n’a pas une enfance malheureuse. Marge, sa deuxième mère, est une bonne mère, mais il y a ses souvenirs diffus de Philomena qui ne cadrent pas avec le mensonge qu’on lui a fait (On lui a dit qu’il avait été abandonné à la naissance, alors que Philomena l’a eu plus de 3 ans auprès d’elle au couvent), un mensonge qui influe sur la personnalité de Michael qui a l’impression que quelque chose ne va pas chez lui et se force à être toujours bon avec les autres, doux, attentif… Ce qui ne fait aucune différence avec son père adoptif, Doc, qui sans être une brute est un homme buté qui pense que ses enfants doivent lui obéir au doigt et à l’oeil. Michael prendra sa vie en main, mais il aura du mal a être heureux, surtout dans la société américaine puritaine des années 70-80, surtout dans cette société qui n’accepte pas les différences, et surtout celle de Michael, l’homosexualité. 

philomena_inside_full_content_pm_v8J’ai réellement été révolté par le traitement infligé à Philomena et à des milliers d’autres jeunes filles dont le seul péché été l’ignorance (quand on ne vous dit pas comment faire les bébés… difficile de se protéger). J’ai été révoltée par l’attitude des soeurs, qui ont dû oublier que Dieu est amour, et qui gérer leurs couvents comme des entreprises (la vente de bébés à des couples riches américains, ça rapportait!). J’ai été révoltée par l’attitude de la société américaine… Si on avait informé sur le Sida, il n’y aurait pas eu autant de décès… Les pouvoirs publics US, puritains, bigots, ont choisi d’ignorer le problème, de laisser faire, parce qu’après tout, ce n’était que les « pédés » qui étaient touchés… une vengeance divine en somme…  

J’ai été révolté, et en même temps, j’ai été touché par Philomena, et par Michael… Philomena a été victime pendant cinquante de son secret, de l’influence des soeurs, et finalement, elle a eu le courage de parler et de partir à la recherche de cet enfant qu’elle n’a jamais pu oublier, et qui n’a jamais pu l’oublier… Michael aussi a cherché sa mère, et c’est construit en fonction de cette double identité qui était la sienne, enfant « abandonné » et jeune avocat brillant (qui travaillait cependant pour « l’ennemi », le parti républicain). J’ai vraiment été touché par Michael, par sa souffrance, par sa vie qui aurait pu être différente, si… Mais malheureusement, le « si » ne nous permettent pas de changer les choses.

Ce livre est un témoignage qu’il faut lire, un témoignage à la fois individuel et universel, un témoignage qui me fait dire (face à l’actualité de ces derniers mois) qu’il ne faut pas oublier les erreurs du passé, pour ne pas les commettre à nouveau. 

 

Pour en savoir un peu plus sur Michael Hess : ICI

Pour en savoir plus sur le film de Stephen Frears : ICI