Arsène Lupin, électron libre… nouvelles fuyantes !

Voici  3 nouvelles que je qualifie d’électrons libres (ou électrons… livres !) parce qu’elles n’ont jamais été recueillis dans un volume… Où les placer ? Le Cabochon d’émeraude est à rapprocher de L’Agence Barnett, puisqu’il y est question du détective, même si c’est finalement le Baron d’Enneris qui pointe son charmant nez !

Et là, il y a un petit mystère, en effet, Maurice Leblanc avait annoncé pour L’Agence plus de nouvelles que n’en compte le recueil… Le Cabochon pourrait donc être une de ses nouvelles oubliées ou perdu, de même que Le Pont brisé… qui a été retrouvé en terre d’Albion, dans une publication américaine par un fervent lupinophile français…

l-homme-a-la-peau-de-bique-122609-250-400L’Homme à la peau de bique (1927)

Une automobile incontrôlable traverse la place du village de Saint-Nicolas un dimanche au moment de la sortie de l’église. Elle laisse derrière elle une traînée de sang.
A son bord une moribonde et un homme recouvert d’une peau de bique. On retrouve l’auto accidentée quelques centaines de mètres plus loin, la femme écrasée sous un rocher, mais l’homme à la peau de bique est introuvable, pourtant, il lui est matériellement impossible d’avoir quitté le bois qui est encerclé, fouillé…

Maurice Leblanc rend ici hommage à Edgar Allan Poe… Je ne vous en dis pas plus, mais vous pouvez lire la nouvelle ici : bique

cabochonLe Cabochon d’émeraude (1930)

Un bijou a disparu dans une pièce close où se trouve seulement deux personnes. Le Baron d’Enneris, appelé par la propriétaire du cabochon d’émeraude, collaborateur occasionnel de Jim Barnett, va retrouver le bijou.

Un petit mystère en chambre close très plaisant. Relié à L’Agence Barnett, cette nouvelle est certainement l’une de celles auxquelles Leblanc faisait allusion quand il disait qu’il avait écrit une bonne dizaine de textes pour L’Agence (alors que le recueil n’en compte que 8… Arsène aurait-il dérobé les 2 ou 3 autres pour des raisons de discrétion. Le fait que le Cabochon implique une joli femme pourrait accréditer cette version…)

Pour lire la nouvelle, c’est par ici : cabochon2

568548641The Bridge that broke (????)

Devenu en français « Le pont brisé », cette nouvelle a un destin encore plus étonnant que les précédentes. Elle a été découverte il y a quelques années par un fervent Lupinophile, Marc Georges, dans un volume acheté à Londres…. On ne trouve de traces nulles par de cette nouvelle dans les papiers de Leblanc, donc mystère à suivre… Sa première traduction date de 2005, à l’occasion du centenaire d’Arsène Lupin dans la revue  813. L’Association des Amis d’Arsène Lupin lui a donné cinq nouvelles traductions dans son numéro bis de 2013.

Le pont brisé est au coeur de cette nouvelle, puisqu’il entraîne la mort d’un grand scientifique, le professeur Saint-Prix à la veille d’une découverte importante, un point en bois qu’on a scié. Béchoux vient chercher Jim Barnett pour l’aider à prouver l’innocence du voisin, Louis Lenormand, qui s’est accusé du crime alors qu’il a un alibi… Plus Béchoux est sûr de la culpabilité de Lenormand, et plus Barnett est certain de l’inverse… Il promet à la charmante femme du suspect de faire toute la lumière sur l’affaire…

la nouvelle est dans l’esprit du recueil où elle aurait dû s’intégrer… Béchoux vient chercher Barnett à contre-coeur, Barnett résout l’affaire, et en tire profit, au grand désespoir de l’inspecteur… Son intérêt réside surtout dans son mystère. Beaucoup de Lupiniens se sont penchés sur ce texte, mais rien de rien ! Leblanc n’en a semble-t-il pas laissé de traces… Peut-être que dans les années à venir, un enquêteur digne de Barnett, ou de Holmes ( 😉 ) trouvera le fin mot de l’énigme, c’est également cela, la littérature, enquête, questions sans réponses, et parfois des petites perles inédites qu’on retrouve par chance !

L’Agence Barnett et Cie

CouvLupin9J’ai beaucoup de tendresse pour le personnage de Jim Barnett… Dieu sait pourquoi ! … C’est un mécréant qui détroussent le plus souvent ses clients plutôt que de les aider; quoique, restons honnête (façons de parler), ses clients sont rarement recommandables et méritent bien ce qu’il leur arrive. Quant au pauvre policier, Béchoux, il a beau se faire maltraiter, manipuler et humilier à chaque fois, il revient toujours quêter l’aide (et l’amitié ?) de l’incorrigible Barnett…

J’ai beaucoup de tendresse pour ce personnage également parce qu’il n’a pas eu la destinée qui aurait dû être la sienne. Quand Leblanc a créé Barnett, ce n’était pas Lupin, mais le rouleau-compresseur que fut le gentleman pour son propre créateur a fait que… et Barnett est devenu Lupin…

agence 2L’Agence Barnett et cie (recueil de 1928)

Les aventures de Jim Barnett, patron et seul employé de l’Agence Barnett et Cie – Renseignements gratuits, mettent en scène un détective privé original et le policier Béchoux. Le premier résout toujours les cas que le second lui propose, mais n’oublie jamais de se payer au passage…

Les gouttes qui tombent

La baronne Assermann demande à Jim Barnett d’élucider un mystérieux cambriolage où rien n’a disparu.

La lettre d’amour du roi George

Un crime est commis, cependant, le criminel semble posséder le don d’ubiquité…

agence 1La partie de baccara

Un homme a été assassiné au terme d’une partie de baccara. Ses trois compagnons de jeu sont mis hors de cause, mais on accuse le mari d’une jeune femme qu’il courtisait. Celle-ci demande le secours de Barnett.

L’homme aux dents d’or

Des objets religieux précieux ont été dérobés dans la petite église de Vaneuil. Le seul indice que possède l’abbé : il a vu le reflet de dents en or dans le miroir de sa chambre.

Les douze africaines de Béchoux 

L’homme d’affaires de Béchoux est dévalisé. Malgré l’intervention agence 4rapide du brigadier qui fait de l’immeuble – lieu du crime – un camp retranché, les titres demeurent introuvable. Barnett, dans la place malgré les ordres de Béchoux qui se défie de lui depuis l’affaire de la partie de baccara, pourrait bien récupérer les titres et n’en rien dire…

Le hasard fait des miracles

Le comte Jean d’Alescar est retrouvé mort. La justice conclue à un accident, mais la soeur du mort crie au meurtre. Béchoux est sur l’enquête, Barnett également. une vieille affaire de haine se conclura ici grâce à l’étrange détective.

agence 5Gants blancs… guêtres blanches

On a cambriolé la célèbre acrobate Olga Vaubant, ex-épouse de Béchoux, et « presque » tué sa mère. Jim Barnett jure à la jeune femme de lui rendre ses meubles avant une semaine.

Béchoux arrête Jim Barnett

Le député Jean Desroques est accusé de l’enlèvement et du meurtre de Chrisitiane Véraldy, qu’il ne connaît pas, et pourtant il ne nie pas. Béchoux est chargé de retrouver une photographie que le suspect à caché pour le confondre définitivement. Barnett, lui, travaille à dénouer le mystère, et à sauver un innocent. agence 3

Chronologie de la publication des aventures d’Arsène Lupin

Voici la chronologie de publication des aventures d’Arsène Lupin, avec des illustrations parfois différentes de celles de la chronologie romancée…

Arsène Lupin gentleman-cambrioleur 

recueil (1905-1907)

algc3

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès 

affrontement en 2 longues nouvelles entre Lupin et le détective anglais (1908)

alhs2

les Confidences d’Arsène Lupin

recueil (1909)

les-confidences-darsane

L’Aiguille creuse

roman (1909)

tumblr_lo814dwtsW1qa0qhqo1_400

813

roman (1910)

813

Le Bouchon de cristal

roman (1912)

Leblanc - Le boucon de cristal - couv Fontan

l’Eclat d’obus

roman (1915)

l'éclat d'obus

Le Triangle d’or

roman (1917)

triangle1

L’Île aux trente cercueils 

roman 1919

ile1

et le téléfilm tiré de l’oeuvre : 

L’île aux trente cercueils (téléfilm de 1979)

Les Dents du tigre

roman 1920

(16)xles dents du tigre2

Les Huit Coups de l’horloge

recueil (1923)

Huit coups de l'horloge pierre lafitte couv

La Comtesse de Cagliostro

roman (1924)

comtesse1

La Demoiselle aux yeux verts

roman (1927)

demoiselle1

L’Homme à la peau de Bique

nouvelle isolée (1927)

L’Agence Barnett et Cie

Recueil (1928)

agence 3

La Demeure Mystérieuse

Roman (1928)

EPSON scanner Image

La Barre-y-va

Roman (1930)

barre2

Le Cabochon d’émeraude

nouvelle isolée, liée à L’Agence Barnett et Cie (1930)

La Femme aux deux sourires

roman (1932)

femme1

Victor de La Brigade mondaine

Roman (1934)

victor

La Cagliostro se venge

Roman (1935)

venge2

Les Milliards d’Arsène Lupin

Roman (1939)

milliards

Le Dernier amour d’Arsène Lupin

Roman posthume (2012)

dernier amour

textes n’ayant pas encore trouver leur place (la trouveront-il un jour ?) :

the bridge that broke

The Overcoat of Arsène Lupin, nouvelle parue en 1926 dans The Popular Magazine (en), dont la plus grande partie reprend la trame de La Dent d’Hercule Petitgris, publié en français en 1924, en y transposant le personnage d’Arsène Lupin. Le Pardessus d’Arsène Lupin, traduction française de ce texte en anglais, existe sur Wikisource

Chronologie des aventures d’Arsène Lupin

Cet article est l’occasion de présenter la Chronologie fictionnelle des aventures du gentleman-cambrioleur. Je n’ai pas poussé le masochisme jusqu’à tenter d’ordonner les nouvelles, car elles sont globalement dans l’ordre chronologique dans les recueils (merci M. Leblanc, si Sir Arrthur Conan Doyle avait fait de même ça aurait été gentil pour les malheureux qui tentent de donner un sens – enfin, un ordre ! – aux aventures de Sherlock Holmes).

Cette article, placer en évidence sur la page « Les Aventures d’Arsène Lupin » permettra au final de rejoindre les articles qui présentent les résumés des oeuvres, mon opinion, et peut-être des anecdotes, d’autres articles… Vous êtes donc sur un article qui va évoluer tout au long de l’année 2014 (et certainement aussi par la suite!)

C’est aussi l’occasion pour moi de faire le lien avec des illustrations des couvertures des romans et nouvelles mettant en scène les aventures de Lupin à travers les âges. Si le titre est en bleu, il vous suffit de cliquer sur la couverture du roman pour arriver directement à l’article qui le concerne.

Bonne exploration de la vie aventureuse du Bel Arsène !

La Comtesse de Cagliostro

roman (1924)

Leblanc - La comtesse de Cagliostro - ill R Broders

Arsène Lupin gentleman-cambrioleur 

recueil (1905-1907)

algc

les Confidences d’Arsène Lupin

recueil (1919)

conf2

Le Retour d’Arsène Lupin

théâtre

Arsène Lupin

théâtre (1908)

Le Bouchon de cristal

roman (1912)

Leblanc - Le boucon de cristal - couv Fontan

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès 

affrontement en 2 longues nouvelles entre Lupin et le détective anglais (1908)

alhs2

L’Aiguille creuse

roman (1909)

arton1152

La Demoiselle aux yeux verts

roman (1927)

demoiselle1

Les Huit Coups de l’horloge

recueil (1923)

Huit coups de l'horloge pierre lafitte couv

813

roman (1910)

813 - couv 813 réed

l’Eclat d’obus

roman (1915)

l'éclat d'obus

Le Triangle d’or

roman (1917)

triangle1

L’Île aux trente cercueils 

roman 1919

ile1

et le téléfilm tiré de l’oeuvre : 

L’île aux trente cercueils (téléfilm de 1979)

Les Dents du tigre

roman 1920

a

L’Homme à la peau de Bique

nouvelle isolée (1927)

L’Agence Barnett et Cie

Recueil (1928)

agence 4

Le Cabochon d’émeraude

nouvelle isolée, liée à L’Agence Barnett et Cie (1930)

La Demeure Mystérieuse

Roman (1928)

EPSON scanner Image

La Barre-y-va

Roman (1930)

barre2

La Femme aux deux sourires

roman (1932)

femme1

Victor de La Brigade mondaine

Roman (1934)

victor

La Cagliostro se venge

Roman (1935)

venge2

Les Milliards d’Arsène Lupin

Roman (1939)

milliards

Le Dernier amour d’Arsène Lupin

Roman posthume (2012)

dernier amour

LES AVATARS D’ARSENE LUPIN – Partie 7

Jim Barnett

agence 2Pour définir Barnett, beaucoup de termes sont nécessaire. Escroc serait le premier qui viendrait à l’esprit du malheureux Béchoux. Un personnage louche, serait une autre définition convenable. Quant au biographe de Lupin, il fait la part des choses et souligne dans son avertissement au lecteur qu’il faut « rendre à césar ce qui est dû à César » : Barnett, c’est la part la plus humoristique d’Arsène Lupin, c’est son côté boute-en-train libéré de toutes entraves, en totale liberté.

En effet, peu de facettes de Lupin sont aussi sympathiques que Jim Barnett de l’agence Barnett et Cie. Dès le départ, l’auteur nous place sous le signe de l’humour : « hâtons-nous […] D’attribuer les méfaits de Jim Barnett à celui qui les commit, c’est-à-dire l’incorrigible Arsène Lupin. Il ne s’en portera pas plus mal… » (« Les gouttes qui tombent »)

Barnett se présente en effet comme un justicier paradoxal. S’il démasque les assassins et les remet à la justice, il s’accommode des événements pour, à chaque fois, tirer parti de l’aventure. S’il protège les innocents, il prend un malin plaisir à se moquer des personnages plus flous comme la baronne Assermann, dans la première nouvelle du recueil, Les gouttes qui tombent. C’est cette première nouvelle qui donne le ton de tout le recueil. Barnett, appelé à la suite d’une effraction, met en lumière le vol d’un collier de valeur, puis entre en compétition avec Béchoux dans l’enquête. Cependant, dès l’abord, le personnage de Barnett est étrange, autant à la baronne qu’au lecteur : « un individu bizarre, bien pris de taille, carré d’épaules, solide d’aspect, mais vêtu d’une redingoteagence 4 noire, ou plutôt verdâtre, dont l’étoffe luisait comme la soie d’un parapluie. La figure, énergique et rudement sculptée, était jeune, mais abîmée par une peau âpre et rugueuse, rouge, une peau de brique. Les yeux froids et moqueurs, derrière un monocle qu’il mettait indifféremment à droite ou à gauche, s’animaient d’une gaieté juvénile. » (idem) Cette longue description de Jim Barnett laisse une impression de perplexité. Avec le détective, on se trouve face à un paradoxe : il n’est ni jeune ni vieux, son visage qui pourrait être beau ne l’ai pas, son attitude également, emprunte d’une « désinvolture de grand seigneur » (idem) n’est pas celle d’un vulgaire détective privé. Barnett se montre dès le premier instant comme un acteur jouant parfaitement son rôle, mais d’une manière détachée et moqueuse. La baronne est prise dans le jeu de Barnett qui fait de la pièce où il est reçu une scène de théâtre, du vol un événement sans éclat, un mystère qu’il dénoue en quelques minutes. Dès lors, la « belle Valérie » et Béchoux sont impuissants à s’opposer à Barnett : il possède la vérité, et le collier ! La baronne, victime de son mari, devient la victime Barnett qui gardera le collier. La situation tourne au profit de Barnett qui s’amuse beaucoup : « Et voilà ce qu’on appelle une honnête femme ! dit Barnett en se croisant les bras avec une vertueuse indignation. Son mari la déshérite pour la punir de ses frasques… et elle ne tient pas compte des volontés de son mari ! Il y a un testament… et elle l’escamote ! […] Quelle abomination ! et quel beau rôle que celui du justicier qui châtie et remet les choses à leur véritable place !

Prestement, Jim Barnett remit le collier à sa véritable place, c’est-à-dire au fond de sa poche ». (idem)

Si Barnett se donne avec humour le beau rôle, c’est qu’il domine l’aventure et ses acteurs de bout en bout. Il est tout-puissant, et le montre en s’offrant le luxe de dévoiler à la baronne un autre visage que celui qu’elle lui connaît : « il eut l’audace impertinente de revenir, le visage enduit de gras qu’il essuyait au fur et à mesure, ainsi qu’un acteur qui se démaquille.

agence 3« Une autre figure apparut ainsi, plus jeune, avec une peau fraîche et saine. Le noeud tout fait fut changé contre une cravate à la mode. Un veston de bonne coupe remplaça la vieille redingote luisante. Et il agissait tranquillement, en homme que l’on ne peut ni dénoncer, ni trahir. » (idem) Barnett signifie ainsi que la représentation est terminée, que le rideau se baisse, et qu’il a remporté une victoire éclatante. Il s’offre le luxe de se moquer ouvertement de sa victime, victime qui ne peut que consentir.

C’est là toute la force de Barnett, il n’a que des victimes consentantes. Même Béchoux ne peut que subir Barnett en silence. Dans les huit nouvelles qui composent L’Agence Barnett et Cie, Béchoux se trouve toujours en compétition avec Jim Barnett, et n’en sort jamais vainqueur. Dès la conclusion de la deuxième nouvelle, d’ailleurs, le doute s’insinue en Béchoux : qui est réellement Jim Barnett ? Qui peut débrouiller d’obscurs crimes avec tant de brio, si ce n’est … Arsène Lupin : « Vous êtes d’une jolie force. C’est digne d’Arsène Lupin. » (« La lettre d’amour du roi George »)  De cette conclusion, va découler une étrange relation de lutte-abandon et d’admiration jalouse : en effet, qui Béchoux vient-il à chaque fois chercher pour le secourir, malgré ses réticences et sa connaissance des méthodes louches du personnage, si ce n’est Jim Barnett : « Jim Barnett, ayant soulevé le rideau de la vitrine qui fermait sur la rue le bureau de l’Agence, partit d’un éclat de rire sonore et dut s’asseoir tellement cet accès d’hilarité lui coupait les jambes.

– Oh ! ça c’est drôle ! […] après l’histoire du Cercle de Rouen, tu as le courage de rappliquer ici. Sacré Béchoux !

Béchoux avait l’air si penaud que Barnett aurait bien voulu se dominer. Mais il ne pouvait pas ». (« L’homme aux dents d’or »)

Malgré les humiliations répétées que lui inflige Barnett, Béchoux est toujours forcé de revenir vers le détective. Et pour cause, Barnett est le seul capable de débrouiller les étranges et rocambolesques affaires auxquelles est confronté le policier.

Mais c’est un bien étrange justicier que Jim Barnett : « Barnett châtiait les coupables et sauvait les innocents, mais n’oubliait pas de se payer. Charité bien ordonnée commence par soi-même. » (Les Douze africaines de Béchoux ») S’il ne laisse pas les crimes impunis, il s’arrange de la justice et de la conscience de Béchoux. Mais il ne faut pas oublier que les aventures de Barnett sont bien plus légères que celles des autres justiciers qu’incarnent Lupin, notamment grâce au duo Barnett-Béchoux qui offre une image de comédie de boulevard, Béchoux faisant figure de Sganarelle, seulement là pour recevoir la bastonnade, bastonnade intellectuelle que lui inflige la supériorité de Barnett, toujours grand seigneur, mais également toujours moqueur vis-à-vis de son humble faire-valoir, et agence 5qui demeure impuissant et confondu face à cet étrange détective : « Béchoux lui lança un regard de haine. […] puis mâchonna, en s’en allant :

– Il y a des moments où je me demande si cet individu-là n’est pas le diable lui-même.

– C’est ce que je [me] demande aussi parfois, dit Barnett en riant. » (« Le Hasard fait des miracles »)

à suivre…

les avatars d’Arsène Lupin – Partie 1

les avatars d’Arsène Lupin – Partie 2

les avatars d’Arsène Lupin – Partie 3

les avatars d’Arsène Lupin – Partie 4

les avatars d’Arsène Lupin – Partie 5

les avatars d’Arsène Lupin – Partie 6