Jean Marais, parfums

Et oui, le maître a également créé des parfums…

on pouvait en voir à l’exposition que j’ai visité en février dernier à Elephant Paname.

Voici un sujet que je mentionne ici parce que finalement j’ai peu d’informations sur le sujet… Je sais que l’un des parfums fut créé par Jean Marais, et la bouteille dessiné par Cocteau. Il y eut au moins deux fragrances différentes, peut-être trois, quatre… J’ai trouvé un certain nombre d’images, mais peu d’informations ! (damned !). Je suis quasiment sûre d’avoir vu un autre flacon pendant ma visite, mais je ne trouve pas d’images… Bref, tout cela est bien frustrant, mais je sais d’expériences que les informations, si elles prennent leur temps, finissent toujours par arriver à point nommer… 😉

Finalement, cet article n’est pas tellement informatif, mais un appel à ceux qui en auraient (des informations, si vous suivez bien !)

En attendant d’en savoir plus, vous pouvez toujours admirer les flacons créés par Marais et Cocteau.

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Flacon dessiné par Cocteau

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Galaad

Galaad

 

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Arbre de vie, flacon dessiné par Jean Marais (en cliquant sur l’image, vous ouvrirez le site où j’ai trouvé cette photo)

Jean Marais Exposition

éléphant paname1Mon passage à Paris la semaine dernière m’a permis d’aller visiter l’exposition Jean Marais chez Eléphant Paname… Jean Marais, je l’ai souvent dis, c’est une grande passion… Cet homme était non seulement un acteur talentueux, mais un artiste de talent… et c’était je pense, une belle âme… Aussi, sachant que les objets exposés seraient ensuite disséminés lors d’une vente aux enchères, c’était l’occasion de lui rendre encore un hommage (je ne dirais pas un dernier), en allant saluer ces créations, mais aussi les objets qui lui ont tenu compagnie…

L’exposition a lieu dans un hôtel particulier caché dans une petite rue (10, rue Volney) entre la place Vendôme et l’Opéra… C’est une atmosphère d’un autre temps pour dévoilé les souvenirs de cet homme intemporel. Il y a des lettres, des livres dédicacés, des petits mots de Cocteau sur des pièces de théâtre typographiées, et énormément de photographies… 

Il y a aussi les oeuvres de Jean Marais, ses poteries, ses tableaux… Et j’étais accompagnée par sa voix (une vidéo d’extraits d’interviews à chaque étage). Cette exposition est splendide, croiser le prince de La Belle et la Bête, revoir des photographies connues pourtant, mais ici originales avec Cocteau, avec Moulouk (et oui, avec pleins d’autres monstres sacrés, artisans du cinéma, auteurs, passionnés et passionnants, mais j’étais là pour Jeannot et ceux qui ont compté vraiment… l’ami et l’amour…).

Sur trois étages, la vie, ou plutôt les vies de Jean Marais s’offre à nous… L’acteur, le potier, le peintre, l’auteur… les escaliers offrent un regard sur sa carrière cinématographique grâce aux nombreuses affiches qui accompagnent leur ascension. On monte en prenant son temps…

Que dire de cette exposition ? … Très belle, très riche, mais aussi nostalgique. 

Oui, j’avoue une certaine tristesse en sortant du bel hôtel particulier… C’est un peu comme un adieu… Ces objets que Marais a aimé, utilisé (ses pinceaux, son tour de potier sont là), vont être éparpillés alors qu’ils mériteraient un musée… Difficile de vous expliquer ma mélancolie. Mais l’idée de cet éparpillement, c’est un peu un second départ.

Ne vous laissez pas gagner par ma tristesse, et si vous avez l’occasion d’aller lui rendre visite (oui, rendre visite à Jean Marais, plutôt que de visiter une exposition qui lui est consacrée), allez-y, d’autant plus que l’accueil était très sympathique. Dans les pièces grandioses et à l’univers feutré d’Eléphant Paname, vous pourrez découvrir ou redécouvrir la beauté de Jean Marais, qui n’était pas que celle du Prince de La Belle et la Bête…

Quelques photos, trouvées au détour d’internet, car j’avais oublié mon appareil… Vous pouvez cliquer sur les images pour aller visiter les sites qui ont consacré des reportages à l’événement. le site d’Eléphant Paname est ICI.

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Les fenêtres du premier étage, dédié au peintre et au potier

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l’un des dessins de Jean Marais… C’est Moulouk (Ange en Arabe) et lui.

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son atelier reconstitué… des poteries, des tableaux, dont le dernier sur lequel il a travaillé.

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La Bête, sculpté par Jean Marais

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Quelques oeuvres du potier, l’assiette au premier plan représente Iseult, je crois que c’est une de mes oeuvres préférées (je ne la connaissais pas).

Paris Match titrait le numéro évoquant la disparition de Jean Marais « Adieu à la beauté », j’aimerais plutôt dire que la beauté ne meurt jamais, que grâce au cinéma, à la caméra de Cocteau notamment, la beauté de Jean Marais nous accompagnera toujours, il était et restera le Prince caché sous le masque de la Bête, l’artiste caché derrière la modestie de l’artisan… 

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Jean Marais peignant L’Oiseleur.

Jean Marais – Oeuvre plastique

La première image qui vient à l’esprit quand on mentionne Jean Marais, c’est bien sûr sa carrière cinématographique avec des rôles bondissant et emblématique comme le Bossu, le Capitaine Fracasse ou La Tour prends garde. Mais Jean Marais, qui préférait être qualifié d’artisan plutôt que d’artiste, s’est essayé à bien d’autres choses. 

J’aimerais vous parler du peintre et du potier. 

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On attribue souvent à Cocteau le fait que Jean Marais se soit mis à peintre, et je ne nie pas l’influence du poète, cependant, dans ce beau livre qui rassemble beaucoup d’oeuvres de Jean Marais, on découvre un auto-portrait à 16 ans qui prouve bien que Jeannot était attiré par l’art en général et que sa rencontre avec le poète est une conséquence, et pas un déclencheur. Je crois que Jean Marais était curieux de tout, et c’est pour cela qu’il est venu plus tard à la poterie en s’installant dans la belle ville de Vallauris. 

Je ne veux pas vous raconter sa vie, il le fait très bien dans Histoire de ma vie, mais mettre en lumière mes oeuvres préférées dans son travail.

D’abord, cette nature morte, ainsi qu’un témoignage (je m’excuse pour la qualité des photos, mon appareil et moi sommes fâchés…)

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Bouquet de Fleurs, huile sur toile (coll. privée)

Paul Morihien, secrétaire de Cocteau témoigne : « Jean Marais a un carrière fabuleuse et difficile. Elève de Jean Cocteau, parti de rien, il joue avec son instinct, sa volonté et une opiniâtreté hors du commun. Ses créations s’appuient sur son goût de l’observation des choses et des êtres avec toujours une innocence propre à l’émerveillement de l’imprévu. Jean Cocteau lui a appris à découvrir les codes. Toujours perfectionniste, il prend le temps pour tout ce qu’il entreprend, voulant sans doute atteindre la perfection de son maître et dépasser ses limites. Ce qui m’étonne, c’est que tout au long de sa vie, par cette opiniâtreté, il ne cesse de progresser. Acteur, il est étonnant aujourd’hui et son jeu de septuagénaire est supérieur au jeune premier. Artiste plasticien, il acquiert de nouvelles techniques et nous révèle avec talent ses nouvelles expressions. »
 

Voici un beau témoignage sur l’homme et son désir d’être toujours meilleur dans ce qu’il entreprend. J’ajoute que j’adore cette nature morte, cependant mes deux oeuvres préférées de Jean Marais sont un bronze, un lion qui représente pour moi à la fois la Bête de Cocteau et le Soleil que fut, qu’est toujours Jean Marais.

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et un portrait de l’actrice Sylvia Monfort, que Jean Marais mit 5 ans à terminer, et qui représente la jeune femme avec la Loire en arrière-plan. Les roses qui poussent sur sa robe sont hautement poétiques et m’ont toujours fasciné. J’avoue que je pense tenter un jour de le reproduire, en hommage à Jeannot…

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Sylvia Montfort par Jean Marais (1961)

Une autre oeuvre de Jean Marais sur mon Blog : Marcel Aymé en passe-muraille

Jean Marais aurait eu 100 ans…

Je vous ai parlé de quelques acteurs que j’admire sur ce blog, mais j’ai jusqu’à présent été discrète vis-à-vis de mon grand amour du septième art, monsieur Jean Marais.

le 11 décembre 2013 voyait le centenaire de la naissance de ce monstre sacré du cinéma français, qui fut la bête et Orphée pour Cocteau, le bossu pour André Hunebelle, D’Artagnan pour Henri Decoin et su aussi brûler les planches et se frotter à d’autres arts comme la peinture et la sculpture. Cela me donne envie de consacrer l’année qui vient à ce grand homme du septième art qui préférait qu’on le dise artisan plutôt qu’artiste… un an, douze chroniques chaque 11 du mois à partir de Janvier… jusqu’à son 101ème anniversaire… Mon objectif personnel sera de vous faire découvrir des facettes de son talent que vous ne connaissiez peut-être pas…

Pour conclure, quelques vers de Jean Cocteau…

« Le tour du monde était un bien pauvre voyage

à côté du voyage où je pars avec toi

Chaque jour je t’adore et mieux et davantage

Où tu vis c’est mon toit. »

Jean Marais by Raymond Voinquel