Happy birthday to the King

 

Comme je le dis souvent, il n’y a pas que les gentlemen-cambrioleurs dans la vie… Il y a aussi les monstres.

J’adore l’horreur depuis toute petite, et il semble qu’à deux ans, j’étais plus effrayée par Louis De Funès dans Le petit baigneur que par des monstres japonais à 3 cornes… Histoire vraie, contée maintes fois… Ca ne vous étonnera donc pas que Monsieur Stephen King, qui fête aujourd’hui ses 67 ans, fasse partie de mes écrivains favoris (ils sont des dizaines, je pourrais souhaiter un anniversaire ou deux tous les jours, je crois). Mon oeuvre préférée du King ? CA… quoi ça ? ben… ça… (la blague à fait long feu sous le toit parental).

Mais je ne me limiterai pas à ce seul texte-fleuve… Misery m’a traumatisée (certains de mes amis adorent me déclarer : « je suis ton plus grand fan », histoire de me faire bondir !), Shining m’a énormément plu… Et j’adore le fait que le plus souvent, Stephen King place la figure de l’écrivain au centre de ses textes… Le héros est aussi celui qui raconte des histoires… Chaque auteur se rêve en tant que héros…

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The Lady of the Shroud de Bram Stoker

stokerThe Lady of the Shroud, en français « La Dame au linceul » est un roman de Bram Stoker publié en 1909… et j’avoue que cela me pose un problème…

J’ai téléchargé ce roman grâce à l’application Kindle de ma tablette (et oui, je suis passée du côté obscure de la Force… enfin disons que le numérique, cela veut dire encore PLUS de livres…), gratuitement puisque monsieur Stoker nous a quitté il y a plus de 70 ans, et j’ai commencé la lecture dans la foulée.

Comme Dracula, ce roman nous raconte les aventures de Rupert Saint-Leger, jeune homme d’idéal, de manière épistolaire et par le biais de journaux intimes et de comptes-rendus officiels. Rupert perd sa mère jeune, est élevé par une tante écossaise et superstitieuse sous la direction de tuteurs qui, il faut bien le dire, s’occupe du garçon de très loin (c’est peut-être mieux… certains étant particulièrement imbuvables…). L’un deux cependant, lui lègue sa fortune, sous réserve que le jeune homme (qui dans l’intervalle à beaucoup voyagé) vive un an dans son château des Montagnes bleues, sur la côte de Dalmatie, et aide les montagnards qui sont menacés par les pays voisins, notamment la Turquie…

Rupert s’installe au château et une nuit… une femme portant un linceul apparaît à sa fenêtre et lui demande de la laisser entrer…

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Une autre histoire de vampire ? une revenante amoureuse ? tout autre chose ?… Je ne vous dévoilerai pas la fin de l’histoire, qui est plaisante, il faut bien l’avouer, mais je vous parlerai plutôt de mon étonnement face à l’écriture, à la structure et aux maladresses de ce roman. Qui aime bien châtie, bien comme on dit. Et j’avoue beaucoup aimer Bram Stoker… J’ai ainsi lu non seulement le roman qui a fait sa renommée… vous savez, celui avec un certain comte venue des Carpathes… mais également  Le joyaux aux 7 étoiles et Le repaire du ver Blanc (pour ce dernier, je vous recommande le film avec Hugh Grant… Kitchissime !), ainsi que les nouvelles qui ont pu me tomber sous la main.

9d1ce7627e759556676e0969d5f52d80Quand j’ai ouvert La Dame au linceul, je n’ai pas fait attention à la date d’écriture, j’ai plongé dans l’histoire… Tout en me demandant ou# Stoker voulait m’emmener, car il faut bien l’avouer, toute la première partie du roman ressemble plus à un masculine Jane Eyre (pauvre orphelin), mais raconté par le méchant cousin!… Ensuite vient le testament (enfin, devrais-je dire) puis l’aventure de la dame au linceul… aventure qui se règle, mais le roman continue… On a aussi quelques cours rapides de géopolitique (les vilains turcs voulant envahir la petite république des Montagnes Bleues)… Bref tout se mélange : roman d’éducation, fantastique, d’aventure… et non, je n’ai pas trouvé de raton-laveur !

Bref, si le roman se lit bien (quoique, quand c’est le scribe de l’assemblée locale qui raconte, je me suis beaucoup ennuyée), il est brouillon, il manque de structure… Stoker veut trop en dire. Et l’impression qu’y met alors restée, c’est que ce roman avait du# être écrit quelques années, voire une bonne décennie avant Dracula, qui mai’#trise beaucoup mieux sont sujet et bien non !  12 ans après… Je n’en suis pas revenue…

Voilà, comme quoi, on ne se bonnifie pas toujours comme le bon vin… Quoique Le repaire du ver Blanc fut publié en 1911… Je me demande si cette Dame et son linceul n’ont pas passé des années dans les tiroirs du bureau de l’auteur pour être donnés à l’éditeur dans un moment d’urgence… Si quelqu’un parmi vous mes chers lecteurs a étudié Stoker et peut me renseigner…

Dellamorte Dellamore

Bon, on éloigne les enfants et ceux qui ont des soucis avec les zombies ou la nudité… c’est fait ? je peux donc commencer ! Non pas qu’il y aura de la nudité dans cet article, mais il y en a dans le film dont je veux vous parler (et des zombies, et beaucoup, beaucoup de morts…)

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J’ai découvert ce film de Michele Soavi après son passage au festival de Gérardmer (bizarrement, je m’intéresse souvent à la programmation de ce festival… chers monstres…). La présence de Rupert Everett au générique était loin de me déplaire, et l’idée d’un gardien de cimetière obligé de remettre ses pensionnaires dans leur tombe 7 nuits après leur décès puisqu’ils avaient la bougeotte me rendait le film plus que sympathique.

Il est vrai que les zombies ne sont pas mes monstres d’élections : sans cervelle la plupart du temps (c’est sans doute pour cela qu’ils veulent dévorer celles des vivants), leurs « aventures » tournent le plus souvent au jeu de massacre (depuis, il y a eu Shaun of the Dead qui a su mélanger comédie romantique et film de zombies… si, si, je vous jure). Le zombie n’a pas le charisme du comte Dracula et de ses disciples, ni l’animalité inquiétante et triste du sieur loup-garou.

 

Francescco Dellamorte (Rupert Everett) et Gnaghi (François-Hadji-Lazaro)

Francescco Dellamorte (Rupert Everett) et Gnaghi (François-Hadji-Lazaro)

Mais là, les zombies ne sont pas tous décérébrés, et cet étrange film est bien plus qu’un simple film d’horreur. 

Roman à l’origine, Dellamorte Dellamore est une fable sur la vie, la mort, la folie… Je pense que chacun peut l’interpréter à sa façon, y trouver un message différente, et c’est ce que j’aime dans le genre fantastique. Rupert Everett et François Hadji-Lazaro (oui, c’est lui, l’auteur-compositeur des Garçons Bouchers) offrent une interprétation impressionnante (le second offre une interprétation quasi silencieuse d’ailleurs). Et au milieu de prises de vues très belles, très élégantes, on s’interroge… 

Je n’ai pas de réponse quant au message du film, il me passionne, il m’interpelle et je le conseille chaudement tout en prévenant que ce n’est pas à mettre sous tous les yeux 😉 .

la mort visitant le cimetière et son gardien

la mort visitant le cimetière et son gardien

 

Recette d’un gâteau littéraire…

Quel drôle d’exercice me propose Syl de Thé, Lectures et Macarons ? un gâteau littéraire… Je pensais que ça serait compliqué et… oui, ça l’est un peu, mais au final je me suis amusée comme une folle pour écrire cet article… et j’ai été affreusement bavarde !

Donc, je limite mon introduction à ces quelques mots : Bon appétit ! 😉

 

Farine

entretienIl faut un socle solide pour ce gâteau… Vous m’attendez avec l’ami Arsène, j’en suis sûre, cependant, je l’ai disqualifié (pour cause d’implication émotionnelle trop forte, de plus il n’aime pas tellement les gâteaux, il est végétarien… son domaine, c’est les serrures, pas la cuisine…). Donc, nous commenceront avec un autre auteur que je vénère, Anne Rice. Elle a révolutionné le personnage du vampire grâce à son roman Entretien avec un vampire. Donc, c’est ce roman qui sera le socle de mon gâteau et aussi celui d’une toute nouvelle littérature de genre… puisque avec Anne Rice, le vampire devient le héros, il n’est plus le croquemitaine. 

Oeufs

Pour les oeufs, il nous faut une série… une trilogie, même ! Je vous propose les aventures de Lucifer Box par Mark Gatiss (oui, le papa de Sherlock, que j’avais chroniqué l’année dernière). Après tout, dans le métier d’espion, il est bien connu qu’on ne fait pas d’omelette (ou de gâteau, pour le coup), sans casser des oeufs !

Beurre

princePour cet ingrédient, il faut une lecture qui glisse toute seule… Je vais donc encore me tourner vers le roman policier Britannique et vers le délectable Peter Lovesey… Lire un de ces romans, c’est un plaisir délectable est riche ! Je vous avais déjà parler de cette merveille qu’est Le Vicaire persiste et saigne, donc je vais vous proposer un autre titre : Le Prince et les sept cadavres… Où le fils de la reine Victoria, Albert-Edouard, dit Bertie, se retrouve à enquêter sur une série de meurtres… Mais vous pouvez aller découvrir Lovesey les yeux fermés, tous les titres que j’ai pu lire sont aussi jouissifs les uns que les autres !

Sucre

 

importance d'être constantPour ajouter la douceur à notre dessert, je pense qu’il faut choisir un auteur qui savait jouer du doux amer, de l’humour et du cynisme ; sachant se moquer, même de lui-même. Ma pièce préférée d’Oscar Wilde, L’importance d’être constant… doux, sucré, mais quand on y réfléchit, il y a beaucoup à deviner, c’est une saveur subtile, comme le bon dosage du sucre dans un dessert

Levure

leaves of grass walt whitmanTrès important la levure… et je me dis que ce qui fait s’élever l’esprit, c’est la poésie ! Pas besoin d’analyse, mais du ressenti… Voici un poème qui m’a touchée dans sa dureté : Ô capitaine, mon capitaine de Walt Whitman. Je ne l’ai pas découvert dans Le cercle des poètes disparu, je ne savais pas que cela faisait référence à l’assassinat de Lincoln avant de faire des recherches, mais je me suis senti par ce capitaine mort avant d’avoir réalisé ce qu’il a accompli. 

La poésie est pour moi un ressenti, pas un sujet d’analyse. C’est un miroir pour chacun, mais un miroir qu’on conserve. C’est avant tout un miroir pour l’auteur, et j’avoue que je ne suis plus dans la phase de dissection si universitaire, je préfère éprouver qu’analyser.

 

Chocolat

trilogieLe chocolat, c’est l’ingrédient gourmand… la gourmandise pour moi, c’est le texte qui surprend, lecture légère, mais aussi riche, et pour cet ingrédient, je vais vous parler de Pierre Pevel. Certes, un lien avec Lupin, puisque mon gentleman apparaît dans le cycle d’Ambremer, mais je vais choisir les aventures du Chevalier Kantz avec la trilogie de Wielstadt. Uchronie qui se déroule pendant la guerre de 30 ans, c’est brillant, à la fois bien documenté historiquement parlant, mais habité par des monstres réels ou à visage humains et des dragons. Une lecture riche et sombre que je recommande.

Framboises

maloneUn peu de douceur dans ce monde de brutes ! mais une douceur un peu brutale… Les Framboises, nombreuses, ce sont les romans de Craig Rice qui a su faire du Hard-boiled une comédie policière ! avec les aventures de Malone, avocat et enquêteur, il est facile de décorer notre gâteau : au choix, nain au violon (littéralement, dans l’étui du violoncelle), cadavre fugueur, vrai-faux fantôme et autres divertissements…

Pistaches (pour le plaisir coupable)

SN_Night Terror_CVR_27114.inddNight Terror de John Passarella… et finalement non, pas si coupable que ça ce plaisir… Je ne lis pas de fanfics, mais j’aime les novélisations… Au temps de l’adolescence, j’ai lu celles concernant Buffy, plus tard les Torchwood (très bons), mais mes préférées restent les novélisations de Supernatural… et Night Terror est à la hauteur des meilleurs épisodes de la série (peut-être même supérieur, car l’auteur peut se permettre un budget effets spéciaux qui crève le plafond alors que l’équipe de production n’a pas de cagnotte illimitée). J’ai choisi Night Terror, parce que j’adore l’idée de cauchemars devenant réalité (sadique ? mais non), mais tous les Supernatural novels peuvent être ajoutés comme touche finale de ce gâteau littéraire…

Le Club des Monstres (1980)

le-club-des-monstres-film-3400Nous sommes en 1980, et alors que Jason, Mike Myers et Leatherface font leurs offices à grands coups d’hémoglobine, un petit film d’horreur traditionnel et au budget minuscule fait son entrée en salle… Certes, certes, les masques des monstres ont été acheté dans une boutique de farces et attrapes en dépôt de bilan, cependant, ce film a été pour moi une découverte et fait partie des films d’horreurs que j’emmènerai sur une île déserte, ou plutôt dans un château des Carpates (restons dans l’ambiance).

Le Club des monstres  (réalisé par Roy Ward Baker) doit se voir comme un petit joyaux, dépourvu ni d’humour, ni d’humour noir et encore moins de frisson. Ainsi, rencontrons Eramus, vampire assoiffé mais n’ayant pas perdu ses bonnes manières, qui se désaltère au cou d’un écrivain d’horreur, et l’invite (pour se faire pardonner, et un peu mousser, soyons honnête) à son club… So British ! mais, voilà, ce club est un club des monstres… Eramus va donc offrir à R. Chetwynd-Hayes quelques divertissements à sa mesure.

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le secrétaire du club, l’écrivain (John Carradine) et Eramus le vampire (Vincent Price)

Film à sketchs (bien que j’ai du mal avec le terme, qui me rappelle plutôt la comédie que l’horreur, mais bon…), le Club des monstres offrent 3 histoires d’horreurs entrecoupées par le bavardage d’Eramus et de l’écrivain et de très bons numéros musicaux (pas très bien filmé cependant pour l’hilarant Sucker for your Love ; quelqu’un a dû oublier de mettre des bandes dans la caméra… c’est arrivé avec les meilleurs, je pense à un concert de Queen…).

Les trois contes d’Eramus ont chacun leur tonalité : Le Shadmock (James Laurenson, acteur shakespearien) est une bien triste créature qui n’a qu’un seul pouvoir, siffler… Seul dans son château avec ses trésors, il cherche l’amour, ou tout au moins à ne plus être seul, la jeune femme qui répond à son annonce pour l’aider à cataloguer ses trésors pourraient être la solution… ou pas. Cette histoire est bien mélancolique, et au final, qui sont vraiment les monstres ?…

les Vampires : un petit garçon pas très heureux à l’école se demande ce que son papa fait dans la vie. Il travaille la nuit, dort toute la journée et lui à dit de faire très attention aux hommes avec des étuis à violon (Donald Pleasence, le célèbre docteur Loomis de la série de film Halloween, joue ici les chasseurs de vampires). Sans vous dévoiler la chute de cette histoire, elle est bien plus légère que la précédente. C’est presque un épisode de Fais moi peur.

les ghoules est un récit classique puisque un personnage (pas très sympathique  réalisateur de films d’horreur) se retrouve au milieu de nulle part dans un village qui semble figé des siècles dans le passé et peuplé de créatures effrayantes à l’exception de l’innocente Luna… 

Trois histoires « édifiantes » d’après Eramus (et je suis assez d’accord avec lui), qui sont contrebalancés par des moments festifs, les intermèdes musicaux : Les chansons entendues dans le Club sont Monster Rule O.K. par The Viewers, Sucker for your love par B. A. RobertsonThe Stripper par Stevie Vann et son groupe Night, et Monster Club par The Pretty Things,  25 Per cent par UB 40 mais le groupe n’apparaît pas dans le film.  Les musiques additionnelles sont de John Williams, excusez du peu ! Mon coeur balance entre Sucker for you love, le texte est à mourir de rire et Stripper, la chanteuse est exceptionnelle et la stripteaseuse n’est peut-être pas la plus douée qui soit, mais en tout cas, elle est la plus originale que j’ai vu (je soupçonne d’ailleurs Robbie Williams d’avoir vu ce film…).

La conclusion du film est sans prix, de mon point de vue. Je ne vous dévoile rien, mais le discours d’Erasmus m’a toujours semblé frappé au coin du bon sens, et l’humour est bien là. Ce film malgré ses moyens limités est une perle du genre à conserver et à apprécier à sa juste valeur. Oubliez les masques en caoutchouc et réfléchissez à la philosophie de ces monstres… tous en vous trémoussant sur l’hymne du club… auquel j’adhère de suite 😉 .

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