The imitation game (2014)

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Synopsis : Imitation Game s’appuie sur la biographie de Alan Turing, écrite par Andrew Hodges, pour raconter le rôle important qu’a joué le mathématicien durant la Seconde Guerre mondiale. Ses recherches sur la cryptographie ont permis de déchiffrer plusieurs messages ennemis ce qui, selon plusieurs historiens, aurait accéléré la chute du nazisme. Le film s’attache aussi aux persécutions qu’il a endurées pour son homosexualité, dans la période d’après-guerre.  (source : allocine.fr)

10668887_583134561790751_9124748728661674547_oUn film sur un mathématicien… oui, certes… Pas vraiment alléchant au premier abord… Et pourtant, tout en connaissant l’histoire, tout en sachant comment c#a a fini (pour la guerre comme pour Turing), le réalisateur Morten Tyldum réussit un thriller cérébral et un portrait émouvant d’un homme de génie qu’on a broyé au lieu de célébré… La victoire de Turing sur Enigma a été un secret d’Etat pendant 50 ans, et le pardon (des excuses auraient été la moindre des choses, il n’y avait rien à pardonner), de la Reine est arrivé bien tard…

enigmaUne fois encore, Benedict Cumberbatch fait un très beau travail dans le portrait intime d’un génie torturé. Turin était trop brilliant, et comme le dit Joan Clarke (Keira Knighley, magnifique également) pas « normal »… Mais, un homme normal n’aurait jamais brisé Enigma. J’avoue avoir eu les larmes aux yeux face à la dernière scène du film, et ressenti la même révolte, la même souffrance que Joan… Turing, c’est Icare. Brisé en plein vol parce que différent … Turing a inventé l’informatique moderne… Je pense que sans lui, je ne vous écrirai pas cette chronique sur mon Pc en ce moment (ou le dit PC aurait 20 ans de retard)… C’était un génie, même s’il ne semblait pas aimer ce mot… Qu’aurait-il accompli de plus, s’il n’avait pas été persécuté à cause de sa sexualité ?…

J’avoue ne pas être une mathématicienne dans l’âme… Certes, je compte mes achats plus vite que la caisse enregistreuse, mais je préfère les allégories aux algorithmes (je jetterai ici l’anathème sur mes profs de maths qui ne m’ont pas donné envie de continuer sur la voie des sciences… On trouve toujours des coupables, n’est-ce pas ?). Cependant, le film, et Mr. Cumberbatch, retranscrivent toute la passion de Turing pour les sciences, lui qui a 12 ans s’ennuyait en cours de mathématiques, pour une raison bien différente de la mienne : C’était trop facile pour lui !

la mise en parallèle de l’enfance, du crackage d’Enigma et de l’affaire qui le conduisit à être condamné pour indécence (comprenez homosexualité) permet au film de se voir comme un thriller plus que comme un biopic. Les renvois d’une période à une autre donnent des réponses ou pausent des questions, et cela pousse à s’attacher à Alan Turing, bien que le personnage ne soit pas attachant, plutôt déconnecté. Cependant on nous donne les clefs de cette déconnection, certaines en tout cas, et le mathématicien devient héros… héros de guerre, héros tragique, héros ordinaire.

Un film à voir donc, même si on est hermétique aux maths, à la guerre, et à voir, pas pour Benedict Cumberbatch (ou pas simplement pour lui), mais pour Alan Turing.

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Comme les autres

comme les autres 1Emmanuel aime Philippe; mais il veut aussi un bébé, au risque de perdre son compagnon. En ces temps d’agitation sociale, voir ce film en ferait peut-être réfléchir quelques-uns…

Loin d’une comédie délirante dans le style de la cultissime Cage aux folles, Comme les autres de Vincent Garenq (2008), nous présente un homme ordinaire qui se débat contre une société qui n’accepte pas un désir tout aussi ordinaire de paternité. L’interprétation de Lambert Wilson et Vincent Elbé devrait rappeler à certains qu’être homosexuel ne veut pas dire être une « grande folle »… Les deux acteurs campent un pédiatre et un avocat qui s’aiment, vraiment, profondément, mais qui vont être séparés par  ce désir d’enfant. Et la grande question du film est bien : Doit-on empêcher Emmanuel d’être père, simplement parce qu’il est homosexuel ?

Attention, ce n’est pas un drame, plutôt une comédie dramatique, on sourit souvent.

Je me suis énormément attachée au personnage principal, Manu (Lambert Wilson, tellement juste dans son jeu), tout en espoirs et souffrances retenus, plein d’humanité pour les autres, plein d’attention pour ses petits patients, pour son compagnon, pour sa famille, pour sa meilleure amie… Pas de caricature, mais une vraie réflexion sur notre société qui ne tombe heureusement pas dans le pathos. La scène avec l’assistante sociale m’a vraiment émue… Elle pose bien la question, pourquoi cet homme n’a pas le droit d’adopter ? et oui, pourquoi ? comme les autres 2

Un bémol, sur le DVD, vous trouverez une fin alternative… Pourquoi ne pas avoir utilisé cette scène en plus ! C’est tout simplement brillant, et cette fin est ma fin, celle que je choisis (pas de spoiler, je dirais simplement qu’elle complète la fin du film qui est trop ouverte pour moi).

Je vous recommande ce film qui a les avantages d’un bon scénario (qui demeurera toujours d’actualité, car je pense malheureusement que le droit à la différence sera toujours un problème d’actualité, toutes les différences, pas seulement l’homoparentalité), d’un scénario solide et d’une interprétation de qualité. comme les autres 5

LE PREMIER QUI L’A DIT

affiche-Le-Premier-qui-l-a-dit-Mine-vaganti-2009-1titre original Mine Vaganti (bombe à retardement).

Film italien de Ferzan Özpetek , 2010.

Avec Riccardo Scamarchio, Nicole Grimaudo, Carmine Recano…

Résumé : « Grande réunion chez les Cantone, illustre famille de Lecce dans les Pouilles, propriétaire d’une célèbre fabrique de pâtes.
Tommaso, le benjamin, veut profiter du dîner pour révéler à tous son homosexualité.
Mais alors qu’il s’apprête à prendre la parole, Antonio, son frère aîné, promis à la tête de l’usine, le précède pour faire… la même révélation.
Scandale général, malaise du père qui chasse le fils indigne.
Tous les espoirs se portent alors sur Tommaso pour reprendre l’affaire familiale et perpétuer le nom des Cantone.
Tommaso a d’autres plans, mais comment peut-il à présent dire la vérité à sa famille ? C’est alors que ses amis romains débarquent pour une visite surprise dans les Pouilles. » (source Allociné)

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Riccardo Scamarchio (Tommasso)

J’ai adoré ce film. Contrairement à l’impression que donne l’affiche française (trop racoleuse à mon goût, dans un style US) , ça n’a rien d’une comédie potache, c’est une réflexion sur la difficulté d’être soi-même face aux attentes des autres (parents, amis, amours…). Les personnages sont intéressants, complexes et au final très humains. L’interprétation est de qualité (et le doublage français me semble pas mal du tout – et non, je ne parle pas Italien).

Je trouve le personnage de Tommaso particulièrement attachant, et je me sens proche de lui (syndrome du jeune auteur qui doit faire ses preuves, sans doute). Le voir se débattre avec ce qu’il doit faire, ce qu’il veut faire, les sentiments des autres, les siens, sa loyauté envers son frère, envers son père (qui ne la mérite pas, celui-là…). L’arrivée de ses copains (ils me rappellent certains de mes amis, ceux-là !) et de son compagnon permet une bouffée d’oxygène, une respiration dans un film qui aurait pu être un drame, mais qui est au final une comédie dramatique, une tranche de vie, de la vie d’un personnage qui doit prendre une décision pour avancer.mine-vaganti-premier-qui-la-dit

J’aime beaucoup la scène finale qui (je ne vous dévoile rien, n’ayez pas peur) mêle intrigues du passé et du présent. Tout cela, ces épreuves – les siennes et celles des autres – feront certainement de Tommaso un grand écrivain, un écrivain sensible qui sait ce que c’est que vivre et pourra ainsi communier avec ceux qui liront ses livres…

Pas de cliché, pas d’humour douteux, un film tout en finesse qui est plutôt d’actualité, et qui devrait donner à réfléchir à certains, parce qu’après tout, ce dont il est question au final, c’est l’humanité de chacun et pas sa sexualité. Il faut savoir accepter les autres, et surtout savoir s’accepter soi-même… C’est plus difficile qu’on ne le croit. J’ai réellement aimé ce film, qui se montre doux-amer, drôle, et intelligent.

La Bande-annonce, c’est par ici : http://www.youtube.com/watch?v=2JHZPeicD5w

En bonus, une bande originale géniale avec beaucoup de morceaux entraînants (http://www.youtube.com/watch?v=j9YyyCD2jjQ)

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