La Princesse de Montpensier

affiche-La-Princesse-de-Montpensier-2009-2Film de Bertrand Tavernier (2010) avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Gaspard Ulliel, Grégoire Leprince-Ringuet etRaphaël Personnaz .

Je n’aime pas les histoires d’amours, car comme disaient les Rita Mitsouko, elles finissent mal en général, mais surtout parce que j’ai besoin de suspense pour faire fonctionner les rouages de mon cerveau…

Non, décidément, je n’aime pas les histoires d’amour, et Madame de La Fayette m’avait fait déjà bien souffrir pendant deux années consécutives en Prépa avec La Princesse de Clèves… Alors, pourquoi regarder La Princesse de Montpensier ? D’abord, j’avoue, parce que je pensais le film adapté de Dumas (faute avouée, comme on dit…) et parce que cette histoire d’amour m’intéressait surtout pour son fond historique.  Les guerres de Religions ont toujours offert une trame intéressante aux drames personnels de la littérature.

Je n’aime pas les histoires d’amour, mais j’ai beaucoup aimé ce film grâce à une histoire complexe riche de personnages à la psychologie pas forcément évidente au premier regard, grâce aussi à des paysages Auvergnat et Tourangeau particulièrement typiques ou grandioses (le fers se croisent dans les rues de Chinon, sur une petite place que j’ai reconnue tout de suite, ou le beau château de Blois), et grâce à une interprétation presque parfaite.

Synopsis :  « 1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage… Marie de Mézières, une des plus riches héritières du royaume, aime le jeune Duc de Guise, celui que l’histoire prénommera plus tard «le Balafré». Mais son père, le Marquis de Mézières, guidé par ses intérêts, la force à épouser le Prince de Montpensier. Ce dernier est appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants. Le pays étant à feu et à sang, afin de protéger sa jeune épouse, le prince l’envoie en compagnie du Comte de Chabannes, dans l’un de ses châteaux les plus reculés, Champigny. Il charge le comte, son ancien précepteur et ami, de parfaire l’éducation de la jeune princesse afin qu’elle puisse un jour paraître à la cour… Mais la cour, cela signifie revoir Guise… »

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Lambert Wilson et le réalisateur, Bertrand Tavernier

Mélanie Thierry est une jolie princesse de conte de fées qui découvre qu’il n’y a que dans les contes, justement, que le prince est bien celui que l’on croit et que finalement, il faut plutôt être un animal politique et d’intrigue qu’un être de passion. Grégoire Leprince-Ringuet ne m’a pas convaincue du tout en Prince de Montpensier, j’ai trouvé son interprétation très fade, dépourvue de sentiments, peu naturelle (ça s’est un peu amélioré dans ses dernières scènes). Gaspard Ulliel est un duc de Guise parfait et retors, et je comprends qu’on l’ait choisi pour jouer Hannibal Lecter dans Hannibal Lecter – Les origines du mal (Hannibal Rising de Peter Webber, qu’il faudra que je vois à l’occasion, bien que pour moi, la meilleure adaptation des romans de Thomas Harris, reste et restera sûrement – attention à ne jamais dire jamais 😉 – Le Silence des Agneaux avec Sir Anthony Hopkins). Enfin, mes deux coups de cœur dans ce film. Le premier, c’est Raphaël Personnaz qui était né pour jouer le duc d’Anjou. Un tel naturel, ça ne s’invente pas : il se montre à la fois prince, manipulateur (ça va de pair), mais aussi grand seigneur. Un homme de cœur qui se cache derrière son titre et qui finalement préfère s’amuser de la vie plutôt que de la souffrir… Et enfin, il y a Lambert Wilson, tout en élégance et en retenue, pour interpréter le Comte François de Chabannes, ce personnage qui n’est semble-t-il qu’un témoin et qui finalement, pour moi tout au moins, et le vrai héros de l’histoire. C’est lui qui symbolise l’intelligence, la conscience et l’amour – le vrai, qui ne manipule pas, qui n’a d’intérêt que celui de l’être aimé… Et je n’en dis pas plus, de peur de vous dévoiler le dénouement. Lambert Wilson est peut-être l’un des monstres sacrés modernes, puisqu’il passe avec bonheur (ou tout au moins avec aisance) de la comédie au drame en costume, du fantastique à l’historique. Le Comte François de Chabannes est un personnage qu’il a su habiter, et qui m’a réellement touchée.

Pour conclure, je vous recommande vraiment ce film, même si comme moi, vous n’aimez pas les histoires d’amour. 😉

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Raphaël Personnaz, dans le rôle du Duc d’Anjou

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La Princesse Marie de Montpensier (Mélanie Thierry) et le Comte de Chabannes (Lambert Wilson).