L’Île aux trente cercueils (1919)

L’Île aux trente cercueils est une de mes aventures favorites d’Arsène Lupin… Paradoxe : il n’est présent que dans les derniers chapitres… 27327_1258713L’action de ce roman se place en 1917, en pleine guerre. Véronique d’Hergemont recherche son père et son fils qui ont pourtant été déclarés morts en 1902 à la suite d’un naufrage. Cependant, la jeune femme est certaine qu’il n’en est rien, et que son père a trouvé le moyen de soustraire le jeune François à son père, le terrible Alexis Vorski. Son enquête la mène sur l’île de Sarek où elle arrive à temps pour être témoin du massacre de la population… par son fils et le précepteur de celui-ci. Véronique se retrouve seule sur l’île, en proie à une menace étrange.  Ainsi, une prophétie ou une malédiction annonce que l’île demandera 30 victimes, 30 cercueils pour ses 30 écueils, donc quatre femmes crucifiées… Véronique sera-t-elle l’une d’entre elle ?

Ce roman est proche du roman gothique : un endroit sinistre, une malédiction, une jeune femme en péril, un monstre sans pitié… Mais il y a aussi le chevalier blanc, qui joue un peu les clowns, soyons honnête ! Dans les 5 dernières chapitre de l’oeuvre, Arsène Lupin arrive, et tel le Deux ex Machina des tragédies antiques, il résout le mystère… Ce n’est pas un spoiler, vous vous doutez bien que Lupin ne peut que sauver la belle Véronique…

En tout bien tout honneur pour une fois ; en effet, Véronique est une figure maternelle, que Lupin se doit de protéger, puisqu’à 4 ans, il était déjà le protecteur de sa propre mère (voir la nouvelle : Le Collier de la Reine).  Toute la première partie du roman, « Véronique », et une grande part de la seconde partie, est un récit haletant. D’autant plus que Véronique est seule face à l’horreur et au surnaturel. Encore une fois (je me répète, je sais !), Maurice Leblanc maîtrise son sujet : on vit (survit ?) avec Véronique, on vit ses angoisses, ses désespoirs, son incompréhension face aux événements. C’est prenant, étouffant, dévorant… et finalement arrive Arsène qui change le drame en comédie, qui récompense les bons et punit les méchants, avec l’aide de Monsieur Tout-va-bien…

Un mot de Tout-va-bien… c’est un chien ! La race canine n’a pas été très représentée dans les aventures d’Arsène Lupin, mais Tout-va-bien a lui seul représente toute sa famille à quatre pattes… Ainsi, comme le Toby de Holmes ou le Bob de Poirot (Témoin muet), Tout-va-bien nous rappelle qu’au final… et bien, tout ira bien ! c’est un réconfort pour Véronique, une aide, un soutien… et Lupin lui accorde (comme Poirot), une intelligence supérieure (à celle de l’homme!) parce qu’il admet que Tout-va-Bien avais comprit avant lui ! C’est un personnage que j’adore (j’en parle même dans mon essai, c’est dire !), et je me demande s’il ne serait pas intéressant d’écrire un article (un livre ?) sur tous ces braves toutous qui ont tant aidé nos héros… Lassie et Rintintin sont loin d’être seuls ! J’ajoute que L’Île aux trente cercueils a été adapté pour la télévision en 1979 avec Claude Jade dans le rôle de Véronique… Je vous en parle bientôt ! Pour lire L’Île aux trente cercueils : ICI Quelques couvertures de  L’Île aux trente cercueils :

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couverture originale du premier épisode

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couverture originale du second épisode

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la couverture la plus récente

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