The Woman in Black… adaptations

woman3The Woman in Black, la dame en noir, peut être considéré comme un classique de l’horreur à l’ancienne ; rien de péjoratif dans le terme, plutôt une éloge.  Une hantise qui fait peur sans nous inonder de sang, que ce soit au théâtre, au cinéma, ou entre les pages du livre. J’ai vu le film à sa sortie, ce qui m’a rendue impatiente de voir l’adaptation théâtrale… Et en sortant du  Fortune Theatre, pour la deuxième fois, je me suis dit que si je devais faire une chronique, il fallait que j’ai connaissance du dernier support, c’est-à-dire le livre à l’origine de la pièce, puis du film. Je viens de terminer le livre (en moins de 48 heures) dans sa version originale, et je suis vraiment heureuse d’avoir ainsi la vision globale du défi que représente l’adaptation de ce récit d’horreur.

Présentation éditeur : Angleterre, début du XXe siècle. Par un mois de novembre froid et brumeux, Arthur Kipps, jeune avoué londonien, est dépêché dans le nord du pays pour assister aux funérailles d’Alice Drablow, 87 ans, puis trier ses papiers en vue d’organiser sa succession. À Crythin Gifford, village où Kipps pose ses valises, les habitants lui battent froid dès qu’il prononce le nom de feue Mme Drablow, unique occupante du Manoir des Marais, demeure isolée, battue par les vents et située sur une presqu’île uniquement accessible à marée basse. Lors de l’inhumation, dans une église quasi déserte, Arthur remarque la présence, un peu en retrait, d’une femme tout de noir vêtue, le visage émacié, comme rongée par une terrible maladie. Il l’aperçoit ensuite dans le cimetière, mais elle s’éclipse avant qu’il ait le temps de lui parler… Cette femme en noir, Arthur la verra de nouveau aux abords du manoir, une fois qu’il s’y sera installé pour commencer son travail. Mais se produisent alors nombre de phénomènes mystérieux qui ébranleront le jeune homme et feront vaciller sa raison… 

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Affiche du Fortune Theatre

Cette histoire, c’est Arthur lui-même qui la couche sur le papier, des années après, puisqu’une veillée de Noël où on le pressait de raconter une histoire de fantôme, a ramené le malaise de cette aventure vécue des décennies plus tôt…  Le cinéma oublie cette narration pour nous faire entrer directement dans l’histoire avec un Arthur Kipps veuf et torturé très bien interprété par Daniel Radcliffe qui nous fera bientôt oublier Harry Potter grâce à des rôles matures et courageux. Le film réussit à faire peur avec des procédés classiques qui n’ont pas perdu leur force. Il a ce parfum, cette ambiance old-fashioned qui n’a pas besoin d’horreur dégoulinante de sang pour faire son effet. woman 2

Les deux adaptations sont fidèles, même s’il y a des différences notables (aucune ne se terminent de la même manière),  mais là où le cinéma peut se permettre des décors grandioses et naturels (les marais qui ont un rôle très important dans l’intrigue), des effets spéciaux élaboré, le théâtre doit biaiser. 

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Les deux acteurs (seuls en scène… si ce n’est…) et la fameuse malle en osier

Ce défi est relevé avec brio par la mise en scène… Le début de l’histoire diffère : Arthur Kipps entre sur scène et anone le début du texte de ses mémoires, il s’y reprend à plusieurs fois, il se coupe… Le public est un peu perplexe, mais amusé. Soudain, un jeune homme entre en scène. Il est le jeune metteur en scène d’un petit théâtre, et Mr. Kipps l’a engagé pour l’aider à raconter sa terrible histoire à la famille… Le jeune homme lui fait entendre qu’une lecture de plusieurs heures n’est pas la solution et lui propose de mettre en scène son manuscrit… Il sera Arthur, jeune, et Arthur sera les autres personnages de la pièce. au début on rit, grâce à ces accessoires, comme une grande malle de voyage en osier qui sert tantôt de table, tantôt de siège, tantôt de voiture à cheval, et doucement on est pris dans le jeu, le rire laisse place à cette bonne vieille illusion théâtrale… On oublie que ce sont deux acteurs (qui interprètent deux acteurs) qui jouent un rôle avec des moyens de fortune… la malle de voyage devient réellement le train, derrière le rideau, c’est réellement la nursery de Eel Marsh House, Spider est bien là avec nous… et quand à la terrible Dame en noir… 

Je ne peux pas tout vous révéler, mais sachez que la mise en scène est vraiment brillante, élaborée, étonnante, et que jusqu’à la dernière seconde, on est étonné, secoué, pris dans le jeu. Si vous avez l’occasion de passer par Londres, c’est honnêtement le spectacle à voir, depuis plus de vingt ans à l’affiche maintenant (1987).

Je conseille chaudement les trois supports, que ce soit sur le papier, face à votre téléviseur ou installé au balcon du Fortune Theatre, la dame en noir fait son effet !