Hunky Dory (2011)

Hunky_Dory_2013_Movie_Poster_2_zhrbf_movieposters101(com)Depuis le temps que je vous parle de ce film… Hunky Dory est une petite merveille de film… Et de surcroit, c’est une histoire vraie…

Eté 1976. Viv, revenue de Londres après des déboires don’t nous ne saurons rien, peut-être sentimentaux. Viv est professeur de theatre et tente d’intéresser ses élèves en mêlant à la representation de la Tempête de Shakespeare des chansons modernes… Ce que les autres professeurs ne voient pas d’un bon oeil.

Viv, c’est Minnie Driver, magnifique en jeune professeur qui se cherche et doit se battre non seulement contre les préjugés des élèves, mais aussi ceux des professeurs plus que réac qui ne voient à ces jeunes aucun avenir… Du côté des élèves, de charmants jeunes acteurs comme George McKay (Sunshine on Leith, Now I live Here) ou Aneurin Barnard don’t j’apprécie particulièrement la voix.

Etant moi-même rescapée de l’Education nationale, j’ai trainé les pieds pour aller voir les boires (nous sommes au Pays de Galles!) et déboires de cette prof moderne et pleine de courage… Heureusement qu’on m’a forcé la main, car si Hunky Dory n’est pas un chef d’oeuvre incommensurable et immortel (mais après tout, il faudrait peut-être redéfinir chef-d’oeuvre incommensurable et immortel), on se sent bien, on épouse le combat de Viv et des autres jeunes profs pleins d’illusions et gentiment déjantés… après tout, ils sont à peine sortis de l’enfance eux-mêmes, et on s’attache à leurs élèves, ces gamins qui sont à quelques semaines de l’entrée officielle dans l’age adulte, et qui ont à la fois des préoccupations d’adulte et d’enfant.

De surcroit, la musique très 70s et l’ambiance fidèle (j’ai des témoins qui se souviennent du Pays de Galles de ces années-là) participe à ce « feel-good » movie qui témoigne d’une époque comme de préoccupations universelles et intemporelles.

Film de Marc Evens avec Minnie Driver, Aneurin Barnard, Robert Pugh etc.

 

The Descendants (2011)

The-Descendants-Wallpaper-01George… l’homme du café !… Cela fait bien des années que j’essaie de ne pas louper ses sorties cinéma… et cependant, The Descendants d’Alexander Payne m’avait fait tourner les talons… L’histoire de cet homme dont la femme est dans le coma après un accident de ski-nautique, et qui apprend le même jour qu’il n’y a plus d’espoir pour elle, qu’il va falloir la débrancher, mais surtout qu’elle l’a trompé pendant des mois (et ce de la bouche de leur fille ainée), cela me semblait être du mélo à haute tendance lacrimal…

Et puis, j’ai vu un extrait de l’Actors Studio, et James Lipton chantait les louanges de Mr. Clooney à propos de ce film… Je me suis dit qu’il fallait écouter James Lipton, et tenter l’aventure…

Synopsis : A Hawaii, la vie d’une famille bascule. Parce que sa femme vient d’être hospitalisée suite à un accident de bateau, Matt King tente maladroitement de se rapprocher de ses deux filles, Scottie, une gamine de dix ans vive et précoce, et Alexandra, une adolescente rebelle de dix-sept ans. Il se demande aussi s’il doit vendre les terres familiales, les dernières plages tropicales vierges des îles, héritées de ses ancêtres hawaiiens. Quand Alexandra lui révèle que sa mère avait une liaison, le monde de Matt vacille. Avec ses deux filles, il part à la recherche de l’amant de sa femme. Durant une semaine essentielle, au fil de rencontres tour à tour drôles, perturbantes et révélatrices, il va finalement prendre conscience que sa principale préoccupation est de reconstruire sa vie et sa famille… (source : Allociné.fr)

The Descendants n’est pas le film auquel on pourrait s’attendre (affreux drame lacrimal, je répète), mais une histoire « ordinaire » d’un home qui vit des heures extraordinaires pour lui, mais seulement pour lui… La vie, la mort… Continuer… souffrir et reprendre le dessus. The descendants mêle également un peu d’écologie à l’intrigue, puisque le pauvre Matt (Clooney) doit décider destin d’une propriété familiale, une plage et une forêt splendide, qui pourrait bien devenir un autre nid de touristes sur la belle Ile d’Hawaii qui en compte déjà bien assez…

Clooney, soutenu par un très bon casting (Shailene Woodley et Amara Miller, qui jouent ses filles sont simplement parfaites), nous montre un type ordinaire (je sais, le mot revient souvent) qui doit reprendre sa vie en main, se rapprocher de ses filles, apprendre à être un père, le tout sans poncif (j’ai été étonné de l’intelligence du scénario qui évite les chutes du Niagara émotives pour vous proposer plutôt de l’intensité) ; un film qui sait faire la part belle à l’humour, malgré la situation.

Un très bon film qui me fait dire qu’il faut toujours écouter Monsieur James Lipton.

Alceste a bicyclette (2013)

AlcesteABicyclette_Poster_70x100.inddSynopsis : Au sommet de sa carrière d’acteur, Serge Tanneur a quitté une fois pour toutes le monde du spectacle. Trop de colère, trop de lassitude. La fatigue d’un métier où tout le monde trahit tout le monde. Désormais, Serge vit en ermite dans une maison délabrée sur l’Île de Ré… Six ans plus tard, Gauthier Valence, un acteur de télévision adulé des foules, abonné aux rôles de héros au grand cœur, débarque sur l’île. Il vient retrouver Serge pour lui proposer de jouer «Le Misanthrope» de Molière. Serge n’est-il pas devenu une pure incarnation du personnage d’Alceste ? Serge refuse tout net et confirme qu’il ne reviendra jamais sur scène. Pourtant, quelque chose en lui ne demande qu’à céder. Il propose à Gauthier de répéter la grande scène 1 de l’Acte 1, entre Philinte et Alceste. Au bout de cinq jours de répétition, il saura s’il a envie de le faire ou non. Les répétitions commencent : les deux acteurs se mesurent et se défient tour à tour, partagés entre le plaisir de jouer ensemble et l’envie brutale d’en découdre. La bienveillance de Gauthier est souvent mise à l’épreuve par le ressentiment de Serge. Autour d’eux, il y a le microcosme de l’Île de Ré, figée dans la morte saison : un agent immobilier, la patronne de l’hôtel local, une italienne divorcée venue vendre une maison. Et l’on peut se prendre à croire que Serge va réellement remonter sur les planches… (source : allocine.fr)

Ma chronique (c’est vrai, c’est bien plus joli que critique, merci à L’Oncle Paul pour la nuance !) sera dithyrambique, mais pas en Alexandrins… N’est pas Molière qui veut !

Alceste à bicyclette, c’est le Misanthrope revisité. Serge vit en Misanthrope sur son île… Seul, désabusé, humilié par un milieu du cinéma et du théâtre auquel il a pourtant tout donné, et plus encore… Quand Gauthier, acteur à succès pour TF1 débarque sur l’île pour lui proposer un rôle théâtral qui lui permettrait de faire glorieusement son comeback, Serge devrait se réjouir , mais Serge n’est pas d’une nature à se réjouir… Alceste à bicyclette est vraiment l’histoire d’un Alceste moderne… Luchini et Wilson portent le film sur leurs épaules… Ils sont seuls la plupart du temps à se déclamer du Molière, un Molière qui permet de dévoiler les failles et les non-dits, les rancunes et les rancœurs de leur vie…

Luchini et Wilson sont tous les deux exceptionnels, dire Molière, c’est un défi. Réussir à le dire en offrant toutes les émotions, toutes les nuances du texte, c’est une merveille. Les voir répéter inlassablement le Misanthrope, donner tout son sens au texte, ce fut un pur plaisir. Il faut des acteurs exceptionnels pour faire vivre un texte comme celui-ci, au milieu d’une intrigue moderne qui le remet au goût du jour… Car, notre époque égocentrique pourrait bien voir naître de nouveaux Misanthropes.

Je retiendrai des scènes exceptionnelles, des acteurs magnifiques. Je savais Lucchini bon acteur (j’ai beaucoup aimé Beaumarchais L’insolent, il y a fort, longtemps), je le sais maintenant grand acteur ! Et bien sûr, Je vous ai déjà dit toute l’admiration que j’ai pour Lambert Wilson, elle est plus que confirmée par une certaine tirade dite avec tant de cœur, de rancune, de violence et de talent. Vraiment messieurs, chapeau bas !

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Philippe Le Guay et Fabrice Luchini dénoncent à tour de bras dans ce film : La médiocrité qui fait loi, l’absence de loyauté, la mégalomanie… Je suis certaine que situer l’intrigue sur l’île de Ré n’est pas non plus innocent… En effet, cette pauvre île est devenue un autre Saint Tropez (du point de vue pécuniaire), simplement parce qu’un politicien s’y est installé il y a quelques années après une déculottée électorale… A quoi tient l’inflation ? Ce film règle aussi des comptes avec le milieu du cinéma (du théâtre, de la télévision), mais il solde surtout les comptes avec la nature humaine. Depuis Molière et son Misanthrope, l’homme n’a pas changé, et au final, Serge le Misanthrope n’est pas meilleur que Gauthier l’acteur arrivé…

 

Film de Philippe Le Guay, coécrit avec Fabrice Luchini. Avec Fabrice Luchini (Serge Tanneur) et Lambert Wilson (Gauthier Valence)… Je m’excuse auprès de l’excellent casting du film, mais pour ce premier visionnage, je n’ai vu qu’eux…