Key the steampunk vampire girl

 

18719012Pour ceux qui connaissent Anne Rice, voice un roman pour enfants écrit par son assistant personnel, Becket. J’ai été charmé par le mélange entre livre pour enfants, steampunk et folklore qu’est l’histoire de Key.

Key est une enfant innocente, élevée à la campagne par des parents tout aussi innocents, au coeur pur. C’est cette bonté et cette innocence qui vont malheureusement sceller leur destin, puisqu’ils invitent un soir, le soir des 9 ans de Key, des voyageurs à entrer chez eux ; ces voyageurs sont un vampire et ses deux serviteurs zombies. Affamés, le vampire attaque Key, mais il est interrompu, et Key devient un vampire… Malheureusement, ses parents ont disparu, vraisemblablement tué par les zombies et les sauveurs de Key n’ont qu’une option, l’emmener dans la cité des mort où la Reine, affreuse mégère, jette Key dans le donjon du Désespoir. Cependant, Key n’est pas abandonné, pas totalement, une sorcière vient à son aide, lui offre un chiot-garou, un fantôme s’occupe d’elle (l’occasion d’aborder la ségrégation), les créatures du donjon se prennent à l’aimer et à l’aider… Il y a quelques choses d’Alice au Pays des merveilles dans cette histoire, un pays des merveilles qui serait celui des monstres, bien plus humains qu’ils n’y paraissent…

Fable sur l’innocence, la douleur, la perte des êtres chers, le passage à l’âge adulte et l’espoir, je recommande cette première aventure de Key aux adultes, et c’est peut-être également un bon moyen de mettre vos chers têtes blondes à l’anglais, d’autant plus que le livre de Becket est illustré de charmants dessins de Raven Queen. Becket a ici une autre façon d’envisager les vampires, miroirs des humains qu’ils ont été, et je suis impatiente de lire la suite des aventures de Key.

Recette d’un gâteau littéraire…

Quel drôle d’exercice me propose Syl de Thé, Lectures et Macarons ? un gâteau littéraire… Je pensais que ça serait compliqué et… oui, ça l’est un peu, mais au final je me suis amusée comme une folle pour écrire cet article… et j’ai été affreusement bavarde !

Donc, je limite mon introduction à ces quelques mots : Bon appétit ! 😉

 

Farine

entretienIl faut un socle solide pour ce gâteau… Vous m’attendez avec l’ami Arsène, j’en suis sûre, cependant, je l’ai disqualifié (pour cause d’implication émotionnelle trop forte, de plus il n’aime pas tellement les gâteaux, il est végétarien… son domaine, c’est les serrures, pas la cuisine…). Donc, nous commenceront avec un autre auteur que je vénère, Anne Rice. Elle a révolutionné le personnage du vampire grâce à son roman Entretien avec un vampire. Donc, c’est ce roman qui sera le socle de mon gâteau et aussi celui d’une toute nouvelle littérature de genre… puisque avec Anne Rice, le vampire devient le héros, il n’est plus le croquemitaine. 

Oeufs

Pour les oeufs, il nous faut une série… une trilogie, même ! Je vous propose les aventures de Lucifer Box par Mark Gatiss (oui, le papa de Sherlock, que j’avais chroniqué l’année dernière). Après tout, dans le métier d’espion, il est bien connu qu’on ne fait pas d’omelette (ou de gâteau, pour le coup), sans casser des oeufs !

Beurre

princePour cet ingrédient, il faut une lecture qui glisse toute seule… Je vais donc encore me tourner vers le roman policier Britannique et vers le délectable Peter Lovesey… Lire un de ces romans, c’est un plaisir délectable est riche ! Je vous avais déjà parler de cette merveille qu’est Le Vicaire persiste et saigne, donc je vais vous proposer un autre titre : Le Prince et les sept cadavres… Où le fils de la reine Victoria, Albert-Edouard, dit Bertie, se retrouve à enquêter sur une série de meurtres… Mais vous pouvez aller découvrir Lovesey les yeux fermés, tous les titres que j’ai pu lire sont aussi jouissifs les uns que les autres !

Sucre

 

importance d'être constantPour ajouter la douceur à notre dessert, je pense qu’il faut choisir un auteur qui savait jouer du doux amer, de l’humour et du cynisme ; sachant se moquer, même de lui-même. Ma pièce préférée d’Oscar Wilde, L’importance d’être constant… doux, sucré, mais quand on y réfléchit, il y a beaucoup à deviner, c’est une saveur subtile, comme le bon dosage du sucre dans un dessert

Levure

leaves of grass walt whitmanTrès important la levure… et je me dis que ce qui fait s’élever l’esprit, c’est la poésie ! Pas besoin d’analyse, mais du ressenti… Voici un poème qui m’a touchée dans sa dureté : Ô capitaine, mon capitaine de Walt Whitman. Je ne l’ai pas découvert dans Le cercle des poètes disparu, je ne savais pas que cela faisait référence à l’assassinat de Lincoln avant de faire des recherches, mais je me suis senti par ce capitaine mort avant d’avoir réalisé ce qu’il a accompli. 

La poésie est pour moi un ressenti, pas un sujet d’analyse. C’est un miroir pour chacun, mais un miroir qu’on conserve. C’est avant tout un miroir pour l’auteur, et j’avoue que je ne suis plus dans la phase de dissection si universitaire, je préfère éprouver qu’analyser.

 

Chocolat

trilogieLe chocolat, c’est l’ingrédient gourmand… la gourmandise pour moi, c’est le texte qui surprend, lecture légère, mais aussi riche, et pour cet ingrédient, je vais vous parler de Pierre Pevel. Certes, un lien avec Lupin, puisque mon gentleman apparaît dans le cycle d’Ambremer, mais je vais choisir les aventures du Chevalier Kantz avec la trilogie de Wielstadt. Uchronie qui se déroule pendant la guerre de 30 ans, c’est brillant, à la fois bien documenté historiquement parlant, mais habité par des monstres réels ou à visage humains et des dragons. Une lecture riche et sombre que je recommande.

Framboises

maloneUn peu de douceur dans ce monde de brutes ! mais une douceur un peu brutale… Les Framboises, nombreuses, ce sont les romans de Craig Rice qui a su faire du Hard-boiled une comédie policière ! avec les aventures de Malone, avocat et enquêteur, il est facile de décorer notre gâteau : au choix, nain au violon (littéralement, dans l’étui du violoncelle), cadavre fugueur, vrai-faux fantôme et autres divertissements…

Pistaches (pour le plaisir coupable)

SN_Night Terror_CVR_27114.inddNight Terror de John Passarella… et finalement non, pas si coupable que ça ce plaisir… Je ne lis pas de fanfics, mais j’aime les novélisations… Au temps de l’adolescence, j’ai lu celles concernant Buffy, plus tard les Torchwood (très bons), mais mes préférées restent les novélisations de Supernatural… et Night Terror est à la hauteur des meilleurs épisodes de la série (peut-être même supérieur, car l’auteur peut se permettre un budget effets spéciaux qui crève le plafond alors que l’équipe de production n’a pas de cagnotte illimitée). J’ai choisi Night Terror, parce que j’adore l’idée de cauchemars devenant réalité (sadique ? mais non), mais tous les Supernatural novels peuvent être ajoutés comme touche finale de ce gâteau littéraire…

la fièvre dans le sang

Voilà, voilà… ma passion pour les vampires me rattrape, même en musique.

J’ai découvert cette chanson il y a peu, et par hasard, mais c’est parfait pour écrire des textes vampiriques… Je vous préparerai un jour la playlist de l’auteur vampirophile… J’associe par exemple Don’t Stop Me Now de Queen à Lestat, le vampire d’Anne Rice… C’est tout à fait sa philosophie !

En attendant que je me penche sérieusement sur la question, Alain Chamfort me semble avoir le droit d’entrer dans la partie francophone de cette liste d’écoute (mmm… le mot est plus joli en anglais 😉 ).

Sympathy for the Devil (1968)

Je suis d’humeur plutôt vampirique en ce moment, pour ne rien vous cacher… Mon écriture me ramène à mes chers suceurs de sang, de même que ce que je glisse dans le lecteur CD… J’ai découvert Sympathy for the Devil à la fin d’Entretien avec un vampire (Neil Jordan, 1994) et j’ai toujours associé cette chanson à Lestat de Lioncourt, la créature d’Anne Rice. Je lui associe aussi Don’t Stop me now de Queen, étrangement me direz-vous, peut-être, mais cette chanson symbolise bien la philosophie de Lestat.

Après avoir vu le film (Entretien avec un vampire pour ceux qui ne suivent pas), j’ai acheté la Bande Originale, très classique mais dans un style requiem qui me plaît beaucoup, au terme de laquelle on trouve Sympathy for the Devil par Guns N’ Roses. Et je n’ai pas cherché plus loin, c’était leur chanson, point à la ligne.

il y a quelques années, c’est une autre chanson qui m’a attiré, Paint in Black, qui m’a poussé à acheter un Best-of des Stones… et qu’est-ce que je découvre… que Sympathy for the Devil est leur bébé (passez-moi l’expression). Cela ne m’empêche pas de préférer la version de Guns N’Roses, mais le plus drôle, c’est que de même, j’avais aimé une reprise de Wild Horses (toujours les mêmes Rolling Stones, en 1969), avant de découvrir la version originale… Depuis, juré, je fais mes recherches 😉

La Version des Guns N’ Roses

La Version originale mais Live des Rolling Stones

Vampires & bayous de Morgane Caussarieu – Masse Critique

vampire  BayousPrésentation de l’éditeur :

Si vous pensez que les vampires sont de vieux aristocrates ringards coincés dans un château des Carpates, vous faites erreur.

Si vous pensez qu’un essai est toujours ennuyeux et assommant, là encore vous vous trompez.

Morgane Caussarieu nous donne sa vision acérée et brillante d’un mythe qui règne en maître sur le fantastique de ces 30 dernières années.

Tour à tour esclavagiste dans les Plantations, soldat confédéré ou marginal sexuellement décadent, le vampire sudiste – popularisé par Entretien avec un vampire d’Anne Rice, repris par Poppy Z.Brite et la serie True Blood – est une créature complexe qui s’amuse à briser les tabous de la puritaine Amérique.

Cet essai qui mélange histoire, gender studies et pop culture offre un voyage fascinant dans le passé traumatisant et sensuel de La Nouvelle-Orléans. Une approche documentée, originale et inédite du vampire écrite dans un style percutant.

Ça va saigner.

Et cette fois, vous êtes prévenus.

Nouvelle figure de proue de la scène fantastique gore avec Dans les veines, l’anti-Twilight, Morgane Caussarieu étudie et dissèque les vampires depuis bien des années, qu’ils se cachent dans la littérature, le cinéma ou la musique.

Préface du grand spécialiste des vampires, Jean Marigny. Postface d’Antoine Technet. Interview d’Anne Rice.

ISBN: 978-2-35408-157-7/ juin 2013/ Grand format/272 pages / 18 €  /Diffusion Harmonia Mundi

Couverture : atelier Octobre Rouge

Je pense vous avoir déjà dit que j’étais tombé dans le chaudron de la sorcière toute petite, et que si Arsène Lupin a une place toute particulière dans mon coeur, les créatures fantastiques – vampires en tête – ne sont pas loin derrière. L’essai de Morgane Caussarieu est ma première intrusion dans le monde de Masse Critique, mais je suis en terrain connu grâce à mes chers suceurs de sang.

Dès la couverture du livre, vous êtes prévenus, nous ne sommes pas dans l’univers policé du comte Dracula (l’était-il tant que ça?), mais dans la lubrique Louisiane d’Anne Rice qui est devenue encore plus sulfureuse depuis que les vampires de True Blood y ont posé leurs valises… pardon… leurs cercueils. Âmes sensibles, s’abstenir, car cet essai met en relation la moiteur du Sud et le caractère très (très, très) sexué des vampires. Ce n’est pas un simple essai littéraire, mais une étude historique et sociologique avec des sources solides. Ainsi, l’auteur ne se limite pas à la description du monde des buveurs de sang, mais le met en parallèle avec le nôtre, montrant bien que le vampire est un reflet de la société. Elle s’appuie sur des sources solides qu’elles soient fictionnelles (Jean Marigny ou Estelle Valls de Gomis, pour ne citer qu’eux quant aux spécialistes des vampires) ou historiques. La Louisiane est ainsi disséquée (saignée ? 😉 ) quant à son passé, la guerre de sécession, l’esclavage et les moeurs étant passés au cribles de l’analyse littéraire. Pour un public averti donc, mais aussi curieux de cette nouvelle vague vampirique bien plus complexe qu’on ne l’imaginerait au premier abord, ce que l’auteur souligne intelligemment.

Le livre se lit avec aisance ; Morgane Caussarieu nous fait la conversation plutôt qu’un cours magistral. Les exemples choisis sont centrés sur Anne Rice (Chroniques des vampires, piliers de ma bibliothèque), Poppy Z. Brite et Charlaine Harris (True Blood), mais quelques incursions se font dans les textes classiques (Margaret Mitchell ou William Faulkner), pour mieux cerner le sujet.

Les illustrations sont nombreuses, leur noir & blanc agréable et old-fashioned (quoique certaines soient vraiment trop sombres, mais ce ne sont que quelques exceptions).

Seul petit bémol, l’auteur nous en dit parfois trop sur certains films ou livres. Certes, J’ai lu ou vu presque toutes les oeuvres qu’elle cite, mais pour le novice… Cependant, je dois avouer (pour avoir commis un essai moi-même), qu’il n’est pas évident d’analyser des textes, même dans leur généralité, sans dévoiler des éléments de l’intrigue…

En conclusion, Vampires & Bayous est un beau livre, parfaitement documenté, écrit avec passion, sur un sujet qui, je crois, n’avait pas encore été abordé de manière spécifique (le vampire Sudiste, pour ceux qui ne suivraient décidément pas!). L’auteur partage sa passion et ses connaissances avec enthousiasme dans un style qui se lit avec aisance.

Je remercie Babelio et les éditions Mnémos pour ce livre qui rejoint ma collection vampirique.

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