Rockula (1990)

RockulaRockula, film de Luca Bercovici, est une petite merveille de série B ! J’avoue, c’est une de mes comédies vampiriques préférées… Imaginez : Des vampires, de l’humour et de la musique ! Je ne pouvais qu’être conquise par ce charmant vampire végétarien à la recherche de son amour perdu 400 ans plus tôt.

Résumé : Ralph, un vampire qui ne mort pas les humains est maudit… Tous les 22 ans, il retrouve l’amour de sa vie, Mona, et tous les 22 ans, elle est tuée la nuit d’Halloween d’un coup d’os de jambon sur la tête. Elle se réincarnera jusqu’à ce que Ralph réussisse à la sauver… Vaste programme ! En 1990, Mona est chanteuse, et Ralph doit donc rapidement intégrer le milieu musical pour se rapprocher d’elle. Une personne se dresse entre eux, l’ex-petit ami de Mona, Stanley, un croque-mort aux dents longues…

Donc, Ralph le gentil vampire (oui, il est adorable… je l’adopte de suite s’il en a assez de Mona !) doit devenir une rockstar locale tout en concoctant un plan pour sauver sa belle, et en essayant de gérer sa mère, possessive avec son fils mais  constamment à la recherche d’un nouveau boyfriend… Si on ajoute l’affreux Stanley, on se dit qu’heureusement que Ralph a une bande d’amis fidèles pour le soutenir et l’aider à monter son groupe, Rockula…

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Ce film est kitchissime à souhait, drôle et musicalement éclectique… Et même si l’histoire vous semble convenues, elle n’est pas dénuée de surprises. Les numéros musicaux s’enchaînent parfaitement, de la balade pop très 80s au rap vampirique parodique… Encore un « feel-good movie » emmené par une bande de doux-dingues (les personnages sont tous complètement barrés, dans le bon sens du terme) qui ravira les amateurs de parodies… Par contre, si vous aimez votre vampire carnassier dans le style du film de John Carpenter, non, ce n’est pas pour vous… Ralph, ce n’est pas un prénom bien sérieux pour un vampire de toute façon (quoiqu’une certaine Sookie trouvait que Bill, ça ne l’était pas non plus ; et soyons honnête, je me sentirais plus en sécurité avec Ralph qu’avec Bill…).

Film de Luca Bercovici, avec Dean Cameron (Ralph LaVie), Tony Basil (Phoebe, la mère de Ralph), Tawny Fere (Mona), Thomas Dolby (Stanley)…

 

 

A la recherche de Dracula – Carnet de voyage de Jonathan Harker

A la recherche de Dracula, carnet de voyage de Jonathan Harker

Dracula… J’avoue que parmi les personnages qui habitent l’oeuvre de Bram Stoker, c’est Jonathan que j’aime le moins… Il n’est pas bien malin, notre clerc de notaire, par trop terre à terre d’abord, et par trop « croyant » par la suite. Il est vrai que la rencontre des trois épouses du seigneur (ou … saigneur ? ) valaque n’a pas du lui faire du bien, moralement parlant. Je l’avoue, dans n’importe quelle adaptation, Jonathan Harker n’a pas mes faveurs (encore moins dans la dernière en date… je suis constante dans mes inimitiés). Cependant, cela n’a pas arrêté ma soif de sang… je veux dire de connaissance, bien au contraire, et l’idée qu’on avait découvert le journal intime de Jonathan Harker dans les archives poussiéreuses de l’université d’Exeter m’a mise toute en joie. 

Cependant, ce journal semble vouloir nous prouver que l’oeuvre de Stoker n’est que fiction, et que Dracula n’est qu’un fantasme… La grande force des vampires est de réussir à nous faire croire qu’ils n’existent pas, et il n’y a guère que Lestat de Lioncourt pour vouloir jouer les rockstars (drama queen!). Ainsi, Bram Stoker qui a rendu un service à Harker lui demande de noter ses impressions lors d’un voyage jusqu’en Transylvanie que le jeune juriste doit faire en lieu et place de son employeur. Le romancier, esclave d’Henry Irving comme Reinfield l’était de Dracula, aura matière à nourrir son oeuvre.

Jonathan va donc nous raconter son voyage… et ses rencontres… L’atmosphère de ce texte est réellement fantastique, au sens premier du terme. Harker est-il cerné par le surnaturel ? Son esprit terre-à-terre est-il mis à mal par l’exotisme slave ? Rêve, réalité, cauchemar… Ce qui me faisait peur en ouvrant ce livre, c’est-à-dire relire une nouvelle version de Dracula qui ne serait que faits déjà narrer par l’auteur original, m’a été épargné. Bien au contraire, si on retrouve les éléments de l’oeuvre de Stoker, ils sont traités différemment. Ce Jonathan Harker n’est pas celui de l’écrivain irlandais, pas tout à fait.

S’ajoute à ce texte que j’ai dévoré à belles dents (de vampire), des illustrations simplement magnifiques. Que ce soient les paysages à l’aquarelle, les portraits ou les photographies et les cartes, ce livre est un bel objet. On a réellement l’impression de tenir entre les mains un journal de voyage, bien documenté (quelques recettes nous sont également offertes, ramenées pour la délicieuse Mina) qui pourrait être celui d’un voyageur de cette époque traversant l’Europe d’Ouest en Est, soulignant bien la différence entre la vieille Angleterre et la superstitieuse Roumanie.

Les auteurs, Françoise-Sylvie Pauly (pour le texte) et Pascal Croci (pour les illustrations), ont réussi l’impensable… Me faire apprécier Jonathan Harker ! (apprécier, pas aimer, il ne faut quand même pas exagérer).

Présentation éditeur : En 1999, le jeune Miles Alastair James effectue un remplacement à la bibliothèque d’Exeter, dans le Devon. Il passe ses journées aux archives, où il a la charge de trier les ouvrages les plus détériorés. Au cours d’une séance de « dépousiérage », il découvre un singulier journal, celui d’un certain Jonathan Harker, lequel inspira l’écrivain Bram Stoker pour l’écriture de son roman Dracula, publié en 1897. La lecture de ce carnet nous plonge au coeur du mythe du vampire ; jour après jour, sans le savoir, Jonathan s’enfonce un peu plus dans les ténèbres…

pour vous procurer le livre sur le site de l’éditeur Le Pré au Clercs :  A la recherche de Dracula, carnet de voyage de Jonathan Harker

Dracula (2013)

dracula4On pourrait se dire que la corde est usée quand on voit le nombre d’adaptations subies par le sulfureux roman de Bram Stoker, Dracula, et pourtant Cole Haddon s’est lancé dans l’aventure avec cette série qui vient de clore sa première saison aux Etats-Unis…

Synopsis : Alexander Grayson, mystérieux milliardaire américain débarque à Londres avec la promesse d’une énergie propre. Cela ne plaît pas du tout aux businessmen locaux qui vivent de l’exploitation du pétrole. Mais, Alexander Grayson est en fait Dracula, libéré de sa tombe par Abraham Van Helsing. Tous deux veulent se venger de l’ordre du Dragon qui a détruit leurs vies, en massacrant la famille de Van Helsing et en faisant de Dracula un vampire…

Alliance contre nature s’il en est ! Van Helsing aidant Dracula à vivre au grand jour… Mais ce n’est pas tout, loin de là. Cette nouvelle version de Dracula a vampirisé le texte de Stoker et modifié les personnages. Ainsi, Jonathan Harker est un jeune journaliste intègre qui va être amené à travailler auprès de Grayson, Mina Murray est fille de médecin et une des premières femmes étudiantes en médecine, Van Helsing est son professeur, et Reinfield est un avocat noir américain… quant à Lucy… non, Lucy (Katie McGrath) est toujours une riche héritière écervelée et un brin manipulatrice… si, elle est amoureuse de Mina (mais ça, Coppola avait ouvert la voie).

dracula 16  2J’espère que cette série va pouvoir déployer ses ailes plus avant (vu l’hémorragie de spectateurs après le premier épisode, c’est incertain), car si elle a démarré doucement, elle modifie assez le mythe tout en lui étant fidèle (j’aime le paradoxe!) pour avoir des développements intéressants dans le futur. Ainsi, Dracula n’est pas ce voïvode hors du temps qui se cache dans une abbaye en ruine mais un homme du monde, du nouveau monde qui formante une vengeance en tapant d’abord là où ça fait mal (le porte-monnaie !).

N’est-ce pas d’une ironie charmante qu’un vampire amène la lumière ?  Dracula n’est plus le croquemitaine hors de l’histoire, le monstre qui se cache. Il est toujours au centre de l’intrigue, des préoccupations de tous. Il se cache en pleine lumière, au coeur de la société. De plus, l’interprétation de Jonathan Rhys Meyer est parfaite. Certes, il est habitué aux rôles ambigus (du Cassandre d’Alexandre au Henry VIII des Tudors), mais il réussit à jouer un personnage tantôt très humain, tantôt dévoré par la rage, tantôt par l’amour. Le personnage est un habile manipulateur, aux actions discutables, mais qui peut également être manipulé. Van Helsing (Thomas Kretschmann) n’est pas le vieux professeur sympathique que nous connaissons, mais un homme apparemment froid, mais dévoré par la haine. Si Grayson retrouve un certain espoir grâce à Mina (Jessica de Gouw), l’image vivante de Ilona l’épouse de Dracula, Van Helsing n’a que sa vengeance. 

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le couple Mina-Jonathan est une bonne surprise. Mina n’est plus la charmante fiancée, mais une jeune femme forte, à la pointe de son époque, puisqu’elle étudie la médecine (pour mémoire, la première femme médecin en Angleterre, Elizabeth Garrett Anderson, fut diplomée en 1870). Même si l’atmosphère victorienne est très bien rendu (un baiser entre Jonathan et Mina à la terrasse d’un café manque faire s’évanouir de consternation une brave mère de famille qui cachent vite les yeux de ses rejetons… j’avoue avoir bien ri, mais c’était une réalité – j’aurais pas mal de chose à dire sur la retranscription de l’époque victorienne dans le feuilleton, mais ce ne serait plus un article, mais un nouveau mémoire de thèse, donc je vais m’abstenir… plus tard, peut-être), le personnage de Mina est une jeune femme moderne, indépendante (le tout est justifié par un père médecin, et l’absence de mère qui a obligé Mina a se débrouiller toute seule), consciente des limites de la société et donc fascinée par Grayson qui représente le futur.

dracula 18Jonathan Harker (Oliver Jackson-Cohen) m’agace toujours autant, mais je dois avouer que les changements dans le personnage sont eux aussi intéressants, et sa relation avec Grayson est particulièrement complexe, puisque le vampire essaie de rapprocher Mina de son fiancé plutôt que de les séparer. Il y a dans Dracula la haine de ce qu’il est, et le désir de redevenir humain, d’avoir une seconde chance.

Etonnement, mon personnage préféré en dehors du cher Dracula (un faible pour les mauvais sujets… On ne se refait pas 😉 ), c’est Reinfield (Nonzo Anozie). Ici, pas d’esclave servile au régime protéiné à base d’insectes, mais un avocat qui se montre parfois plus malin que son maître. Le choix d’un homme noir n’est pas innocent. Car, comme Mina, Reinfield a su s’élever au-dessus de sa condition première, et penser que dans les années 1880-90 un homme noir a pu devenir avocat aux Etats-Unis, il fallait un sacré courage… La relation Reinfield-Dracula est aussi très intéressante, puisqu’il y a une égalité entre eux. Reinfield dit ce qu’il pense, agit parfois contre son maître (mais dans son intérêt), et Dracula est prêt à risquer sa vie pour le protéger. 

dracula 9Quelques personnages originaux servent ce « reboot » du mythe. Les membres de l’ordre du Dragon, les notables londoniens qui chassent le vampire, mais également leurs adversaires commerciaux… Leur richesse vient du pétrole (énergie polluante) alors que Grayson propose une électricité sans fil et non polluante (écologique, et pas chère, un rêve). Dracula est brusquement un bienfaiteur de l’humanité… même s’il passerait rapidement à la phase égorgement s’il se laissait aller. Dans l’ordre du dragon, il y a cependant le personnage du chasseur de vampire, là encore une femme, Lady Jayne Wetherby (Victoria Smurfit), marié parce que l’époque oblige, mais dont le mari n’apparaît même pas (je pense qu’elle le garde dans un donjon quelque part). Lady Jane est aussi un figure de la modernité, et s’il est évident que les créateurs de la série ont ajouté ce personnage par soucis de modernisme, cela permet à Dracula d’appliquer un vieil adage : gardes tes amis proche de toi, tes ennemis encore plus proches. Ainsi, le vampire doit jouer à cache-cache avec ces ennemis, et la société de faux-semblants (soyons honnête, l’époque victorienne était policée aux yeux du monde, mais ce qui se passait dans le secret des alcoves ou les rues sordides de Whitechapel nous monte bien qu’on ne vivait pas l’Utopie de Thomas More) et aussi au coeur de la série. Personne n’est réellement celui ou celle qu’il semble être (à part peut-être Reinfeild et Lucy) et les masques tombent, en laissant espérer une évolution qui s’éloignera de Stoker, et surprendra certainement (en espérant que NBC donne le feu vert à une seconde saison…).

Voici donc une relecture du mythe qui offre des personnages sous un jour nouveau tout en ne les trahissant pas et qui a le mérite d’apporter un peu de sang neuf au monde des vampires qui souffrait ces dernières années d’un affadissement dû à certains contes de fées que je nommerai pas ici. Dracula a du mordant, de l’esprit et de la sensualité, c’est ce qu’on demande à un vampire.

les démons de minuit (1986)

Je continue ma plongée dans ma playlist vampirique avec un titre du groupe Images sorti en 1986. Pas besoin d’explications quant à l’association de ce titre à mes chers vampires… J’ai découvert le clip original en préparant cet article (si tant est que deux lignes… ou trois, peuvent être qualifiées d’article…). C’est d’un kitch délicieux, et en même temps le second degré est irrésistible…

Vampire… vous avez dit Vampire ?

fright night2S’il est un film de vampires que j’ai cherché pendant des années et des années comme le Saint Graal de la fan de suceur de sang, c’est bien Vampire, vous avez dit Vampire ? 2 ! Il faut dire qu’entre les VHS à prix d’or et l’absence de réédition ou de diffusion, ce film fait vraiment l’effet d’être une aiguille dans une meule de foin particulièrement gironde, et pourtant, au détour d’une recherche sur YouTube il y a quelques semaines, j’ai finalement trouvé la perle rare !

Vampire, vous avez dit Vampire ? est un film de 1985 où l’adorable Roddy McDowall (bon ami d’Elizabeth Taylor et grand acteur hollywoodien, même si ce fut beaucoup de seconds rôles)  incarne Peter Vincent, chasseur de vampires de pacotille qui présente une émission de TV consacrée aux vieux films d’horreur, Nuit de Terreur (En Anglais, Fright Night, le titre original du film). Vincent est contacté par le héros du film, Charley Brewster (William Ragdsdale), adolescent bien sous tout rapport, qui est persuadé qu’un vampire vient de s’installer dans la maison voisine… Vincent n’y croit pas, bien sûr, mais le fait est que Jerry Dandridge (Chris Sarandon), le séduisant voisin, est vraiment ce qu’il semble être… aux yeux de Charley.

La force de ce film, c’est son côté parodique. Cependant Tom Holland (au scénario et à la réalisation) ne se moque pas, il détourne avec humour les poncifs du genre pour réaliser un film qui offre son lots de sursaut et de fou-rires. Vampire, vous avez dit vampire ? est une perle du genre. 

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Charley Brewster et Peter Vincent prêts à l’action

Le remake de 2011, Fright Night, avec Craig Gillespie à la réalisation, Anton Yelchin (le Chekov des nouveaux Star Trek) dans le rôle de Charley et Colin Farrell dans celui de Jerry est un honnête divertissement qui a cependant perdu l’âme parodique du premier et vaut surtout pour la performance de David Tennant dans le rôle de Peter Vincent, un Peter Vincent qui n’est plus la caricature de Sherlock Holmes, mais une sorte de magicien gourou du gothique qui, comme le vampire, n’est finalement pas ce que son image digitale veut bien nous faire croire… 

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Roddy MacDowall qui outre les noms de Peter Cushing et Vincent Price a aussi emprunté la cape de Sherlock Holmes

Vampire, vous avez dit Vampire ?  2 , sous la houlette de Tommy Lee Wallace, a vu le jour grâce au succès du premier volet. On retrouve Charley et Peter Vincent (William Ragsdale et Roddy McDowall ; cela aurait été dommage de changer une équipe qui gagne) dans une drôle de situation. Trois ans ont passé (on est en 1988 dans la fiction, comme dans la réalité) et Charley, étudiant maintenant, a suivi une thérapie pour se convaincre que son voisin était un tueur en série et non un suceur de sang… Son psy est satisfait du résultat, mais Peter Vincent demeure toujours convaincu que les vampires existent et est toujours aussi trouillard (instinct de préservation bien compréhensible!).

Bien sûr, on ne découvre plus l’univers du premier film, on sait déjà qu’un vilain vampire va venir perturber le pauvre Charley qui n’aspire pourtant qu’à une vie tranquille en compagnie de sa nouvelle copine, étudiante en psychologie très très sceptique… Exit Jerry Dandridge, c’est une vampira qui va faire tourner en bourrique les chasseurs amateurs !… Le film est drôle, offre quelques sursauts, c’est une suite directe (le titre originale est d’ailleurs Fright Night part 2). J’ai vraiment adoré ce deuxième volet, et j’espère vraiment une réédition des deux films (restaurés ou remasterisés, choisissez le mot que vous préférez) pour pouvoir les installer dans mes étagères, rayon vampires… 

 

et en Anglais : ICI