Lectures d’Octobre

Petite moisson, attendu que j’ai eu beaucoup d’occupations par ailleurs… Il va réellement falloir que j’apprenne à lire en dormant !

the winter witchThe Winter Witch de Paula Brackston

résumé : Morgana, qui ne parle plus depuis la disparition de son père, est mariée par sa mère à un jeune veuf, Cai Jenkins. Il a besoin de ce mariage pour pouvoir assumer la fonction de conducteur de bêtes pour les éleveurs de son village. Morgana souffre d’être ainsi « vendue », mais elle va découvrir que Cai l’aime, et devoir lutter pour construire son bonheur, car toute sorcière qu’elle soit, elle va rencontrer la haine, l’incompréhension, et la magie noire.

Livre prêté par un ami pendant mon séjour gallois (à vrai dire, il l’a acheté alors que nous nous baladions au fil des librairies – vous n’êtes pas surpris! – et je l’ai lu la première… Kidnapping autorisé, parce qu’il ne sait pas me dire non!) . Que dire de ce roman ? Une merveille qui se déroule… au Pays de Galles !

Le livre est classé entre fantastique est « romance » (pas mon style du tout, pour le second genre !), mais c’est surtout l’histoire d’une jeune femme différente, qui doit lutter pour être accepter, lutter pour s’accepter elle-même, pour comprendre ce qu’elle est (une sorcière, certes, mais une bonne sorcière). L’auteur a eu la bonne idée d’écrire selon deux focalisations différentes : parfois, nous sommes dans les pensées de Morgana, qui nous parle à la première personne; le reste du temps, c’est l’auteur qui est au commande, soulignant les émotions de Cai, l’incompréhension, l’affection… Certes, c’est l’histoire de ces deux personnes qui se découvre, mais c’est aussi une enquête fantastique avec une question : Qui en veut à Morgana ?

c’est également un livre historique, puisqu’il témoigne de la période révolue où on amenait les bêtes à la ville, venant des campagnes, risquant beaucoup (le climat, les brigands), pour pouvoir vivre une saison de plus, travailler, vivre… J’ai eu le plaisir de découvrir quelques mots de gallois (mon vocabulaire s’élève maintenant à une douzaine de mots 🙂 ), ainsi que la vie campagnarde et rude de l’époque.

Certes, ce livre ne renouvelle pas le genre, mais on s’attache à Cai et Morgana, et j’avais réellement envie de savoir comment les choses allaient se conclure. J’espère qu’il sera traduit en français pour les malheureuses anglophobes 😉

Deuxième lecture, encore en anglais, et dans mon domaine de recherche :

The Penguin Book of Gaslight Crimepenguin

Autrement dit, « Le livre des crimes éclairés au gaz » chez l’énorme éditeur Penguin. Un recueil de nouvelles mettant en scène une joli brochette de gentlemen-cambrioleurs (ainsi qu’une lady), choisies et présentés par Michael Sims.

Et oui, Arsène Lupin n’est pas le seul cambrioleur magnifique de la littérature, je l’ai déjà expliqué dans Arsène Lupin et Cie. Ici, Michael Sims vous présente des escrocs de la parentèle du bel Arsène avec passion et curiosité. Chaque nouvelle est précédée d’un article sur l’auteur, son oeuvre et la nouvelle elle-même. Si elles ne sont pas du même niveaux, toutes ces histoires m’ont fait passer un bon moment, j’en avais déjà croisé quelques-uns  comme le facétieux colonel Clay de Grant Allen (1848-1899), Simon Carne de Guy Boothby et bien sûr l’ami Raffles d’Ernest Hornung, beau-frère de Conan Doyle. 

Je vous en parlerai plus en détail bientôt, je pense, histoire de faire une petite plongée dans le monde des prédécesseurs et continuateurs du cher Arsène…

Ensuite, j’ai réussi à mettre la main sur la suite des mémoires de Monsieur Brialy (sur amazon.co.uk … allez comprendre !).

j'ai oublié de vous direJ‘ai oublié de vous dire de Jean-Claude Brialy

Oui, le regretté Jean-Claude Brialy avait encore des choses à nous dire, et j’avoue l’avoir retrouvé avec plaisir. J’ai l’impression de plonger avec lui dans un monde magique, un monde artistique qui a maintenant disparu, et je suis triste d’avoir refermé cette seconde autobiographie, car il n’y en aura pas d’autre…

Le Ruisseau des singes m’avait passionné, J’ai oublié de vous dire à fait de même, d’autant plus que Monsieur Brialy m’a parlé aussi de ses amis Cocteau et Marais que j’affectionne tant…

Le dernier livre lu ce mois-ci, c’est bien sûr Vampires et Bayous de Morgane Caussarieu, dans le cadre de Masse Critique de Babelio, je vous renvoie donc à ma chronique détaillée.

Que nous réserve le mois qui commence ? aucune idée… Je vais explorer mes étagères, peut-être à la recherche de livres qui prennent la poussière depuis trop longtemps… ou céder aux sirènes des derniers achats en date !

en attendant, bonne lecture !

Le Mystère du Train d’or d’Edgar Wallace

KatePlusTenLes gentlemen-cambrioleurs, c’est une chose, mais qu’en est-il des dames ?

Ne croyez pas qu’il n’y a pas de lady-cambrioleuse dans l’histoire de la littérature policière ! Bien avant le « girl power », les filles ne se laissaient pas faire!

Voici donc un roman qui met en scène la jolie Katherine Westhanger qui n’a que vingt ans, mais c’est un cerveau criminel hors-pair. Formée par son grand-père à la stratégie, il lui suffit de choisir un objectif, elle l’attendra, sans faire d’erreur ni faux pas. Quant à sa bande, habitant « Crime Street », ils ont tous tâté de la prison et préfèrent obéir à cette gamine plutôt que de retourner dans les geôles anglaises.

Cependant, un charmant policier est aux trousses de la demoiselle…

« Le mystère du Train d’or » est un joli roman, bien écrit, bien construit, qui se dévore. Ecrit en 1917, il a le charme de la Belle-Epoque. Web-Kate-Plus-TenDéjà les filles s’émancipent, et Wallace est de leur côté dans ce roman. J’ai adoré Kate qui est tout à fait dans l’air du temps (Agatha Christie, pour ne citer qu’elle, n’aurait pas renié un tel personnage), et très attachante. C’est avant tout un cerveau qui vit pour la passion de faire tourner les rouages de ses petites cellules grises. Ce n’est pas l’argent qui l’intéresse, mais le brio – et elle en a à revendre! Si l’histoire est par ailleurs de facture classique, les personnages principaux sont bien construits et l’aventure annexe de Lady Mora et du peintre très amusante.

Wallace dénonce aussi, bien avant l’heure il me semble, les différences entre hommes et femmes. Il souligne qu’il est bien plus facile pour l’homme d’évoluer dans une carrière, et que l’on attend qu’une seule chose d’une jolie fille, qu’elle se marie! et Lady Mora, comme la jolie Kate qui donne son nom au roman en version originale, n’ont pas l’intention de céder aux exigences de la société.

Un beau vol, de jolis personnages, une écriture soignée et enlevée… Mr Wallace, merci !iwallar001p1

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