Arsène Lupin, couvertures étrangères : Japon

Je l’ai constaté au temps (déjà lointain !) de mon doctorat, L’ami Arsène est populaire partout ! Ainsi, des étudiants Japonais étaient « transportés » à l’énoncé de mon sujet de thèse, et j’ai pu noter que sur la page Facebook que j’ai dédié à mes écrits, le monde entier est représenté.

Donc, j’ai eu envie de faire un petit tour du globe des couvertures de romans mettant en scène le gentleman-cambrioleur… Et il y en a des superbes !

Voyons l’idée que se fait le pays du soleil levant de l’univers de Lupin, le Japon est  tellement friand d’Arsène Lupin qu’il en a fait des manga…

classique, mais très joli

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Fantômes et samouraïs d’Okamoto Kido

514TEZDQEHL._SY344_BO1,204,203,200_Présentation éditeur : Un jeune journaliste très curieux du siècle passé et de ses histoires de fantômes interroge le vieil Hanshichi, qui lui raconte quelques-uns de ses exploits de détective dans le Japon du XIXe siècle. A l’âge de dix-neuf ans, il se distingue pour la première fois dans l’affaire de la Lanterne de pierre, où il peaufine sa méthode de déduction à la manière de Sherlock Holmes. Beaucoup d’autres mystères suivront, tous élucidés avec le brio et la bonhomie qui le caractérisent. Mais Hanshichi ne se contente pas de raconter ces histoires de maison de samouraï hantée, de voleur de kimono, d’incendie, de meurtre, d’esprit vengeur, d’amours clandestines, de moine bouddhiste corrompu. Il y ajoute force détails sur la vie dans le Japon traditionnel, les croyances, les saisons, les façons de s’habiller, et sur une foule de personnages aux petits métiers divers et variés. A la fin de ces quatorze énigmes, le lecteur connaît une bonne partie des coutumes de l’époque et s’est pris d’affection pour cet enquêteur tellement doué et sympathique.

Hanshichi est un sacré enquêteur, il faut le dire… Il rivalise avec son modèle brittanique, le Grand Sherlock Holmes… Cependant, ce livre n’est pas totalement à la hauteur de mes attentes… Hanshichi est parfois trop malin à mon goût et les indices sont tellement ténus que je me demande bien comment il peut trouver son home (ou sa femme, ne soyons pas mysogyne, il y a des assassins dans les deux camps), au milieu de la fourmillière humaine qu’est Edo, avec une simple emprunte de pied dans la mousse d’une fontaine… Il aurait remis la main sur Cendrillon en moins de deux, ce brilliant détective.

Oui, je trouve Hanshichi un peu trop malin, car la plupart de ses aventures n’offrent pas aux lecteurs les moyens d’utiliser leurs petits cellules grises, ou le bon bout de la raison… D’autant plus, que si on nous annonce des fantômes dans la présentation éditeur, il n’y en a pas tant que cela dans ce premier volumes des aventures d’Hanshichi… Ce sont bien les humains les criminels, les esprits sont au-dessus de cela.

Quoiqu’il en soit, ce recueil de nouvelles est d’une lecture agréable, on suit avec plaisir les enquêtes, d’autant plus qu’on est plongé dans le Japon du dix-neuvième siècle, juste avant son ouverture à l’Occident. Ainsi, on découvre des us et coutumes sans que cela paraisse lourd, on visite un monde révolu, mais pas dénué de poésie, et certainement pas d’exotisme.

Okamoto était un grand admirateur de Sherlock Holmes, et cela se sent dans les enquêtes de Hanshichi, tant dans leur style que dans le choix de la narration, puisque le policier retraité raconte ses faits d’arme à  un jeune homme devenu son confident. La nouvelle « La Dame de Compagnie » est une réécriture plus que limpide d’une aventure de Sherlock Holmes, je ne vous dis pas laquelle, mais au bout de quelques paragraphes, vous devinerez aisèment.

Dernier point, la traduction, qui me laisse perplexe, mais ne parlant pas Japonais… Cependant, je tiens quand même à souligner que je suis gênée par un parler très moderne alors que le recueil date de la fin du dix-neuvième siècle, de plus les Japonais sont un peuple extrêmement à cheval sur l’étique et l’étiquette, et certaines tournures de phrases comme « mec » ou « mon vieux » me laissent songeuse, mais je me fais peut-être des illusions… Dans les rues d’Edo, on ne devait pas parler le même Japonais qu’à la cour du Shôgun…

En conclusion, une lecture plaisante, mais qui pour moi ne vaut pas le grand, l’unique Sherlock Holmes (Arsène va encore m’en vouloir sur ce coup-là…).

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les mystères de Yoshiwara de Matsui Kesako – Challenge écrivains japonais

 

Me voici lancée dans un challenge qui ne me ressemble pas vraiment… Ecrivains japonais ? … Ce n’est pas quelque chose qu’on trouve beaucoup sur mon blog ! Pourtant… (c’est ici que je vous raconte ma vie…), l’année dernière, un ami m’a fait découvrir (je devrais plutôt forcé à lire…) Mémoires d’une Geisha ; et contre toute attente, j’ai vraiment apprécié ce voyage dans un univers de faux-semblants si codifiés… Et brusquement, l’auteur en moi eut envie d’en savoir plus sur les Geisha, sur le Japon du 19ème siècle… Je me suis ainsi penchée sur Geisha de Lesley Downer, sur The Tale of Murasaki de Liza Dalby, sur The Great Wave de Christopher Benfey … Geisha de Gion est en attente sur mes étagères et j’en passe…

Je peux même vous dire que le squelette de mon futur roman est plus ou moins terminé et que quelques pages sont déjà écrites… Voilà comment fonctionne un auteur (parfois), il suffit d’un univers pour donner envie de créer le sien… un univers qui sera cependant bien different, même si je fais attention à la réalité historique… Mais j’arrête là le teasing, et j’en reviens au challenge propose par Adalana. Le but est de lire un à 8 livres (ou plus) sur un an. J’ai choisi la catégorie facile… 1 livre, Ronin, mais il faut dire que dans ma petite tête de piaf, j’avais compris un mois… parfois, mon cerveau me joue des tours comme cela…. Ca m’étonnerai que je passe à la catégorie Shogun (8 et plus), mais j’évoluerai peut-être au cours de l’année.

Pour en savoir plus sur le challenge, allez voir le Billet de présentation d’Adalana ainsi que la Liste des participants.

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Et maintenant, je vais vous parler du livre que je viens de terminer.

Les Mystères de Yoshiwara de Matsui Kesako.

1453078-gfPrésentation éditeur : Avec ce roman, nous pénétrons de plain-pied dans le monde fascinant de Yoshiwara, le plus grand quartier des plaisirs de la ville d’Edo, aux règles complexes et raffinées, et aux secrets bien gardés. La grande Katsuragi, l’une des courtisanes les plus prisées de Yoshiwara, a disparu. L’un après l’autre, tenanciers de maisons closes, domestiques, amuseurs, geishas, entremetteuses, viennent répondre aux interrogatoires. Et chacun en profite pour se lancer dans des digressions cocasses, nostalgiques ou cyniques, qui donnent une image très vivante de ce qui fait son quotidien. A travers ces histoires drolatiques, tragiques ou émouvantes, à travers ces confessions truculentes, enthousiastes ou désabusées mais toujours pleines de verve, on voit revivre tout le petit peuple de Yoshiwara, avec ses lois, ses usages, ses rites, et ses savoureux mystères.

C’est un roman que j’ai découvert il y a quelques mois pendant mes recherches ne parlent pas de geisha, mais de courtisanes… Cependant, c’est un monde tout aussi codifié, tout aussi fascinant. Le roman est un long dialogue où l’on entend qu’une voix, ou plutôt une multitude de voix qui forment celle du quartier des plaisirs d’Edo, Yoshiwara.

Un jeune homme enquête sur un étrange affaire, une affair que le lecteur découvre au fur et à mesure de rencontre provoquées par le jeune homme. L’étrangeté du roman vient aussi du fait que nous n’entendons jamais qu’une seule voix à la fois, la voix d’un acteur du quartier de Yoshiwara… portier, entremetteuse, patron de maison close… Jamais nous ne connaissons les questions… Le texte est un faux monologue, une conversation tronquée qui, au travers de l’existence d’une courtisane, nous raconte la vie, les coutumes, les vérités et les mensonges d’un quartier qui ne ressemble à aucun autre, et pour cause…

Une fois rentrée dans le texte, j’ai vraiment été passionnée . C’est différent dans l’écriture (et je sais qu’Adalana n’a pas particulièrement apprécié cette écriture orale… je ne suis pas fan d’ordinaire… mais là je fais une exception), et cette écriture rend  le roman intéressant. On découvre un monde à travers les yeux de ceux qui en font partie. Ils sont plus ou moins honnêtes, plus ou moins méprisables, plus ou moins à plaindre… L’auteur ne juge pas, elle montre une réalité qui n’avait pour l’époque rien de choquant…

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Le Château de Cagliostro

chateau Me voici en terre inconnue… le Manga (enfin je suppose, personnellement, j’appelle cela un dessin animé… mais passons).

Résumé: Derrière les murs épais du château de Cagliostro et ses défenses ultra modernes réputées infranchissables, le mystérieux Comte des lieux et faussaire de légende retient prisonnière la jeune princesse Clarisse, pour en faire prochainement son épouse. Cruel et cupide, le comte désire découvrir grâce à elle, le secret de l’ancestral trésor des Cagliostro. Une occasion en or pour Edgar, le roi des gentlemen cambrioleurs, qui compte bien mettre la main sur les précieux biens du Comte et voler au passage le coeur de la belle princesse…

Depuis longtemps maintenant, j’entends parler de Lupin III alias Edgar de la Cambriole, petit-fils d’Arsène Lupin. Tombée nez-à-nez (ou plutôt, nez-à-jacquette) avec le DVD du film de Hayao Miyazaki, Le Château de Cagliostro, je me suis dit que l’occasion de découvrir ce personnage m’était enfin donnée… Mais, ceux qui me suivent sur Facebook savent que cela fait quelques mois maintenant que j’ai acheté ce DVD et que pourtant, point de chronique. J’avoue avoir été timide et l’avoir observé un long moment (au cas où il sauterait tout seul de sa boîte dans le tiroir du lecteur…). Je plaisante, mais j’avoue ressentir des craintes face aux adaptations, j’ai déjà été déçue et j’ai toujours peur qu’on « abîme » mon personnage préféré.

Je vais être honnête, Le Château de Cagliostro est un gentil divertissement, mais je ne trouve pas chez Edgar le charme et le charisme de grand-papa… Le personnage est divertissant, l’intrigue est bien ficelé quoique simple – puisqu’Edgar, séducteur impénitent (c’est dans les gênes), vole au secours d’une belle en détresse tout en mettant des bâtons dans les roues à un triste sire, comte de son état. J’avoue que la mention du nom Cagliostro me faisait espérer un rappel de l’envoûtante comtesse, mais non, à part la bonne vieille prophétie venue du fond des âges, rien ne rappelle le personnage ou son illustre modèle (le vrai Comte de Cagliostro qui avait peut-être trouvé le secret de l’éternel jeunesse), si ce n’est le nom du méchant qui n’a pas la finesse de la belle Joséphine.

Le décor rappelle les contes de fée (j’aime beaucoup les châteaux improbables) et l’histoire se suit avec plaisir. Les personnages me semblent un peu caricaturaux, mais je ne pense pas que le dessin animé « fouille » vraiment les caractères. Certes, Edgar est un cambrioleur au grand coeur, mais ce n’est pas vraiment Lupin…

Une déception, mais cependant pas un mauvais film. si j’ai l’occasion de voir des épisodes de la série, je tenterai l’aventure.

Maurice Leblanc, Arsène Lupin, et le Japon !

En feuilletant mes vieux numéros de 813, j’ai redécouvert que l’ami Lupin était déjà célèbre au Pays du Soleil Levant du vivant de Leblanc… Et oui, il n’y a pas de fumée sans feu, et Lupin III ne serait pas un tel phénomène si son illustre prédécesseur n’avait pas été un succès de librairie au Pays des Manga !

Je partage avec vous la lettre de Maurice Leblanc a son traducteur japonais, extraite du numéro anniversaire des 100 ans d’Arsène Lupin.

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