No shit Sherlock

Vous vous demandez d’où vient l’expression ? Non, non, pas de la célèbre scène de Buckingham palace !

 Attention, ca va vite !

Vous devinez de quel film il s’agit ? (réponse dans 48h … A moins que vous ne trouviez avant ! Attention, je veux de la précision !)

Le Club des Monstres (1980)

le-club-des-monstres-film-3400Nous sommes en 1980, et alors que Jason, Mike Myers et Leatherface font leurs offices à grands coups d’hémoglobine, un petit film d’horreur traditionnel et au budget minuscule fait son entrée en salle… Certes, certes, les masques des monstres ont été acheté dans une boutique de farces et attrapes en dépôt de bilan, cependant, ce film a été pour moi une découverte et fait partie des films d’horreurs que j’emmènerai sur une île déserte, ou plutôt dans un château des Carpates (restons dans l’ambiance).

Le Club des monstres  (réalisé par Roy Ward Baker) doit se voir comme un petit joyaux, dépourvu ni d’humour, ni d’humour noir et encore moins de frisson. Ainsi, rencontrons Eramus, vampire assoiffé mais n’ayant pas perdu ses bonnes manières, qui se désaltère au cou d’un écrivain d’horreur, et l’invite (pour se faire pardonner, et un peu mousser, soyons honnête) à son club… So British ! mais, voilà, ce club est un club des monstres… Eramus va donc offrir à R. Chetwynd-Hayes quelques divertissements à sa mesure.

photo-Le-Club-des-monstres-The-Monster-Club-1980-1

le secrétaire du club, l’écrivain (John Carradine) et Eramus le vampire (Vincent Price)

Film à sketchs (bien que j’ai du mal avec le terme, qui me rappelle plutôt la comédie que l’horreur, mais bon…), le Club des monstres offrent 3 histoires d’horreurs entrecoupées par le bavardage d’Eramus et de l’écrivain et de très bons numéros musicaux (pas très bien filmé cependant pour l’hilarant Sucker for your Love ; quelqu’un a dû oublier de mettre des bandes dans la caméra… c’est arrivé avec les meilleurs, je pense à un concert de Queen…).

Les trois contes d’Eramus ont chacun leur tonalité : Le Shadmock (James Laurenson, acteur shakespearien) est une bien triste créature qui n’a qu’un seul pouvoir, siffler… Seul dans son château avec ses trésors, il cherche l’amour, ou tout au moins à ne plus être seul, la jeune femme qui répond à son annonce pour l’aider à cataloguer ses trésors pourraient être la solution… ou pas. Cette histoire est bien mélancolique, et au final, qui sont vraiment les monstres ?…

les Vampires : un petit garçon pas très heureux à l’école se demande ce que son papa fait dans la vie. Il travaille la nuit, dort toute la journée et lui à dit de faire très attention aux hommes avec des étuis à violon (Donald Pleasence, le célèbre docteur Loomis de la série de film Halloween, joue ici les chasseurs de vampires). Sans vous dévoiler la chute de cette histoire, elle est bien plus légère que la précédente. C’est presque un épisode de Fais moi peur.

les ghoules est un récit classique puisque un personnage (pas très sympathique  réalisateur de films d’horreur) se retrouve au milieu de nulle part dans un village qui semble figé des siècles dans le passé et peuplé de créatures effrayantes à l’exception de l’innocente Luna… 

Trois histoires « édifiantes » d’après Eramus (et je suis assez d’accord avec lui), qui sont contrebalancés par des moments festifs, les intermèdes musicaux : Les chansons entendues dans le Club sont Monster Rule O.K. par The Viewers, Sucker for your love par B. A. RobertsonThe Stripper par Stevie Vann et son groupe Night, et Monster Club par The Pretty Things,  25 Per cent par UB 40 mais le groupe n’apparaît pas dans le film.  Les musiques additionnelles sont de John Williams, excusez du peu ! Mon coeur balance entre Sucker for you love, le texte est à mourir de rire et Stripper, la chanteuse est exceptionnelle et la stripteaseuse n’est peut-être pas la plus douée qui soit, mais en tout cas, elle est la plus originale que j’ai vu (je soupçonne d’ailleurs Robbie Williams d’avoir vu ce film…).

La conclusion du film est sans prix, de mon point de vue. Je ne vous dévoile rien, mais le discours d’Erasmus m’a toujours semblé frappé au coin du bon sens, et l’humour est bien là. Ce film malgré ses moyens limités est une perle du genre à conserver et à apprécier à sa juste valeur. Oubliez les masques en caoutchouc et réfléchissez à la philosophie de ces monstres… tous en vous trémoussant sur l’hymne du club… auquel j’adhère de suite 😉 .

The_Monster_Club

Le Père Denoël est-il une ordure ? de Gordon Zola

denoel1Passez une journée sur un salon du livre aux côtés de Gordon Zola est une expérience inoubliable. L’homme est à l’image de ses livres, drôle et jamais avare de bons mots. J’ai donc eu très envie de le lire, et mon voyage à Paris m’a permis d’aller le saluer rue Daguerre, dans l’antre du Léopard, et de me faire dédicacer quelques-uns de ses ouvrages, dont Le Père Denoël est-il une ordure ?

Avant Gordon Zola, je ne savais même pas que Robert Denoël avait été assassiné; l’éditeur n’était pour moi qu’un nom sur une couverture.  J’étais donc très curieuse de ce roman, plus du point du vue historique, et je ne m’attendais pas à un tel plaisir de lecture indépendamment de ce roman-enquête sur la fin violente de l’éditeur le 2 décembre 1945. Car, Si Gordon Zola revendique un genre nommé le « poilar » (polar poilant), il a aussi la plume acérée comme un coup de griffe. Le livre est drôle, les jeux de mots sont légions, mais l’épuration est aussi montrée dans toute son horreur. L’auteur ne se voile pas la face et nous dévoile les vilains dessous de la libération ; résistant de la dernière heure (voire de celle d’après) et hypocrites en tout genre en prennent pour leur grade.

Présentation éditeur : L’éditeur de Louis-Ferdinand Céline assassiné dans des conditions aussi mystérieuses que rocambolesques ! Maître Lucien Bonplaisir, avocat de l’édition et directeur de l’association « SOS femmes tondues » se voit plonger dans les méandres d’une affaire terrible… dans laquelle les criminels courent encore (c’est une image) ! Un grand éditeur, fleuron des lettres françaises, tué, pillé, spolié, oublié…
Ne tombons pas en panne de décence ! CHERCHONS LA VÉRITÉ ! 

Il est important de souligner que près de 70 ans après les faits, la lumière n’a pas été faite sur ce crime, que les zones d’ombres s’apparentent à des tunnels et qu’il est bien possible qu’on ne sache jamais, quoique je pense que Gordon Zola n’est pas loin de la vérité (ce qui serait un comble pour une fiction… mais comme disait Oscar Wilde, « la vie imite l’art »… Donc…).

Quoiqu’il en soit, Gordon Zola secoue le cocotier de cette vilaine période que fut l’épuration, qui n’est pas à la gloire de la nation libérée, tout en divertissant son lecteur. Il réussit le difficile exercice de faire un portrait fidèle d’une période trouble, qui montre bien que la nature humaine n’est pas à l’image de ce que Monsieur Rousseau nous déclarait dans l’Emile (elle est loin d’être naturellement bonne, je pense plutôt que les « bons » sauvages sont toujours cannibales), tout en faisant rire. Il appuie là où ça fait mal, mais cela se fait avec légèreté, force jeux de mots ; un humour incisif.

En résumé, si vous savez déjà que le milieu de l’édition est une jungle et l’humanité un drôle de zoo, vous en aurez une nouvelle preuve. Si vous ne le saviez pas, venez le découvrir, ça ne vous empêchera pas de rire. Rire intelligent, c’est quand même mieux, non ?

léopard-logo

Pour vous procurer ce livre, et bien d’autres, cliquez sur le léopard.

« Au bal des hypocrites, l’affaire Denoël a fait danser beaucoup de monde »

Lucien Bonplaisir