Jean Marais et les navets

7 hommes et une garce 1

Et oui, même les grands acteurs ont commis des erreurs et se sont retrouvés dans des films qu’il faudrait mieux oublier de joindre à leur filmographie (je peux même vous citer quelques acteurs américains… mais ce n’est ni le lieu, ni le moment). Ainsi, à Noël, j’ai acheté le DVD de 7 hommes et une garce… vous me direz, rien qu’au titre, j’aurais dû me méfier ! Mais je me suis dit, Jeannot, Guy Bedos encore gamin (je ne l’ai jamais vu si jeune), un film d’action… et au résumé, le titre est mal choisi, c’est plus une peste qu’une garce… à noter que si je comprends bien le titre original… La primula rosa… il n’est pas question de garce, mais de primevère… quoique si on reprend le titre originale de la pièce de Shakespeare La Mégère apprivoisée (The Taming of the Shrew ; shrew veut dire musaraigne), on en arrive avec un mignon petit rongeur… mais je m’égare dans des considérations dont je sais parfaitement qu’elles n’ont pas grande logique, et dont je n’aurais jamais le fin mot !

Quant au film c’en est une sacrée ! Si vous voyez ce que je veux dire 😉

résumé : Dorgeval (Jean Marais) et Duprat (Sydney Chaplin), capitaines d’une armée de Bonaparte, arrivent en Italie en conquérants. Ils trouvent sur leur route Carlotta (Marilù Tolo), une ravissante comtesse italienne qui s’ennuie à mourir et qui se réjouit de l’arrivée des Français. Mais ceux-ci n’ont pas exactement le comportement romantique qu’elle attendait. Ils sont bientôt rejoints par cinq autres soldats français égarés. Entre lignes françaises et autrichiennes, la belle jeune femme et les sept hommes vont se livrer à une bataille incessante et frivole. Film franco-italiano-roumain de Bernard Borderie (1967) 

C’est regardable… quand on a vraiment rien à faire… C’est un film d’action tourné en Italie comme il y en eut des dizaines (centaines ?) dans les années 60 et 70… le scénario n’est pas bien épais… Certains gags font mouche, mais globalement, je me suis beaucoup ennuyée !… 

 

Alceste a bicyclette (2013)

AlcesteABicyclette_Poster_70x100.inddSynopsis : Au sommet de sa carrière d’acteur, Serge Tanneur a quitté une fois pour toutes le monde du spectacle. Trop de colère, trop de lassitude. La fatigue d’un métier où tout le monde trahit tout le monde. Désormais, Serge vit en ermite dans une maison délabrée sur l’Île de Ré… Six ans plus tard, Gauthier Valence, un acteur de télévision adulé des foules, abonné aux rôles de héros au grand cœur, débarque sur l’île. Il vient retrouver Serge pour lui proposer de jouer «Le Misanthrope» de Molière. Serge n’est-il pas devenu une pure incarnation du personnage d’Alceste ? Serge refuse tout net et confirme qu’il ne reviendra jamais sur scène. Pourtant, quelque chose en lui ne demande qu’à céder. Il propose à Gauthier de répéter la grande scène 1 de l’Acte 1, entre Philinte et Alceste. Au bout de cinq jours de répétition, il saura s’il a envie de le faire ou non. Les répétitions commencent : les deux acteurs se mesurent et se défient tour à tour, partagés entre le plaisir de jouer ensemble et l’envie brutale d’en découdre. La bienveillance de Gauthier est souvent mise à l’épreuve par le ressentiment de Serge. Autour d’eux, il y a le microcosme de l’Île de Ré, figée dans la morte saison : un agent immobilier, la patronne de l’hôtel local, une italienne divorcée venue vendre une maison. Et l’on peut se prendre à croire que Serge va réellement remonter sur les planches… (source : allocine.fr)

Ma chronique (c’est vrai, c’est bien plus joli que critique, merci à L’Oncle Paul pour la nuance !) sera dithyrambique, mais pas en Alexandrins… N’est pas Molière qui veut !

Alceste à bicyclette, c’est le Misanthrope revisité. Serge vit en Misanthrope sur son île… Seul, désabusé, humilié par un milieu du cinéma et du théâtre auquel il a pourtant tout donné, et plus encore… Quand Gauthier, acteur à succès pour TF1 débarque sur l’île pour lui proposer un rôle théâtral qui lui permettrait de faire glorieusement son comeback, Serge devrait se réjouir , mais Serge n’est pas d’une nature à se réjouir… Alceste à bicyclette est vraiment l’histoire d’un Alceste moderne… Luchini et Wilson portent le film sur leurs épaules… Ils sont seuls la plupart du temps à se déclamer du Molière, un Molière qui permet de dévoiler les failles et les non-dits, les rancunes et les rancœurs de leur vie…

Luchini et Wilson sont tous les deux exceptionnels, dire Molière, c’est un défi. Réussir à le dire en offrant toutes les émotions, toutes les nuances du texte, c’est une merveille. Les voir répéter inlassablement le Misanthrope, donner tout son sens au texte, ce fut un pur plaisir. Il faut des acteurs exceptionnels pour faire vivre un texte comme celui-ci, au milieu d’une intrigue moderne qui le remet au goût du jour… Car, notre époque égocentrique pourrait bien voir naître de nouveaux Misanthropes.

Je retiendrai des scènes exceptionnelles, des acteurs magnifiques. Je savais Lucchini bon acteur (j’ai beaucoup aimé Beaumarchais L’insolent, il y a fort, longtemps), je le sais maintenant grand acteur ! Et bien sûr, Je vous ai déjà dit toute l’admiration que j’ai pour Lambert Wilson, elle est plus que confirmée par une certaine tirade dite avec tant de cœur, de rancune, de violence et de talent. Vraiment messieurs, chapeau bas !

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Philippe Le Guay et Fabrice Luchini dénoncent à tour de bras dans ce film : La médiocrité qui fait loi, l’absence de loyauté, la mégalomanie… Je suis certaine que situer l’intrigue sur l’île de Ré n’est pas non plus innocent… En effet, cette pauvre île est devenue un autre Saint Tropez (du point de vue pécuniaire), simplement parce qu’un politicien s’y est installé il y a quelques années après une déculottée électorale… A quoi tient l’inflation ? Ce film règle aussi des comptes avec le milieu du cinéma (du théâtre, de la télévision), mais il solde surtout les comptes avec la nature humaine. Depuis Molière et son Misanthrope, l’homme n’a pas changé, et au final, Serge le Misanthrope n’est pas meilleur que Gauthier l’acteur arrivé…

 

Film de Philippe Le Guay, coécrit avec Fabrice Luchini. Avec Fabrice Luchini (Serge Tanneur) et Lambert Wilson (Gauthier Valence)… Je m’excuse auprès de l’excellent casting du film, mais pour ce premier visionnage, je n’ai vu qu’eux…

Jean Marais : hommage en BD

tragicomix1Je pourrais commencer par : Le saviez-vous ?

Je ne sais pas si cela va être une illumination pour beaucoup, mais je tenais à en parler parce que j’ai beaucoup de tendresse pour le petit gaulois qu’est Astérix… Il est adorable, ce personnage, vous ne trouvez pas ? je me demande ce que donnerai une rencontre avec Hulk ou Iron Man… pas sûre de connaître d’avance le gagnant du match 😉

Les papas d’Astérix, Albert Uderzo et René Goscinny ont su jouer de l’anachronisme dans leurs BD, mais aussi de l’hommage. Parmi tous les acteurs et actrices célèbres dépeints dans les pages des aventures d’Astérix et Obélix, Jean Marais a une place de choix.

Jean Marais est devenu Tragicomix, le fiancé de Falbala…

Le choix du nom n’est pas innocent, on reconnait la poitrine conquérante de l’acteur de cape et d’épée… et oui, le pauvre Obélix n’avait aucune chance.

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Le personnage de Tragicomix est présent dans les albums : Astérix Légionnaire, Astérix et la Traviata et L’anniversaire d’Astérix et Obélix – le livre d’or.

 

 

 

 

Jean Marais et Moulouk

Il y eut quelques grandes histoires d’amour dans la vie de Jean Marais, et pour moi la plus belle n’est pas celle qu’il vécut avec Cocteau, mais avec son plus fidèle ami, Moulouk. 

Cela commence à la fin de la guerre, alors qu’il est stationné dans l’Oise. A la lisière d’un bois, Jean Marais et ses compagnons d’arme remarquent un chien qu’on a lâchement attaché à un arbre pour l’abandonner. L’animal est affamé, terrifié, et personne n’ose l’approcher pour le libérer tant il se démène comme un beau diable. Personne à l’exception de Jean Marais. 

La bête ne le mordra pas, comprenant qu’il est son sauveur… Ce fut le début d’une décennie d’amitié indéfectible, Moulouk (Ange en arabe, c’est Cocteau qui le nomma ainsi), accompagnant son maître, son ami, partout, jusque sur les tournages (Il sera même acteur dans L’Eternel retour), fidèle et reconnaissant.

Cette histoire, Jean Marais la raconte bien mieux que moi dans Histoires de ma vie.

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