L’Île aux trente cercueils (1979)

 Cela fait plusieurs fois que je remets à plus tard le visionnage de L’ïle aux trente cercueils (téléfilm tiré de la mini-série de Marcel Cravenne, 1979). Cela fait un bon nombre de fois, puisque le scénariste (Robert Scipion) a fait disparaître Arsène Lupin de l’aventure, crime de lèse-majesté s’il en est… Certes, Lupin est peu présent dans le roman, mais il est le Deus ex Machina de l’aventure, il est…  attention spoilers : le personnage qui transforme la tragédie en comédie, le chevalier blanc qui sauve l’héroïne et lui redonne une raison de vivre… 

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Autre critique de la version mini-série en lien sur cette image.

Donc, pas de Lupin, ça me faisait déjà grincer des dents, et en plus, second crime de lèse-majesté, je découvre que l’autre héros de l’aventure, le brave corniaud nommé Monsieur Tout-va-Bien, a été rebaptisé Aramis (et son rôle sacrément rétrécie…)… On peut dure que ce visionnage n’a pas été de tout repos (il ne faut pas me faire des coups comme ça, messieurs et mesdames les scénaristes !)

Remettons les choses dans leur contexte, ce téléfilm est daté, mais il est plus vieux que moi, et on ne faisait pas dans l’action frénétique à l’époque (pas la télévision française en tout cas)… Donc, même si certaines scènes ont été écourtées par rapport à la mini-série, ce téléfilm tire en longueur de manière maladroite. 

Pour ceux qui n’ont pas lu le roman, voici un petit résumé, sans révélations quant à l’intrigue : Véronique d’Hergemont a épousé contre l’avis de son père un dénommé Vorski, peu après la naissance de leur fils, le vieil homme enlève le bébé et disparaît avec lui en mer. Environ 15 ans plus tard, à la fin de la première guerre mondiale, Véronique apprend la mort de son mari qu’elle n’a pas revu depuis la disparition de leur enfant, et découvre ses initiales dans un film muet tourné en Bretagne. Elle décide de se rendre sur place et découvre alors que son père et son fils sont en vie et vivent sur l’île de Sarek, dite île aux trente cercueils. Elle arrive au Prieuré pour voir son fils tirer sur son père, qui meurt dans ses bras, avant d’assister au massacre des habitants de l’île… il semble que son fils François veuille réaliser une prophétie concernant un trésor venu du fond des âges, et qui demande le prix du sang, remplir les 30 cercueils… 

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Véronique (Claude Jade) et son père (Georges Marchal)

Voilà qui ressemble assez à un roman de Madame Radcliffe, et c’est ce que Maurice Leblanc avait réalisé, un roman gothique, qui nous faisait vivre l’angoisse de Véronique, seule sur l’île, persécutée par de mystérieux agents du mal… La solitude était un point important, l’héroïne face à son tragique destin, excepté que dans ce téléfilm, Véronique est rarement seule, et le découpage pour raccourcir la série en téléfilm d’un peu moins de deux heures rend le téléfilm répétitif (puisque tout le monde se raconte joyeusement ce qui s’est passé 5 minutes plutôt). La pauvre Véronique court d’un côté et de l’autre, on n’a pas le temps de s’attacher à elle, on ne sait rien de ses pensées (je ile1sais, c’est plus difficile avec un film qu’avec un roman), et son agitation n’est finalement que mouvement, il n’y a plus de réflexion. Cependant, l’interprétation de Claude Jade est juste, mais je n’en dirais pas autant des autres qui en font trop : La folie peut être représenter avec subtilité, les fous n’ont pas besoin de hurler comme des possédés pour vous convaincre (en plus, ça fait mal aux esgourdes ! comme dirait l’ami Lupin). De même le père (Georges Marchal) meurt avec un peu trop de grandiloquence (la faute au théâtre sans doute). On nous serine un peu trop la malédiction, au lieu de l’amener avec finesse. 

Au début, les flashbacks sur les circonstances du mariage de Véronique sont superflus et trop long, cela retarde l’arrivée sur l’île. J’ai l’impression de n’avoir vu que la caricature du roman. Attention, si vous ne l’avez pas lu, ou si ce n’est pas un de vos romans préférés (personnellement, ce serait plutôt le contraire, j’adore ce roman!), le téléfilm se regarde. Mais ce que j’essaie de mettre en lumière, c’est l’absence de la maîtrise propre à Maurice Leblanc. c’est mou, c’est terne, et les changements à la fin rende tout cela bien fade face au roman (Spoilers, pour ceux qui ont lu le roman est n’ont pas envie de s’infliger ce téléfilm : Philippe, l’amoureux transi de Véronique et élève de son père remplace Lupin. Pas de Druide donc, et c’est Elfride qui poignarde son époux, Vorski, qui n’est pas mis en croix. Toute la cruauté de Lupin qui joue les bourreaux, est effacée, et les personnages ont l’air bien calme en se racontant ce qu’ils ont fait pour arriver au dénouement, alors qu’ils ont assisté à 29 meurtres…) Pas de grande scène pour le dernière acte en somme, et ça m’a vraiment manqué !

Si vous êtes curieux (et moins intransigeant que moi), voici le film :

7 réflexions sur “L’Île aux trente cercueils (1979)

  1. je ne me souviens que d’une série en noir et blanc, et de son ambiance !!! terrifiante et angoissante (( en tous cas personnellement )) et celle là j’aimerais vraiment la revoir, je ne me souviens pas de » » quand ni quel age j’avais » », mais il m’en reste une forte impression !!!!!!!!! 😉

    • jette un coup d’oeil au film, pour voir si ça te rappelle quelque chose🙂
      Je sais que mes standards ne sont plus ceux des 70s… j’avoue que je ne sourcille plus vraiment face aux films d’horreur, mais j’avoue qu’un suspens savamment distillé, ça devient horriblement rare (sans jeu de mots).

  2. Figure toi que Mummy était absolument fan de ce téléfilm quand elle était jeune (elle avait tout juste 21 ans quand il est sorti) et elle m’en a toujours parlé avec énormément d’enthousiasme… mais en ignorant totalement qu’il s’agissait d’un Arsène Lupin à la base ! Depuis elle a lu le roman qu’elle a trouvé formidable mais reste malgré tout hyper attachée à cette adaptation (et à un de ses acteurs en particulier, visiblement…), en tous cas aux souvenirs qu’elle en a vu qu’elle ne l’a pas revu depuis au moins 20 ans. Du coup, je lui ferais passer le lien. De mon côté, je pense passer mon tour.

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